Archives pour la catégorie Critiques

RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (18)

RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (18)

01/06/20

NDLR : Le JdC va très bientôt (en fait, demain) se trouver en manque de matière pour tenir son rendez-vous de 5 heures. Si vous avez des idées à revendre, des textes à soumettre, des colères à exprimer, des enthousiasmes à partager, c’est le moment de les envoyer. Bon, mais pour aujourd’hui, il y a encore ça : 

Les Critiques Aisées, c’est bien, mais c’est un peu long à faire. À lire aussi.
Alors, dès que j’aurai lu un truc intéressant, et si je n’ai pas le temps d’en faire une véritable critique, j’en ferai une note, pas un compte rendu, mais plutôt une impression de lecture.

Jeunesse
Joseph Conrad – 1902

Autour d’une table couverte de bouteilles et de verres, cinq hommes se racontent des histoires de mer. C’est le tour de Marlow qui fait le récit de son premier embarquement sur un voilier en tant que lieutenant.

Les faux départs de Londres pour Bangkok, les avaries, les tempêtes, le feu à bord, la découverte de l’Orient : soixante pages, une heure et demi de lecture. Quatre-vingt-dix minutes d’aventure en mer, d’enthousiasme juvénile et d’écriture claire.

On n’est vraiment loin des formules toutes faites et du délayage de John Grisham dont je parlais l’autre jour. Dans ces soixante pages, pas un cliché. La description du feu couvant à bord pendant des jours puis de son éruption sur le pont est aussi saisissante que celle de l’arrivée à bon port est émouvante.

Embarquez, lisez Jeunesse, lisez Conrad, tout Conrad.

 

Mon oncle d’Amérique – Critique aisée n°205

Critique aisée n°205

Mon oncle d’Amérique
Alain Resnais – 1980
Gérard Depardieu, Nicole Garcia, Roger Pierre

L’autre jour, sur Netflix et mon canapé, j’ai vu Mon oncle d’Amérique.

Mon oncle d’Amérique, c’est un film d’Alain Resnais de 1980. Très gros succès commercial à l’époque, célébré comme un chef d’œuvre encore aujourd’hui (par Les Inrocks, notamment), Dans les rôles principaux : Gérard Depardieu, Nicole Garcia, Roger Pierre, Pierre Arditti, Marie Dubois.

Mon oncle d’Amérique est un film didactique, choral, expérimental et ennuyeux.

Quand je suis allé sur Wikipédia pour chercher l’année de sortie, je l’ai vérifiée deux fois avant de l’accepter : 1980 ! Je lui aurais donné 15 ans de plus. Quand on dit de quelqu’un qu’on lui donnerait 15 ans de plus, cela veut dire qu’il vieillit mal. Mais ce n’est pas le cas de Mon oncle… : Mon oncle d’Amérique n’a pas mal vieilli, il était vieux au départ.

Sur un prétexte scientifique souligné par Continuer la lecture de Mon oncle d’Amérique – Critique aisée n°205 

Les acteurs – Critique aisée n°204

Critique aisée n°204

Les acteurs
Bertrand Blier – 2000

Bon.
Je n’ai pas vraiment le temps de faire une de ces Critiques Aisées dont vous avez l’habitude, mais je tiens à vous dire un mot sur un film de l’année 2000 que j’ai revu sur NETFLIX le 17 mai dans la nuit, la veille de l’annonce de la mort de Michel Piccoli.

Michel Piccoli fut un grand acteur. Il a eu une très belle carrière, a tourné avec tous les bons réalisateurs, avec tous les bons  acteurs et actrices, en particulier, inoubliable avec la non oubliée Romy Schneider, et il est mort à 94 ans. Belle vie ! Bravo l’artiste ! Je n’ai pas aimé tout ce qu’il a fait, il en a fait tellement, mais resteront pour moi bien sûr les films qu’il a tourné avec Claude Sautet, un “Milou en Mai” très surprenant, un sympathique “Beaumarchais l’Insolent” et un incroyable “Les Acteurs” de Bertrand Blier.

C’est ce film dont je voulais vous parler, celui que je regardais pendant que Piccoli s’éteignait. Il est disponible sur NETFLIX et vous pouvez le revoir à loisir, le re-revoir, le découper en petits morceaux, l’examiner en détail. Le problème avec « Les Acteurs », c’est qu’il est impossible de le raconter. C’est l’univers loufoque, absurde, fantastique, ironique et drôle de Bertrand Blier, un Buffet Froid sans Continuer la lecture de Les acteurs – Critique aisée n°204 

RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (11)

RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (11)

25/05/20

La Sentence 

Le Masque et la Plume… Vous connaissez certainement mon attachement à cette émission créée en 1955 et que j’ai écoutée quasiment sans interruption depuis. Accusée récemment de misogynie par les ayatollahs de la correctitude que sont Mediapart et Télérama, ça m’ennuie d’ajouter une pierre dans le jardin du Masque, mais quand même, je vais le faire.

Dans son émission confinée du 26 avril et consacrée à la littérature, le Masque s’est intéressé à la dernière livraison de John Grisham. Les commentaires ont été unanimes. Dans l’ordre :

Arnaud Viviant : du lourd, du précis, pas un mot de trop, passionnant, du très grand Grisham…

Olivia de Lamberterie : grandiose, j’ai adoré, très forte Continuer la lecture de RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (11) 

Le Garçon perdu – Critique aisée n° 203

Critique aisée n° 203

Le Garçon perdu
Thomas Wolfe
Éditions du Chemin de Fer

C’est un livre d’à peine 100 pages, un petit bouquin dans un petit format, joliment cartonné avec un rabat de quatrième de couverture qui peut faire marque-page. Son titre, c’est « Le Garçon perdu » et c’est de Thomas Wolfe.

Quand elle me l’a offert, cette amie m’a dit : « Tu connais Thomas Wolfe ? » Comme on pouvait s’y attendre, j’ai aussitôt confondu avec Tom Wolfe, et j’ai répondu : « Bien sûr ! Ah ! Le Bucher des Vanités ! » « Ben oui, mais non, ce n’est pas ça, c’est Thomas Wolfe, m’a-t-elle répondu. C’est gribouillé partout de dessins d’enfants et il parait que c’est drôle. Du moins, c’est ce que m’en a dit la libraire. »
Je l’ai remerciée comme il se doit et le lendemain, j’ai interrompu Continuer la lecture de Le Garçon perdu – Critique aisée n° 203 

Les Particules élémentaires – Critique aisée n°202

Critique aisée n°202 18 avril

Les Particules élémentaires
Michel Houellebecque – 1998
Collection J’AI LU – 317 pages – 42,65 Francs

Avertissement : ceci n’est pas une Critique Aisée habituelle. Ce n’est pas parce que l’écrivain est d’importance : j’en ai traité d’autres. Ce n’est pas que le livre m’ait emporté spécialement : au moment où j’écris ces lignes je ne l’ai pas encore terminé. C’est moins une critique qu’un commentaire, une généralisation de l’analyse d’un morceau choisi à l’ensemble de l’œuvre, une tentative de décryptage de certaines techniques de Michel Houellebecq. Quand j’ai commencé ce papier, c’était pour le placer dans le Journal de Campagne. Mais il a pris trop d’importance pour ma rubrique champêtre. Alors, le voici déguisé en Critique Aisée n°202.

Il y a quelques jours, j’avais pris la décision d’abandonner, probablement définitivement, le Voyage au bout de la nuit au moment où, de son côté, Bardamu abandonnait son cabinet médical (voir à ce propos le numéro 24 de ce Journal de Campagne). Ceci fait, j’ai réalisé que je risquais de devenir, probablement définitivement, l’esclave docile des séries US. Alors, tel un Cicéron1 tristounet exilé en Thessalie2, j’ai regardé la bibliothèque qui fait face au bureau de ma Thébaïde3 de l’Aisne. Mon œil blasé, qui n’attendait pas grand-chose d’un examen par trop nonchalant, aperçut quand même, écrasé entre Continuer la lecture de Les Particules élémentaires – Critique aisée n°202 

Ecouter Oscar Peterson (Critique aisée 46)

Suite à un cafouillage dont je me refuse à reconnaitre la responsabilité, il y a eu erreur hier soir avec la publication anticipée d’un journal de campagne qui s’est révélé anti-daté. Il y a maintenant un retard inadmissible, parce qu’inexplicable, à la parution de l’article de ce matin . Bon, ce n’est qu’une rediffusion, mais quand même ! Une enquête est en cours. 

 

Quand on n’est pas au Newport Jazz Festival, Oscar Peterson, ça s’écoute chez soi, seul, debout, les mains dans les poches, face aux deux enceintes de votre chaine stéréo.

Il faut garder cette pose pendant les cinq minutes et dix secondes que dure le morceau.

Les seuls mouvements autorisés sont une légère crispation de l’une de vos deux jambes et un hochement de tête à peine marqué. Ces deux ébauches Continuer la lecture de Ecouter Oscar Peterson (Critique aisée 46) 

Le Cas Richard Jewell – Critique aisée n°201

Critique aisée n°201

Le Cas Richard Jewell
Clint Eastwood – 2019 – 129 minutes
Paul Walter Hauser, Sam Rockwell, Jon Hamm, Kathy Bates

Il est incroyable, le vieux. Il y a un an, il nous avait donné La Mule (vous pouvez cliquer sur le titre) que, dans un bel élan moutonnier, tous les critiques, moi y compris, avait appelé un film testament. Eh bien, voilà qu’il nous en sort un autre : Le cas Richard Jewell.

Moins personnel, moins original, moins testamentaire que La Mule, Le cas Richard Jewell n’en est pas moins le film parfait ; allez, disons presque parfait.

Mettons que vous ayez 90 ans et que vous vouliez faire un film parfait, enfin presque parfait. Comment vous y prenez-vous ?

C’est simple : Continuer la lecture de Le Cas Richard Jewell – Critique aisée n°201 

1917 – Critique aisée n°200

Critique aisée n°200

 1917
Sam Mendes – 2020

Voilà : j’ai mis du temps à aller voir 1917. Alors peut-être l’avez-vous déjà vu sans connaitre mon avis. De toute façon, je vous aurais dit d’y aller. Mais si vous ne l’avez pas encore fait, dépêchez-vous, car 1917 ne se joue plus que dans les plus petites des salles des complexes. Le film devrait donc disparaitre bientôt, car il parait qu’il y a un « Ducobu chez les Tuche » qui arrive.

Pour 1917, les critiques ont été généralement très bonnes à l’exception essentielle de Libération. Pour ce journal, le film « manque de point de vue ». Venant de Libération, cela veut probablement dire qu’on n’y trouve ni déclaration pacifiste ni pamphlet anti-capitaliste. Peut-être le journal regrette-t-il aussi que les officiers n’y soient pas montrés comme de sombres brutes alcooliques, aveuglés par la discipline, insensibles au sort des hommes. Libération aime bien les choses simples, claires, manichéennes pour Continuer la lecture de 1917 – Critique aisée n°200 

Le Porteur d’Histoire – Critique aisée n°199

Critique aisée n°199

Le Porteur d’Histoire
Alexis Michalik
Théâtre des Béliers, Paris 18°

Pour commencer, le théâtre était à perpette, rue Sainte-Isaure, sur le flanc nord de la butte Montmartre, mais plus près du périphérique que du Sacré-Coeur, c’est tout dire.
Ensuite, depuis un mois c’était la grève. Une dizaine de pour cents des employés de la RATP bloquait Paris dans de gigantesques embouteillages. Alors, il fallait prendre ses précautions parce que le spectacle commençait à 19 heures, la pointe de l’heure de pointe. Être précautionneux, cela voulait dire prévoir deux Continuer la lecture de Le Porteur d’Histoire – Critique aisée n°199