Archives pour la catégorie Critiques

Rocketman – Critique aisée n°161

Critique aisée n°161

Rocketman
Dexter Fletcher – 2019
Taron Egerton, Jamie Bell

Moi, j’aimais bien Queen, avec Freddy Mercury ; Kind of Magic ou Bohemian Rapsody, ça me faisait toujours vibrer. Et puis Freddy Mercury avait l’air d’un type intéressant. Bon, il est mort. Alors Dexter Fletcher a tourné son biopic. La critique était tellement bonne que je suis allé le voir, ce biopic, Bohemian Rapsody, justement. Mais j’ai tellement détesté l’acteur qui joue Mercury qu’il m’a gâché le film au point que je n’ai pas pu faire la mienne . Elle aurait été épidermique, mauvaise et probablement un peu injuste.

Mais, bien avant Queen, j’avais bien aimé Elton John. On m’avait offert son premier 33 tours en 1970 ou 1971. Je me souviens qu’il y avait cette formidable chanson Border song » avec ses chœurs et ses arrangements grandioses, à la limite du grandiloquent. Superbe ! Et puis bien sûr Your song. Eternelle !

Alors quand j’ai su que sortait son biopic, j’ai eu envie d’aller le voir, mais quand j’ai su que Continuer la lecture de Rocketman – Critique aisée n°161 

Douleur et Gloire – Critique aisée n°160

Critique aisée n°160

Douleur et Gloire
Pedro Almodovar – 2019
Antonio Banderas, Penelope Cruz

Quand on parle du dernier film d’Almodovar, deux questions roulent actuellement :
1) Aura-t-il la Palme d’Or ?(1)
2) Est-il autobiographique ?

En l’état actuel de mes informations, les réponses sont respectivement : probablement non et probablement oui.

Aura-t-il la Palme d’Or ? Probablement non, parce que ce n’est pas un grand film, je veux dire que ce n’est pas un grand film à la Almodovar, plein d’exubérance, de fêtes, de sexe et de sang. C’est un film contenu, calme, doux, épuré, mélancolique. Mais par l’humour et l’émotion, la vivacité des couleurs, l’homosexualité normalisée, le beau rôle des femmes, c’est bien un film d’Almodovar.

Est-il autobiographique ? Probablement oui. Mais quelle importance ? Que nous importe de savoir si Almodovar a vécu ou non son enfance dans une coquette caverne, si sa maman était aussi belle que Pénélope Cruz, ou s’il a vraiment été opéré d’une grosseur derrière l’œsophage ? Si ça vous intéresse, Continuer la lecture de Douleur et Gloire – Critique aisée n°160 

Controverse

Ce texte a été écrit par Laurenzo dell’Acqua en réaction à certains commentaires qui avaient été émis à propos de l’une de ses missions publiée le 5 avril dernier : Les missions de Laurenzo (3) : Le musée Picasso. Voici « Controverse », qui ne manquera pas, surement, d’attirer les commentaires. 

Certains commentaires de ma visite au Musée Picasso m’ont surpris : ils regrettaient de ne pas avoir les « clés » pour apprécier ce peintre. Mais pourquoi l’accès à la peinture devrait-il passer par une porte cadenassée ? Pourquoi ne pas avoir une perception beaucoup plus simple voire simpliste de la peinture et de l’art ? Est-il nécessaire de connaître le pourquoi du comment de l’oeuvre pour qu’elle puisse vous plaire ? Moi non plus je n’ai pas les clés pour comprendre Picasso et les autres. Je ne sais ni dessiner, ni peindre, je n’ai pas de formation aux arts plastiques, je n’ai pas fait l’Ecole du Louvre et je ne connais aucune théorie sur l’art. J’aime un peu, beaucoup, passionnément (ou pas du tout) une œuvre parce que : 1) ou bien elle est belle 2) ou bien elle m’émeut 3) ou bien je ne sais pas pourquoi.

Commençons par celles qui ne me plaisent pas. Je n’ai jamais aimé la Joconde, mais alors jamais, et  je ne l’ai jamais trouvée jolie. Elle ressemble à la concierge de mon enfance qui souriait tout le temps mais qui était mauvaise. On dirait aujourd’hui Continuer la lecture de Controverse 

Ma vie de mioche – Critique aisée n°159

Critique aisée n°159

Ma vie de mioche
Laurent Moussard – 2019
Éditions Encre Rouge – 410 pages – 20 €

Laurent Moussard et moi nous sommes rencontrés il y a un peu plus de cinq ans, tout d’abord dans le monde, le petit monde du Monde de l’Écriture. Le Monde de l’Écriture, c’est un forum et, comme son nom l’indique, un forum d’écriture. On y vient déposer ses écrits, cherchant sans doute reconnaissance ou conseils, et commenter ceux des autres, espérant sincèrement aider ou simplement faire le malin. Les textes que l’on trouve dans ce Monde-là sont divers et variés, expression toute faite qu’on utilise quand on veut signifier qu’il y a de tout, du rien, du banal, du quelconque, de l’insupportable, du prétentieux, de l’illisible, et aussi de l’intéressant, du drôle, du surprenant, du bon, et parfois du très bon.

C’est dans ces dernières catégories que j’ai rencontré les textes courts de Laurent Moussard, dit Kokox. Je lui ai fait part de mon enthousiasme. En retour, ou peut-être avant moi, je ne sais plus, il m’a fait part de son opinion sur les miens. Dans ses textes, j’appréciais la richesse et la force du vocabulaire et j’admirais son imagination. Dans les miens, il aimait Continuer la lecture de Ma vie de mioche – Critique aisée n°159 

El Reino – Critique aisée n°158

Critique aisée n°158

El Reino
Rodrigo Sorogoyen – 2018
Antonio de la Torre, Luis Zahera, Ana Wagener…

La corruption du monde politique est un des grands sujets de cinéma. Parmi les films du genre, beaucoup ont donné dans le cliché et la démonstration, montrant avec complaisance la noirceur d’âme des corrompus, leur cynisme et leur mépris des autres et démontant avec délectation les mécanismes financiers des détournements de fonds et autres trafics au profit des méchants profiteurs. C’étaient en général des films assez manichéens, plutôt engagés, souvent sincères, parfois utiles mais, sur le plan cinéma, rarement passionnants. Ce n’est pas le cas Continuer la lecture de El Reino – Critique aisée n°158 

Je dirai malgré tout que cette vie fut belle – Critique aisée n°157

Critique aisée n°157
Cette critique et cette  photographie prise à Ré qui l’accompagne sont de Lorenzo dell’Acqua

Je dirai malgré tout que cette vie fut belle
Jean d’Ormesson – 2016

 A défaut d’écrire enfin un roman ou une nouvelle, à défaut de devenir écrivain pour de bon, je te propose d’écrire sur ce que nous lisons. Une critique littéraire à deux mains pour notre journal virtuel. Nous en serons les seuls rédacteurs et il n’y aura qu’une rubrique dans cet hebdomadaire. Voilà un sujet imparable pour toi qui es boulimique et incitatif pour moi qui suis anorexique. On parlera du livre et de nous, puisque c’est notre dernier joker.

Quand on ne joue ni aux cartes ni au scrabble, le mauvais temps à la mer oblige à se rabattre sur des activités solitaires. Cette semaine, je vais parler de Jean d’Ormesson ou de l’Eloge de la Futilité. Contrairement à ce qu’il dit avec une fausse modestie dont il est coutumier, ce livre ou plutôt cette autobiographie, Je dirai malgré tout que cette vie fut belle, est de loin son meilleur roman. Même si vulgairement parlant il crache dans la soupe, il faut bien reconnaître que Continuer la lecture de Je dirai malgré tout que cette vie fut belle – Critique aisée n°157 

Les Bidons de l’art – 7

Le beau est toujours bizarre. Je ne veux pas dire qu’il soit volontairement, froidement bizarre, car dans ce cas il serait un monstre sorti des rails de la vie. Je dis qu’il contient toujours un peu de bizarrerie, de bizarrerie naïve, non voulue, inconsciente, et que c’est cette bizarrerie qui le fait être particulièrement le Beau. C’est son immatriculation, sa caractéristique. Renversez la proposition, et tâchez de concevoir un beau banal.

Charles Baudelaire – Curiosités esthétiques – 1868

Vous avez surement remarqué que depuis deux ans, j’ai entrepris une série que j’ai intitulée « Les Bidons de l’Art ». Le titre à lui seul exprime toute l’admiration que je porte aux œuvres que j’ai sélectionnées pour figurer dans cette série. Vous pouvez ne pas être d’accord, c’est votre droit de le penser et même de le dire ici, mais en fin de compte, c’est quand même moi qui choisis.

Le jugement de Baudelaire que j’ai reproduit ci-dessus, s’il était lu un peu vite, pourrait justifier à peu près tout ce qui se fait en matière d’art contemporain aujourd’hui et en particulier tout ce que j’ai Continuer la lecture de Les Bidons de l’art – 7 

¿ TAVUSSA ? (54) : Les fontaines du Rond-Point

Nul doute qu’il ne s’agisse de fontaines démontables. C’est sûr, elles sont là provisoirement en attendant la mise en place après rénovation des anciennes fontaines qui ornaient les six bassins du Rond-Point des Champs Elysées avant qu’elles ne soient bousillées par les supporters de l’équipe de France de football un soir de victoire.

À coup sûr,  cette remise en place, qui devait avoir lieu avant la fin de l’année dernière, a été retardée du fait des réunions hebdomadaires de l’Amicale des Ronds-Points Occupés (A.R.P.O.) On comprend que, afin de ne pas décevoir le touriste exigeant, on ait lancé courant novembre et de toute urgence un appel d’offres pour Continuer la lecture de ¿ TAVUSSA ? (54) : Les fontaines du Rond-Point 

Joan Miró au Grand Palais

Vu l’autre jour, le dernier justement, l’exposition Joan Miró au Grand Palais.
Ce qu’il y a de bien c’est que la possibilité de réserver votre entrée vous assure un confort de visite.

Et même un grand confort

 

 

 

Il y a des chefs d’œuvre

par-ci par-là

Et des choses intéressantes, comme celle-ci :

 

Mais il y a aussi une influence évidente de Miró vers Rouxel1

 

 

 

 

 

 

 

 

et aussi bien sûr vers Franquin2


 

 

 

 

 

 

1 : Rouxel : créateur des Shadoks
2 : Franquin : créateur du Marsupilami

BIENTÔT

  • 9 Avr, 7 h 47 ………. ¿ TAVUSSA ? (54) : Les fontaines du Rond-Point
  • 10 Avr, 8 h 47 ………Esprit d’escalier n°7
  • 11 Avr, 7 h 47 ………Les pavés de l’Hôtel de Guermantes

Le Chant du Loup – Critique aisée n°156

Critique aisée n°156

Le Chant du Loup
Antonin Baudry  – 2019
Omar Sy, Reda Kateb, Mathieu Kassovitz, François Civil

Si vous avez entendu l’émission du Masque et la Plume qui a fait la critique du Chant du Loup, vous avez pu vous croire un instant revenu au bon vieux temps de la gauche dominante et satisfaite, à la belle époque de l’entre-soi de France Inter et de ses pantoufles intellectuelles — époque et bon vieux temps révolus me dit-on, mais rien n’est moins sûr.

A entendre la cacophonie radiophonique des mots d’esprit et des éclats de rire moqueurs entre gens du même monde, vous avez pu vous croire un instant invité par erreur dans un vernissage d’art contemporain. La condescendance avec laquelle ces honorables critiques que sont Danièle Heymann, Pierre Murat et Xavier Leherpeur (avec une réserve sur l’honorabilité intellectuelle de ce dernier) ont traité du film n’a eu d’égal que le mépris rigolard qui imprégnait la présentation faite par Jérôme Garcin. Seule la gentille voix naïve de Charlotte Lipinska a osé dire le bien qu’elle pensait de ce film d’action, suivie en cela par un spectateur dont l’enthousiasme a réussi à surmonter la peur des quolibets de ce jury blasé.

On le sait, les films de sous-marin peuvent être parfois plutôt ennuyeux comme « L’Odyssée du Sous-marin Nerka » ou « Torpilles sous l’Atlantique« , très drôles comme « Opération Jupons« , tout à fait charmants comme « 20.000 Lieues sous les Mers« , extrêmement dramatiques comme « Das Boot« , plutôt conventionnels comme « USS Alabama » ou plutôt réussis comme « A la Poursuite d’Octobre Rouge« .

J’aurais classé « Le Chant du Loup » parmi les « plutôt réussis », si la densité et le côté exceptionnellement Continuer la lecture de Le Chant du Loup – Critique aisée n°156