Archives mensuelles : septembre 2014

Aurore

Le soleil s’est levé derrière le toit qui fume
Les oiseaux ont chanté, les nuages ont blanchi.
J’ai enfoncé mes yeux dans l’oreiller de plume
Et mes poings ont battu l’édredon avachi.

« Vos gueules! », ai-je crié aux bruyants volatiles,
Et « Eteins la lumière! » à l’astre du matin
« Je veux dormir encore, ramassis d’imbéciles,
Et toi, sacré flambeur, cesse d’être importun!

« Non mais, ça va pas bien, tas d’oiseaux de malheur?
Cessez immédiatement tous ces cris incongrus
Car faire autant de bruit et ce, d’aussi bonne heure,
Est passible de mort, ou pire, c’est bien connu!

Et quant à toi, Phoebus, vraiment tu exagères!
Tu agaces mon œil, Ô vieil enquiquineur.
Je ne supporte plus tes mauvaises manières.
Je te le dis tout net: Va te faire voir ailleurs!

Le soleil s’est caché: il m’avait entendu.
De la même manière, ayant fermé leur bec,
Sans doute un peu vexés, les oiseaux se sont tus.
Le calme est revenu et le sommeil avec.

Cette histoire n’a pour but que de vous démontrer
Qu’il est possible de dormir jusqu’à onze heures
A la condition bien sûr de s’adresser
Avec fermeté à tous les emmerdeurs.

Circonstances atténuantes

Ces quatre petites histoires ont été écrites en atelier d’écriture. L’exercice, inspiré par les « Crimes exemplaires » de Max Aub, consistait à inventer plusieurs histoires de meurtres anodins. Je dois à la vérité de dire que l’histoire de la rue Thierry Ardisson m’a été librement inspirée par une nouvelle, aussi courte que mon propre texte, que j’ai lue il y a bien longtemps et dont je n’arrive pas à me rappeler si l’auteur en est Peter Benchley ou James Thurber, grands humoristes américains chers à mon coeur. 

1-Je suis arrivé tôt, vingt minutes avant la séance. J’ai choisi ma place avec soin, pas trop loin, pas trop près, pas tout à fait dans l’axe, mais presque, comme j’aime, quoi! Elle est arrivée au moment où les publicités commençaient. Tournant le dos à l’écran, elle s’est faufilée dans la rangée devant la mienne. Elle s’est arrêtée devant moi, m’a adressé un joli sourire, et s’est assise juste devant mon siège. Forcément, ça m’a énervé. Ces jolies femmes, ça Continue reading