Archives mensuelles : juin 2015

Indispensable doute

Le doute

Votre doute lui-même peut devenir une chose bonne si vous en faites l’éducation : il doit se transformer en instrument de connaissance et de choix. Demandez-lui, chaque fois qu’il voudrait abîmer une chose, pourquoi il trouve cette chose laide. Exigez de lui des preuves. Observez-le : vous le trouverez peut-être désemparé, et peut- être sur une piste. Surtout n’abdiquez pas devant lui. Demandez-lui ses raisons. Veillez à ne jamais y manquer. Un jour viendra où ce destructeur sera devenu l’un de vos meilleurs artisans, le plus intelligent peut-être de ceux qui travaillent à la construction de votre vie.

Rainer Maria Rilke
Lettres à un jeune poète

Bonjour, Philippines ! Chap.9 : Retour au Chalet

Pour les chapitres précédents de Bonjour, Philippines ! cliquez ci-dessous

Chapitre 1- Un ptérodactyle sur fond d’azur

Chapitre 2 – Des méfaits de l’air conditionné

Chapitre 3 – Mitraillette, champagne et taille-crayons

Chapitre 4- Un soir au Monte-Carlo

Chapitre 5 – La fièvre monte à Mindanao

Chapitre 6 – Retour à Manille

Chapitre 7- Un diner à O.K. Corral

Chapitre 8 – Douglas et moi

Retour au Chalet

où notre héros joue aux quilles / de la rancune tenace des taxis / Gérard et Ratinet montent en avion / de l’importance de la côte de bœuf dans les travaux routiers / retour au Chalet

Après ces sensations exaltantes de chef de guerre vécues au clair de lune dans la jungle philippine, je suis rentré une nouvelle fois à Manille. J’y ai repris mes habitudes : les petits déjeuners somptueux au bord de la piscine, la douce et calme efficacité de Cora, maitresse du bureau, les restaurants-casinos clandestins, le squash britannique, le bowling à ramasseurs de quilles. Et Ratinet. Mais je ne le vois plus que très peu. Il paraît définitivement ailleurs. Il ne vient que de temps en temps au bureau. Il dit qu’il travaille dans Continuer la lecture de Bonjour, Philippines ! Chap.9 : Retour au Chalet 

La légende des cercles

Le vieil homme descend de la ville haute vers le port. Malgré ses soixante-quinze ans, il est encore vif et s’il a pris un bâton, c’est par habitude, pour écarter les chiens. Pourtant, des chiens, cela fait des mois qu’il n’y en a  plus dans la ville. Ceux qui n’ont pas été mangés ont fui depuis longtemps.
De la ville haute, la vue est immense. Pourtant, plongé dans ses pensées, le vieil homme ne voit rien. Il ne voit pas la mer recouverte de vaisseaux à l’ancre, ni les collines environnantes parcourues par les fumées des feux ennemis.
Ce matin, après une nuit de travail, le bonhomme a senti que montait en lui une intuition. C’est un phénomène dont il a l’habitude. Continuer la lecture de La légende des cercles 

Aujourd’hui, c’est 端午节

Aujourd’hui, c’est  端午节 (Duanwu jie)

La célébration du Duanwu, le cinquième jour du cinquième mois lunaire, commémore le destin tragique du poète 屈原 (Qu Yuan : né en 343 ou 340, mort entre 278 et 290 avant J-C.) Pendant la période des Royaumes combattants (du Ve siècle av. J.-C. à 221 av. J.-C.), les royaumes des Qin et des Chu étaient en guerre. Le poète Qu Yuan, auteur du célèbre poème Li sao  ou Tristesse de la séparation, le premier des poèmes des Chants de Su, était un proche collaborateur du roi Huai des Chu, mais ce dernier, pour une raison inconnue, finit par le disgracier et l’exiler. Le royaume des Qin triompha en 278 av. J.-C.. De désespoir, Qu Yuan se suicida en se jetant dans la rivière Miluo ; aussitôt, des passants s’empressèrent de lancer des boulettes de riz dans la rivière pour éviter que les poissons ne dévorent le corps du poète, tandis que les bateliers frappaient bruyamment l’eau avec leurs rames pour éloigner les poissons.

L’événement Duanwu jie fut officialisé par l’empereur Qianlong (1711-1799), quatrième empereur de la dynastie Qing (1644-1912), et depuis, chaque année, le cinquième jour du cinquième mois lunaire, les communautés chinoises du monde entier commémorent cet événement en offrant et en dégustant des 粽子 (zongzi), du riz gluant agrémenté de divers ingrédients, enveloppé dans des feuilles de bambou ou de roseau et cuit à l’eau ou à la vapeur. Des courses de bateaux richement décorés, en hommage aux bateliers, ont lieu partout en mer et sur les rivières, avec des tambours et autres instruments chinois traditionnels.

Bonne fête du  端午节 !

François Wang
avec le précieux concours du Professeur Belkacem

Il y a 75 ans jour pour jour, le Sergent vaguemestre Coutheillas Daniel, 58ème Division d’Infanterie 1ère Compagnie du Génie, était fait prisonnier du côté de Toul. Voici, jour pour jour, son Journal.