Archives pour la catégorie Critiques

The Guilty – Critique aisée n°130

Critique aisée n°130

 The Guilty
Gustav Möller – 2018
Jakob Cedergen

 Intérieur nuit. Un Centre des appels d’urgence de Copenhague. Asger Holm, un flic parmi d’autres, gris, triste, pas vraiment sympathique. Il reçoit un appel, sans importance, puis un autre, sans importance, puis un troisième. Ça y est, ça commence : une femme est au bout du fil, dans une voiture, on est en train de l’enlever. Aidez-moi…

C’est tout ce que je vous dirai. Ah ! Je ne suis pas comme Xavier Leherpeur du Masque et la Plume, moi. Je ne dévoile pas l’intrigue, moi. Je ne dis pas à quel moment il faudra être particulièrement attentif, moi. Je ne fais pas le malin en déclarant que j’avais prévu la fin, moi. Vous ne saurez rien de moi.

Sauf que pour un Continuer la lecture de The Guilty – Critique aisée n°130 

Mission Impossible-Fallout – Critique aisée n°129

Critique aisée n°129

Mission Impossible – Fallout
Christopher McQuarrie – 2018
Tom Cruise etc…

Un thème musical toujours sensationnel, une longue et fantastique poursuite automobile dans Paris, des cascades aériennes vraiment irréalistes, des acteurs figés dans leurs personnages caricaturaux et enfin, enfin, un scénario totalement incompréhensible.

C’est complètement nul, mais on a l’habitude.

Heureusement, il y avait l’air conditionné.

Embuscade à Fort Bragg – Critique aisée n°128

Critique aisée n°128

Embuscade à Fort Bragg
Tom Wolfe
Robert Laffont Poche – 144 pages – 7,90€

Il nous avait habitué à des trucs plus longs, Tom Wolfe, plus long que ce petit roman, presque une nouvelle, cent quarante-quatre pages : Embuscade à Fort Bragg

On dirait le titre d’un western de série B des années quarante.

On en est loin, loin du Western, loin de la série B, loin des années quarante. C’est cinquante ans plus tard, la fin des années quatre-vingt-dix. C’est Fort Bragg, Caroline du Nord. Fort Bragg, on dit que c’est la plus grande base militaire au monde. Vingt-cinq mille soldats des forces spéciales, notamment les bérets verts, s’y entrainent chaque jour. On y forme des hommes, des vrais, des combattants, des costauds. Le soir, les Rangers, les costauds, ils vont à Fayetteville, à six miles de là, pour se détendre : boire un coup dans les boites topless de Bragg Boulevard et regarder les filles s’enrouler autour des mats de danse lascive.
Mais il y a de ces costauds qui n’aiment pas les homosexuels, particulièrement s’ils sont dans leur unité. Alors un jour, trois d’entre eux Continuer la lecture de Embuscade à Fort Bragg – Critique aisée n°128 

Entrée des artistes – Critique aisée n°127

Critique aisée n°127

Entrée des artistes
Marc Allégret – 1938
Dialogues d’Henri Jeanson
Louis Jouvet, Claude Dauphin, Odette Joyeux, Bernard Blier, Carette, François Perier…

Sans atteindre à celle que j’ai pour La Règle du Jeu, mon admiration pour ce film est des plus grandes. Faites-moi confiance et plaisir à la fois, et prenez six minutes pour regarder ce qui est pour moi la meilleure scène de ce film. Pour ne pas vous faire perdre de temps, exceptionnellement, je n’écrirai pas de critique d’Entrée des Artistes, mais juste une introduction à la scène que vous allez voir :

Louis Jouvet, directeur d’un cours d’art dramatique, rend visite à un couple de petits commerçants afin de les convaincre de laisser leur nièce tenter une carrière de comédienne.

Maintenant, vous en savez assez. Installez-vous et cliquez sur le texte rouge !

Lumière ! Rideau !

https://www.youtube.com/watch?v=ek8YSKd60u4#action=share 

 
ET DEMAIN, LE 216ème TABLEAU DE SÉBASTIEN

Les faux British – Critique aisée n° 126

Les faux British
Théatre Saint Georges 

Une troupe de comédiens présente une pièce policière de Sir Arthur Conan Doyle.
Un meurtre est commis dans un salon entièrement fermé.
Classique !

Mais la troupe est faite de complets amateurs, l’auteur n’est pas le créateur de Sherlock Holmes, la mise en scène est catastrophique et le décor ne tient pas debout. Tout aussi classique !

Car ce n’est pas la première fois qu’on nous fait le coup des mauvais acteurs jouant mal un texte stupide dans un décor chancelant — et je ne compte pas les fois où ce n’était pas volontaire.

Les moins jeunes se souviendront peut-être des Branquignols, d’Helzapoppin ou de certains sketches de Roger Pierre et Jean Marc Thibault, tandis que les contemporains se souviendront  surement de Thé à la menthe ou t’es citron.

Il ne s’agit pas ici de comparer ces spectacles passés aux Faux British. A quoi cela servirait-il ? Aujourd’hui qui se souvient de Robert Dhéry, de Colette Continuer la lecture de Les faux British – Critique aisée n° 126 

¿ TAVUSSA ? (43) – Les fausses informations

Richard Ferrand, ex PS, actuel LREM, vient d’avoir une idée formidable : incorporer dans le code électoral une loi anti « fake news« , en français : « fausse information« .

Pourquoi, chaque fois qu’il se passe quelque chose de mauvais ou même de simplement contrariant dans notre pays, croit-on nécessaire de promulguer une nouvelle loi pour l’interdire ? Comment se fait-il qu’il existe encore des esprits assez mécaniques, catégoriques et bornés pour imaginer qu’une nouvelle loi réglera le nouveau problème ? Comment des législateurs peuvent-ils à ce point être ignorant des possibilités des lois en vigueur ? Comment ne peuvent-ils pas voir les impossibilités d’application de leur projet de loi, les détournements que l’on pourra faire de son application ? Comment peut-on oser proposer une telle définition de la « fausse information » : toute allégation ou imputation d’un fait dépourvue d’éléments vérifiables de nature à la rendre vraisemblable. Comment la commission parlementaire a-t-elle pu adopter cette définition, certes parfaitement cartésienne et qui pourrait avoir été élaborée par les Académiciens pour figurer dans leur dictionnaire, mais qui en réalité définit le champ d’application de la loi à venir :  toute allégation ou imputation d’un fait.

Ça part d’un bon sentiment, bien sûr : la vérité, rien que la vérité, — mais pas forcément toute la vérité !  Que les menteurs soient empêchés, punis et que triomphe la vérité, la transparence — la sacro-sainte et nuisible transparence à tout prix ! Irréalisme, angélisme, bêtise, on ne sait pas vraiment.

Comment un juge pourra-t-il, en connaissance de cause et dans le temps limité — deux jours — qui lui sera accordé, dire de l’information  qu’elle est ou non dépourvue d’éléments vérifiables de nature à la rendre vraisemblable…

Et aussi : qu’est-ce qu’un fait vraisemblable ? Est-il nécessairement vrai — demandez donc son avis à Boileau — ou bien un fait vraisemblable ne peut-il pas être faux ?

Mais, assez philosophé ! Prenons plutôt un cas, stupide si possible, c’est plus parlant. Voici :

Le Docteur Achille Parmentier est candidat à la Continuer la lecture de ¿ TAVUSSA ? (43) – Les fausses informations 

Détournement – Critique aisée n°125

Critique aisée n° 125

Détournement
Installation de Stéphane Thidet à la Conciergerie (du 30/03 au 31/08/2018)

On a déjà vu ça dans certains westerns qui racontent l’histoire de chercheurs d’or dans le grand Ouest américain : des goulottes rudimentaires réalisées en planches mal équarries conduisent l’eau des montagnes jusqu’au travers du campement où des hommes hirsutes procèdent au lavage du minerai fabuleux. L’eau dévale, bondit, déborde, s’échappe par tous les joints, mais elle fait son office et finit par retourner au torrent.

Ici, le torrent, c’est la Seine, et le campement, c’est la salle des Gens d’Armes de la Conciergerie. L’eau est prélevée dans le fleuve et elle y retourne après avoir parcouru cette magnifique salle voutée.

Bien sûr, ici, pas de trappeurs hirsutes, mais de simples touristes frais et roses ; pas de goulottes rudimentaires, pas de fuite ni de débordement, mais des planches de coffrage, parfaitement jointoyées qui assurent à cet échantillon de Seine un lent parcours sans heurt. On aimerait y voir de petits canards en celluloïd roses et verts voguant au fil du courant que des enfants poursuivraient avec leur canne de bambou.

Je n’ai pas cherché Continuer la lecture de Détournement – Critique aisée n°125 

L’Iliade pour les nuls – Critique aisée n°124

Critique aisée 124

L’Iliade pour les nuls

La guerre de Troie (Ilion) a eu lieu vers l’an 1280 avant J.C. L’Iliade a été composée vers l’an 800 avant J.C. et n’a été écrite que deux cents ans plus tard. Ce poème, attribué à Homère, raconte un épisode d’une dizaine de jours de la dernière année de cette guerre qui en compta dix. Cet épisode est connu sous le nom de « La colère d’Achille ».

C’est tout ce que vous avez à savoir pour tenir une conversation de cinq minutes sur l’Iliade sans passer pour un total Béotien. Avantageusement, vous pourrez toujours citer quelques noms connus et parfois démodés : Agamemnon, Hélène, Paris, Hector, Andromaque, Nestor, Achille, Ajax… Surtout, ne vous aventurez pas à en dire davantage, car c’est plutôt compliqué, mais si vous tenez à épater tout le monde, dites d’un air badin que le fameux cheval n’apparait pas un seul instant dans l’Iliade. Vous en déstabiliserez plus d’un.

Un dernier conseil : imprégnez-vous du style homérique (ça veut dire le style d’Homère, l’auteur. Vous vous souvenez ? Homère ? L’auteur ?) en lisant ce petit extrait particulièrement représentatif que j’ai choisi pour vous.

Encore un mot : si vous parvenez à placer dans la conversation que l’Odyssée, c’est la suite de l’Iliade, vous serez l’objet de l’admiration de tous à la prochaine réunion de copropriété. Mais ne vous risquez pas à dire que vous préférez l’Énéïde à l’Odyssée, ou l’inverse, vous deviendriez pédant. De toute façon, tout le monde s’en fout.

« Et Zeus s’assit sur le faîte, plein de gloire, regardant la ville des Troyens et les nefs des Achéens.(1)
Et les Achéens chevelus s’armaient, ayant mangé en hâte sous les tentes ; et les Troyens aussi s’armaient dans la ville ; et ils étaient moins nombreux, mais brûlants du désir de combattre, par nécessité, pour leurs enfants et pour leurs femmes. Et les portes s’ouvraient, et les peuples, fantassins et cavaliers, se ruaient au dehors, et il s’élevait un bruit immense.
Et quand ils se furent rencontrés, les piques et les forces des guerriers aux cuirasses d’airain se mêlèrent confusément, et les boucliers bombés se heurtèrent, et il s’éleva un bruit immense. On entendait les cris de joie et les lamentations de ceux qui tuaient ou mouraient, et la terre ruisselait de sang ; et tant qu’Éôs(2) brilla et que le jour sacré monta, les traits frappèrent les hommes, et les hommes tombaient. Mais quand Hélios(3) fut parvenu au faîte de l’Ouranos(4), le père Zeus étendit ses balances d’or, et il y plaça deux kères(5) de la mort qui rend immobile à jamais, la kèr des Troyens dompteurs de chevaux et la kèr des Achéens aux cuirasses d’airain. Il éleva les balances, les tenant par le milieu, et le jour fatal des Achéens s’inclina ; et la destinée des Achéens toucha la terre nourricière ; et celle des Troyens monta vers le large Ouranos. Et il roula le tonnerre immense sur l’Ida(6), et il lança l’ardent éclair au milieu du peuple guerrier des Achéens ; et, l’ayant vu, ils restèrent stupéfaits et pâles de terreur. »

Notes
1 – Les grecs
2 – L’aurore
3 – Le soleil
– Le ciel
– Divinité infernale
– Mont proche de Troie

Post Scriptum :
Vous qui n’êtes pas, ou qui ne voulez plus être l’un des Nuls auquel cette présentation de l’Iliade est destinée, lisez le texte intégral. C’est passionnant.

ET DEMAIN, SEMPER FIDELIS

¿ TAVUSSA ? (42) – VELIB : Une catastrophe industrielle et municipale

Le système Velib, tel qu’il était exploité par JC Decaux, existait depuis 10 ans. Certes, les vélos étaient lourds, il arrivait qu’on ne puisse les restituer à l’endroit voulu pour cause de station complète, il arrivait aussi que des stations soient vides ou que leurs vélos soient vandalisés, mais dans l’ensemble, le système fonctionnait bien.

La concession étant arrivée à son terme, un nouvel appel d’offre a été lancé et c’est Movengo, moins disant, qui l’a emporté. Jusque-là, rien que de très normal.

Et depuis quatre mois, depuis que Movengo est à la manœuvre, Paris assiste à une véritable débâcle, qui ne devrait pas tarder à se transformer en catastrophe industrielle et même municipale.

Catastrophe industrielle parce que, compte tenu de la situation, Movengo, malgré de puissants actionnaires, pourrait bien faire faillite.

Catastrophe municipale parce que dans ce cas, la Ville, déjà surendettée, devra payer les pots cassés, et comment pourra-t-elle le faire ? Je vous laisse deviner.

Comment peut-on caractériser cette débâcle ? Eh bien voici :
-à peine la moitié des 1400 stations promises ont été installées
-les stations ne sont pas ou mal raccordées au réseau EDF
-Movengo est en litige avec Colas qui installe les stations
-le logiciel est compliqué pour le vélocipédiste et sujet à de nombreux bugs
-le personnel est en grève depuis des semaines car moins bien payé que par l’exploitant précédent

Quelles en sont les principales conséquences ? Tout d’abord, pour les utilisateurs :
-c’est très simple : plus de vélos

Ensuite pour Movengo:
-la Ville a déjà imposé à Movengo 3.000.000 € de pénalités
-près de 100.000 abonnés (sur 285.000 en 2017) ont résilié leur abonnement (dont moi)
-quand on enregistrait 100.000 locations par jour à la même époque l’année dernière, il n’y en a plus que 5000 cette annnée
-les difficultés et donc les couts de raccordement électrique ont été fortement sous-estimés

On comprend que tout cela induit une perte économique considérable, avec pourquoi pas à la clé une résiliation du contrat et finalement peut-être même une faillite.

Lorsqu’ils ont vu l’enlèvement des stations JC Decaux des rues de Paris, beaucoup de Parisiens ont été choqués par l’ampleur du gâchis financier que représentait la destruction de stations en bon état et la mise au rebut de vélos bien entretenus, sans compter les embarras de circulation supplémentaires qu’apportaient les travaux d’enlèvement. Mais il se faisaient une raison, les Parisiens, ayant pris l’habitude des fantaisies autoritaires de Madame Hidalgo. Ils se disaient aussi, les naïfs, que cette énorme dépense était sans doute prise en charge par l’ancien concessionnaire ou par le nouveau (ce qui, entre nous, n’enlève rien à l’énormité du gâchis économique).

Lorsqu’ils voient la situation d’aujourd’hui, les Parisiens, ils se posent, enfin, moi je me pose plusieurs questions :

-La première : comment JC-Decaux s’est-il débrouillé pour remettre une proposition qui soit plus chère pour la Ville que celle de Movengo, alors qu’il disposait de l’expérience de dix années d’exploitation, et d’un parc de matériel fixe et roulant en état de marche ?

-La question qui vient immédiatement après, miroir de la première, est : comment Movengo est-elle parvenue à rendre une offre moins chère que celle de JD Decaux, compte tenu de tous les avantages dont ce dernier bénéficiait ?

-La troisième, c’est celle-ci : comment la commission d’appel d’offre, le service technique de la Ville et/ou autres incapables fonctionnaires ou élus municipaux, ne se sont-ils pas posé les deux questions ci-dessus (ou même une seule des deux, cela aurait suffi).

-Vient nécessairement ensuite la question suivante : comment les mêmes ont-ils pu ne pas émettre l’hypothèse que, peut-être, Movengo s’était plantée dans son estimation de la tâche ?

-Et enfin, si cette hypothèse est apparue un instant dans leur esprit arthritique, comment ont-ils pu ne pas décider d’examiner un peu plus en détail les capacités de Movengo à traiter convenablement le problème ?

Après les comment ?, viennent les pourquoi ?

-Pourquoi la commission d’appel d’offre, le service technique de la Ville et/ou les autres incapables fonctionnaires ou élus municipaux ne se sont-ils rendus chez Movengo qu’après que celle-ci ait remporté l’appel d’offres, et non avant ?
-Pourquoi, quand ils sont allés sur place et qu’ils ont constaté avec effroi, mais trop tard, le caractère artisanal des installations techniques de Movengo, n’ont-ils pas donné l’alerte, ou décidé d’encadrer Movengo de très près ?
-C’est vrai ça, pourquoi ?

On a dit qu’Anne Hidalgo avait des comptes à régler avec JC Decaux. On a dit qu’il fallait donc absolument qu’un autre remporte la concession. Je n’ose y croire. (En fait, si, j’y crois complètement)

De toute façon, une enquête sur le déroulement de l’appel d’offre ne ferait de mal à personne, n’est-ce pas ?  (Ça, ça n’est pas sûr)

Anne Hidalgo se trouve aujourd’hui devant un sacré problème :

-taper sur la table et faire tomber Movengo ou tenter d’arranger les choses en payant ?
et du même coup :
-priver Paris de Velib pendant encore deux ans ou faire payer le surcout aux parisiens ?

A ce propos, on ne peut que remarquer l’inhabituelle discrétion de notre Maire qui n’apparait plus en personne et ne dit plus un mot sur le sujet, laissant ce soin à ses adjoints et à ce pauvre PDG de Movengo.

Est-ce que ça prouve qu’elle est responsable ? Qu’elle le soit, ça ne m’étonnerait pas vraiment. D’ailleurs, on ne m’ôtera pas de l’idée que le scandale des disparus de la Rue de Rennes, c’était bien elle, n’en déplaise à l’auteur de cette histoire dont on pourra apprécier le caractère saugrenu et mensonger en cliquant ici pour la relire.

Qu’est-ce qu’ils sont moches, ces magasins ! (1)

Symétrique, parallèle et opposée (1) à ma série « Ah ! les belles boutiques », voici ma nouvelle déclinaison sur les façades de commerces. Elle s’intitule « Qu’est-ce qu’ils sont moches, ces magasins !« . Conscient d’avoir beaucoup plus d’opportunités pour remplir cette série que l’ancienne, j’essaierai de faire un tri sévère afin ne pas vous submerger d’horreurs.
Pour commencer, voici la façade du magasin Sonia Rykiel du 175 boulevard Saint Germain.

Le magnifique bâtiment qui abritait autrefois un restaurant, celui des Saints-Pères, a été acquis en 1985 par Sonia Rykiel pour y installer ses bureaux et surtout un commerce de vêtements en rez-de-chaussée. Une des principales initiatrices de l’envahissement de Saint Germain par les fringues, Madame Rykiel avait tenté d’amoindrir le coup qu’elle portait aux intellectuels germanopratins en décorant sa boutique avec une quantité industrielle (c’est le mot) de bouquins, vrais ou factices, je n’en sais rien. Piètre consolation…

En revanche, l’immeuble avait été ravalé proprement, la façade du magasin demeurait modeste et l’enseigne relativement acceptable.

Mais tout cela a changé. Je ne sais pas si la mort de la patronne y est pour quelque chose, mais la maison Rykiel a carrément abandonné l’esprit Saint-Germain pour adopter l’esprit Marketing.

Question à la Marie de Paris : quand on sait qu’il faut un permis de construire pour placer un de ces fenêtres de toit sur un versant de couverture invisible de la rue, on se demande si de telles transformations de façades sont autorisées ?

Ce n’est pas de l’anti-féminisme mais, avec tout le respect que je dois à une défunte, je déclare quand même : Sonia, tu nous  gâche le paysage ! (2)

Note 1 : J’attends de pied ferme les commentaires des matheux sur cette succession osée d’épithètes.

Note 2 : Mais après tout, peut-être n’est-ce que du provisoire, le cache misère  d’une nouvelle rénovation de vitrine, probablement digne de rentrer  un jour dans cette série. 

ET DEMAIN, ENTREZ EN CURE, IL N’EST PAS TROP TARD