Archives de catégorie : Critiques

¿ TAVUSSA ? (78) :  Antivax et Antipass, faudra-t-il vivre avec ?

Bien sûr que c’est plus compliqué, les gars ! Bien sûr que c’est plus compliqué quand il y a une épidémie.

C’est plus compliqué d’aller au boulot, d’aller au cinéma, au restaurant, c’est plus compliqué de consulter son dentiste, d’aller voir ses parents à La Garenne-Colombes ou sa grand-mère à la maison de retraite de Guéret dans la Creuse. Bien sûr que ce n’est pas évident de recevoir ses clients quand on est restaurateur, poissonnier ou marchand de jouets. Bien sûr que c’est difficile de prendre le train, l’avion ou un verre dans une boite de nuit.

Mais ce n’était pas simple non plus quand il y avait une grève des transports ou quand il y avait les gilets jaunes. C’était même assez compliqué quand il y avait une guerre, une occupation, des Continuer la lecture de ¿ TAVUSSA ? (78) :  Antivax et Antipass, faudra-t-il vivre avec ?

Théorie mathématique de la bêtise

Merci à Claude de m’avoir rappelé ce brillant article du 1er mars 2017, plus que jamais d’actualité.

Georges Brassens a dit que le temps ne faisait rien à l’affaire et que quand on était con, on était con. Mais, sauf le respect que je dois au bonhomme et l’affection que je lui porte, je dois dire que Brassens se trompait car, en matière de connerie, le temps est un facteur important. Non pas que le con devienne plus con avec l’âge, mais le con d’aujourd’hui l’est davantage que le con d’hier. En effet, récemment, grâce au progrès, la connerie a avancé à pas de géant. Rappelons-nous que le Web est devenu d’usage public à partir des années 90 et que Facebook a été créée en 2004. L’ami Georges, mort en 1981, bien trop tôt, ne pouvait bien sûr pas tenir compte de ces extraordinaires facteurs de progrès.
Voyons ce que Milan Kundera Continuer la lecture de Théorie mathématique de la bêtise

Rendez-vous à cinq heures : Conradiologie

La page de 16h47 est ouverte…

CONRADIOLOGIE

Il est souvent question dans le JDC de Joseph Conrad ce dont je me réjouis car Conrad est incontestablement l’un de mes écrivains de prédilection.  Divers de mes commentaires m’ont donné l’occasion de le faire savoir et si dernièrement j’ai joint le dernier paragraphe du chapitre 36 du Miroir de la Mer à titre d’illustration de mon propos, j’ai regretté depuis de n’avoir pas retranscrit la totalité de ce chapitre 36 qui est à lire comme une nouvelle indépendante tant il résume parfaitement l’esprit de l’œuvre de Conrad.

Joseph Conrad est pour moi le maître incontestable Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures : Conradiologie

¿ TAVUSSA ? (76) – Mais où donc habite le Diable ?

Désœuvré comme je le suis depuis que j’ai écrit le mot fin sous la dernière ligne du Cujas, je regardais l’autre jour sur Netflix ce film de 2006 — quinze ans déjà ­— Le Diable s’habille en Prada, comédie New Yorkaise légère, anodine et prévisible mais quand même assez réussie. Pour une fois, malgré cette entrée en matière, je ne vais pas vous parler de cinéma. Par exemple, je ne vais pas vous expliquer combien ce film est un exemple de plus de l’étonnante adaptabilité de Meryl Streep et de Stanley Tucci à n’importe quel rôle. Je pourrais, bien sûr, mais non. Pas le sujet !

Comme vous le savez sans doute, ou comme vous l’avez deviné d’après le titre, Le Diable s’habille en Prada se passe dans le milieu de la mode et plus précisément au sein d’un de ses magazines éponymes, le modèle ici choisi étant Vogue. Le point culminant du film, la récompense ultime vers laquelle tendent tous ses personnages, c’est le voyage à Paris, c’est la semaine où tout le beau monde de la mode se retrouve à Paris autour des Continuer la lecture de ¿ TAVUSSA ? (76) – Mais où donc habite le Diable ?

Blondin exposé ?

Antoine Blondin exposé ?

J’ai aimé, j’aime et j’aimerai toujours ce singe en hiver, ce désespéré bon vivant, cet écrivain journaliste, ce spécialiste du Tour de France qui savait à peine pédaler, ce styliste sans œuvre constituée qui soit à la hauteur de son incroyable talent. Il y a chez lui un parfum de paresse omnipotente, de nostalgie déchirante, de goût pour la solitude et pour les vraies amitiés qui me plait bien. Ses phrases ont de ces élégances et ses aphorismes sont des chefs d’œuvre.

J’ai déjà pas mal écrit, en bien, sur la vie et l’œuvre de Blondin et je l’ai pas mal cité. Pour retrouver ces textes et ces citations, vous n’avez qu’à taper « Blondin » dans la case de recherche, celle avec une petite loupe ! (Je ne peux quand même pas tout faire pour vous !)

Je regrette qu’il n’ait pas écrit davantage, pourtant je n’ai jamais pu me résoudre à lire ses célèbres chroniques du Tour de France. Je sais bien que je dis souvent “l’histoire, on s’en fout, c’est le style qui compte“, mais il y a des limites, et le vélo est au-delà.

C’est en sortant d’une pizzeria de la rue des Canettes que, passant devant la Continuer la lecture de Blondin exposé ?

Play Time – Critique aisée n°216

Critique aisée n°216

 Play Time
Jacques Tati – 1967

Ce fut un échec sanglant, dramatique pour Jacques Tati, d’autant plus dramatique que, jusqu’à Play Time, il avait à chaque fois rencontré le succès, succès inattendu avec Jour de Fête,  confirmé avec Les Vacances de Monsieur Hulot, plus ambitieux avec Mon Oncle, pour lequel il avait même obtenu l’Oscar du meilleur film étranger…

Play Time, que je viens de revoir sur Netflix (on ne le dit pas assez, sur Netflix, il n’y a pas que The walking dead et la Casa de Papel, sacré bon sang !), est le film le plus ambitieux de Tati. Des millions et des millions de francs, des budgets et des délais dépassés, une faillite financière finale retentissante !

Mais, passés quelques défauts de longueur ou de trop grande complexité de deux ou trois scènes, c’est un chef d’œuvre. Un chef d’œuvre de drôlerie, un comique entièrement visuel fait d’humour, de satire, d’ironie, de tendresse. Un chef d’œuvre de mise en scène, avec ses Continuer la lecture de Play Time – Critique aisée n°216

Rendez-vous à cinq heures à la Belle époque

La page de 16h47 est ouverte…

Voici l’avis de Lorenzo dell’Acqua sur le film de Nicolas Bedos “La Belle Époque”. Les lecteurs du JdC le remercient pour cette critique et ne manqueront pas de donner leur propre avis sur ce film ou sur tout autre qu’ils auraient pu voir au cours de ces soixante dernières années. 

LA BELLE EPOQUE
Nicolas Bedos

A priori, je n’aurais pas du aimer ce film pour au moins deux raisons : c’est une fiction dans une fiction, donc une double fiction, et je suis devenu insensible aux fictions, actuelles et passées. Eh bien, pas du tout, je l’ai bien apprécié et je l’ai même trouvé très intéressant. Passons sur un casting discutable avec une héroïne qui, bien qu’excellente comédienne, n’est pas le personnage (et pas du tout à mon goût) ce qui rend peu crédible le coup du foudre du héros (et impossible toute projection personnelle). Dans ce récit inventé d’une fiction inventée, on a le beurre et l’argent du beurre ; aucun risque d’être pris au Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures à la Belle époque

Plein soleil – Critique aisée n°215

Critique aisée n°215

Plein soleil
René Clément 1960
Alain Delon, Maurice Ronet, Marie Laforêt 

Netflix, ce n’est pas toujours toujours terrible terrible. Mais quand on vous offre en même temps, six ou sept films de Truffaut, trois ou quatre films de Tavernier, quatre ou cinq Chabrol, six ou sept Sautet, du fin fond de sa campagne, on se dit que Netflix, ça a du bon. 
Et c’est grâce à Netflix que l’autre soir, j’ai revu Plein Soleil. 

Plein Soleil, c’est la première adaptation cinématographique du roman de Patricia Highsmith, Monsieur Ripley. 
Philippe Greenleaf est le riche  héritier d’une famille encore plus riche. Il mène une vie de plaisir entre Taormina, Rome et Mongibello, entrecoupée de cotres bermudiens, de Continuer la lecture de Plein soleil – Critique aisée n°215

¿ TAVUSSA ? (75) – Les placards du Luxembourg (encore ?)

Les placards du Luxembourg
(encore ?)

En termes journalistiques on appelle ça un marronnier. Ça désigne un évènement qui revient chaque année, comme la floraison des arbres du même nom. 

Alors ça, pour être un marronnier, c’est un marronnier ! D’abord, ça se passe en limite du jardin du Luxembourg, célèbre notamment pour cette essence d’arbre si caractéristique de la capitale. Ensuite, ça se répète plusieurs fois chaque année. C’est un marronnier quatre saisons. 
Et cette année, les revoilà, les placards !

Les revoilà, ces photos, vilains chromos fignolés, aux sujets galvaudés, aux couleurs écoeurantes.

Les revoilà, ces photos dont on se demande par quelle Assemblée de Notables à Barbichettes et de Secrétaires de Mairie Hyper-Sensibles elles ont été choisies ! 

Mais, que voulez-vous ? Le badaud s’extasie, il Continuer la lecture de ¿ TAVUSSA ? (75) – Les placards du Luxembourg (encore ?)

Un flic – Critique aisée n°214

Critique aisée n°214

Un flic
Jean-Pierre Melville – 1972
Alain Delon, Catherine Deneuve, Richard Crenna

Wikipedia vient de me rappeler qu’« Un flic », que je viens de revoir sur Netflix, c’était le dernier film de Melville. Alors, je vais mettre la pédale douce.

Je ne dirai donc pas qu’« Un flic », c’est un film ennuyeux, dont le scenario est sans intérêt, où l’interminable scène d’action principale est laborieusement tournée avec des maquettes de train et d’hélicoptère à peine dignes d’un feuilleton pour enfants des années 50, dans lequel les seuls acteurs qui se donnent la peine de jouer le peu qu’on leur donne sont André Pousse, tout naturellement dans le rôle d’un gangster, et Paul Crauchet dans celui du chien (triste) du commissaire, les autres acteurs étant là seulement pour faire les têtes d’affiche, Alain Delon, Catherine Continuer la lecture de Un flic – Critique aisée n°214