Archives pour la catégorie Critiques

¿ TAVUSSA ? (54) : Les fontaines du Rond-Point

Nul doute qu’il ne s’agisse de fontaines démontables. C’est sûr, elles sont là provisoirement en attendant la mise en place après rénovation des anciennes fontaines qui ornaient les six bassins du Rond-Point des Champs Elysées avant qu’elles ne soient bousillées par les supporters de l’équipe de France de football un soir de victoire.

À coup sûr,  cette remise en place, qui devait avoir lieu avant la fin de l’année dernière, a été retardée du fait des réunions hebdomadaires de l’Amicale des Ronds-Points Occupés (A.R.P.O.) On comprend que, afin de ne pas décevoir le touriste exigeant, on ait lancé courant novembre et de toute urgence un appel d’offres pour Continuer la lecture de ¿ TAVUSSA ? (54) : Les fontaines du Rond-Point 

Joan Miró au Grand Palais

Vu l’autre jour, le dernier justement, l’exposition Joan Miró au Grand Palais.
Ce qu’il y a de bien c’est que la possibilité de réserver votre entrée vous assure un confort de visite.

Et même un grand confort

 

 

 

Il y a des chefs d’œuvre

par-ci par-là

Et des choses intéressantes, comme celle-ci :

 

Mais il y a aussi une influence évidente de Miró vers Rouxel1

 

 

 

 

 

 

 

 

et aussi bien sûr vers Franquin2


 

 

 

 

 

 

1 : Rouxel : créateur des Shadoks
2 : Franquin : créateur du Marsupilami

BIENTÔT

  • 9 Avr, 7 h 47 ………. ¿ TAVUSSA ? (54) : Les fontaines du Rond-Point
  • 10 Avr, 8 h 47 ………Esprit d’escalier n°7
  • 11 Avr, 7 h 47 ………Les pavés de l’Hôtel de Guermantes

Le Chant du Loup – Critique aisée n°156

Critique aisée n°156

Le Chant du Loup
Antonin Baudry  – 2019
Omar Sy, Reda Kateb, Mathieu Kassovitz, François Civil

Si vous avez entendu l’émission du Masque et la Plume qui a fait la critique du Chant du Loup, vous avez pu vous croire un instant revenu au bon vieux temps de la gauche dominante et satisfaite, à la belle époque de l’entre-soi de France Inter et de ses pantoufles intellectuelles — époque et bon vieux temps révolus me dit-on, mais rien n’est moins sûr.

A entendre la cacophonie radiophonique des mots d’esprit et des éclats de rire moqueurs entre gens du même monde, vous avez pu vous croire un instant invité par erreur dans un vernissage d’art contemporain. La condescendance avec laquelle ces honorables critiques que sont Danièle Heymann, Pierre Murat et Xavier Leherpeur (avec une réserve sur l’honorabilité intellectuelle de ce dernier) ont traité du film n’a eu d’égal que le mépris rigolard qui imprégnait la présentation faite par Jérôme Garcin. Seule la gentille voix naïve de Charlotte Lipinska a osé dire le bien qu’elle pensait de ce film d’action, suivie en cela par un spectateur dont l’enthousiasme a réussi à surmonter la peur des quolibets de ce jury blasé.

On le sait, les films de sous-marin peuvent être parfois plutôt ennuyeux comme « L’Odyssée du Sous-marin Nerka » ou « Torpilles sous l’Atlantique« , très drôles comme « Opération Jupons« , tout à fait charmants comme « 20.000 Lieues sous les Mers« , extrêmement dramatiques comme « Das Boot« , plutôt conventionnels comme « USS Alabama » ou plutôt réussis comme « A la Poursuite d’Octobre Rouge« .

J’aurais classé « Le Chant du Loup » parmi les « plutôt réussis », si la densité et le côté exceptionnellement Continuer la lecture de Le Chant du Loup – Critique aisée n°156 

Edmond – Critique aisée n°155

Critique aisée n°155

Edmond
Alexis Michalik – 2016
Théâtre du Palais Royal – Paris

Il a tout pour plaire cet Alexis Michalik. Trente-six ans, sympathique, spirituel, brillant même, beau mec, auteur à succès, comédien plutôt à l’aise, tout pour plaire. Sans savoir qui il était véritablement, j’avais beaucoup apprécié son incarnation d’un photographe-play-boy-non-comprenant dans une excellente série dont j’ai l’impression qu’elle n’a pas rencontré le succès qu’elle méritait, peut-être à cause de son titre à la sonorité un peu crasseuse : Kaboul Kitchen.

Quand j’ai su que le bonhomme écrivait aussi des pièces de théâtre et qu’il obtenait succès sur succès, ma sympathie a tourné à l’admiration puis, disons-le tout net, à la jalousie. Aussi, quand on m’a dit qu’Edmond, sa pièce créée il y a déjà trois ans, se jouait toujours, quand on m’a affirmé que, de Mémoires de Saint-Simon, jamais on n’avait vu une pièce aussi gaie, quand on m’a conseillé de ne voir le film que Michalik en a tiré qu’après avoir vu la pièce, j’ai renoncé provisoirement au cinéma — c’est assez rare pour que cela soit souligné — pour prendre deux places d’orchestre — 60 € la place, quand même — pour le théâtre du Palais-Royal.

Et j’y suis allé, mercredi soir, séance à 21 heures. Le bus 27 arrive tout de suite et ne met que 16 minutes pour Continuer la lecture de Edmond – Critique aisée n°155 

Vice – Critique aisée n°154

Critique aisée n°154

Vice
Adam McKay – 2018
Christian Bale, Steve Carell, Amy Adams

Dick Cheney ? Qui est-ce ?

En 2015, sur le sujet de la crise des subprimes, Adam McKay avait réalisé le confus « Casse du siècle » (The Big short).  Je n’y avais rien compris. C’est pour ça que je dis que c’était confus. Mais, après tout, c’était peut-être moi.

Et voilà que, sous forme d’une biographie décousue et virevoltante, il nous raconte de façon toute aussi confuse — mais c’est peut-être encore moi — l’ascension de Dick Cheyney. Le gros Dick, tonneau à bière bagarreur dans sa jeunesse, parvient — on ne comprend pas vraiment comment, mais on sait grâce à qui : sa femme — à des fonctions de plus en plus hautes, tout d’abord sous l’Administration Nixon (Assistant parlementaire), puis dans celle de Gerald Ford (Chef de Cabinet), puis de George H.W. Bush (Secrétaire à la Défense), enfin de George W.Bush (Vice-président).

Pour un Européen, et même pour un Français — comme moi par exemple — l’ascension du gros Dick est incompréhensible. Il peut y avoir plusieurs explications à cela :

a) je suis idiot,

b) c’est mal expliqué pour des non-américains,

c) c’est mal expliqué pour tout le monde.

Je ne suis pas très chaud pour petit a et, entre petit b et petit c, mon cœur balance. Toujours est-il que je n’ai pas compris.

Une fois que Dicky arrive à la Vice-Présidence, le film devient plus clair et en quelques scènes démonstratives à gros traits, on nous expose que :

1) l’invasion de l’Irak a été voulue par Dick Cheyney qui a profité de l’incroyable nullité et de la faiblesse de caractère d’un président des États Unis pour la lui imposer.

2) les USA ont entrainé derrière eux dans la guerre quelques pays en faisant valoir de fausses preuves d’une complicité de l’Irak avec Al Qaïda dans l’attentat contre le WTC et de l’existence d’armes de destruction massive.

3)la guerre d’Irak a entrainé la mort d’un million de personnes et l’exil de deux millions et demi d’autres personnes.

4)elle a déstabilisé la région et a conduit, notamment, à la création de Daesch, au renforcement du Chiisme et de l’Iran et du Sunnisme et de l’Arabie saoudite.

Bref, une vraie réussite.

Mais tout ça, nous, on le savait déjà et on peut penser quand même qu’après réflexion, une bonne partie des Américains l’avait compris aussi. On pourra toujours se dire que, peut-être, en ces temps où, par rapport au Donald, G.W.Bush apparait comme un dirigeant modéré et expérimenté, il fallait le rappeler aux Américains. Mais pour nous, vraiment, ce n’était pas la peine.

Si on laisse de côté son faible apport historique, on se dit qu’on aurait pu avoir un grand film politique montrant comment, en usant des réseaux, des ficelles et des arcanes de Capitol Hill, on parvient au sommet ou presque et comment on finit par détenir le sort du monde entre ses mains. Otto Preminger, par exemple, aurait fait ça très bien et, avec ses premières saisons, House of Cards fût une vraie réussite dans le genre. Mais dans Vice, tout est escamoté ou incompréhensible. Mais c’est peut-être moi.

On aurait pu avoir aussi un grand film psychologique, montrant l’ascension d’un homme à force de volonté ou de roueries ou des deux à la fois. Ce qu’Orson Welles aurait surement aimé faire, House of Cards l’a fait.

Mais McKay, tout occupé qu’il est à la seule peinture physique du personnage, ne nous donne pas grand-chose d’autre que les menaces ou les conseils de l’épouse de Cheyney et les grognements de Christian Bale pour expliquer l’ascension du futur VPotus.

Grossi de 25 kilos, parait-il, Christian Bale en Dick Cheney est rejoint dans la caricature par Steve Carell en Donald Rumsfeld.

Amy Adams en Lynne Cheyney et Sam Rockwell en George W.Bush s’en sortent très bien, et on pourra retenir comme scènes intéressantes celles qui mettent Cheney (le vice)  et Bush (le fils) face à face.

Bientôt publié

  • 7 Mar,        Tableau 244
  • 8 Mar,        Edmond – Critique aisée n°155
  • 9 Mar,        Miami (3) : Faena House
  • 10 Mar,     La reconversion de Coupy et Coupot

Green Book – Critique aisée n°153

Critique aisée n°153

Green book
Peter Farrelly – 2018
Viggo Mortensen, Mahershala Ali

 Pour commencer une critique de cinéma, de théâtre ou de littérature, en général, je cherche une accroche. Le temps que je la trouve, que je l’écrive, que je la peaufine un peu, les idées pour le corps de la critique me viennent. Ou du moins, je les attends (que croyez-vous que je sois en train de faire en ce moment ?). Parfois, elles viennent, et parfois il faut que je change d’accroche. Pour ce qui est de Green Book, le dernier film de Peter Farelly, ma première idée a été de faire une comparaison entre ce film, Green Book, et Vice. Je les avais vus presque coup sur coup et je venais de terminer la rédaction de ma critique de celui des deux qui voudrait retracer l’ascension de Dick Cheney. J’avais donc tous les éléments en mémoire, mais le seul point commun que je leur ai trouvé, c’est le poids supplémentaire, la vingtaine de kilos qu’ont dû prendre Christian Bale et Viggo Mortensen, l’un pour incarner Dick Cheyney, Vice-Président des USA de 2001 à 2009, et l’autre, Tony Vallelonga, videur italo-américain du Bronx. Pas très intéressant.

Alors, j’ai trouvé une autre accroche : avec Green Book, je retrouvais l’Amérique, ma première Amérique, celle de mon road trip à moi, 1962, les USA, New York, la route, les voitures, la musique, les motels, les diners, les paysages, le Sud profond, la ségrégation… Pour commencer ma revue, je raconterais comment, à deux ou trois mois près, j’aurais pu rencontrer cette voiture, quelque part entre Birmingham et Montgomery, et, dans une gas station, croiser ce videur italo-américain du Bronx et ce pianiste noir distingué. Voilà ce que j’allais faire.

Puisque ça, c’est fait, voici maintenant ma critique : le film commence par une brillante séquence à la Woody Allen. La scène se passe au Copa, le Copacabana, le plus fameux cabaret des États Unis, celui où toutes les grandes vedettes du show business se sont produites devant les tables des dîneurs les plus fortunés de l’Amérique, emplissant à ras bord les caisses de son propriétaire, le patron de la mafia locale. Scène de foule élégante et bruyante, maîtres d’hôtel et serveurs affairés, accorte vendeuse de cigarettes, big band et crooner (personnellement je pense qu’il s’agit du regretté Bobby Darin, qui voulait devenir Sinatra, mais qui n’en a pas eu le temps.) Quand la musique éclate, quand Bobby Darin entame that old black magic, alors on est à New York, un New York qui a d’ailleurs disparu. Le reste du film n’aura rien à voir avec tout ça, mais cette scène, qui n’est là que pour introduire le personnage principal, le videur du Copa, montre toute la technicité du réalisateur. Le reste du film, c’est une comédie optimiste sur la ségrégation, qui met face à face (si l’on peut dire, vous verrez bien) deux personnages que tout oppose : en 1962, un pianiste noir, riche et raffiné embauche un italo-américain du Bronx pour lui servir de chauffeur-garde du corps pendant une tournée de trois mois dans le Sud profond. En suivant la progression classique d’un road movie, on se dirige tout droit vers un happy ending prévisible à travers des situations attendues. Prévisible, attendues, certes, mais qu’importe : la voiture est confortable, les paysages sont beaux, les motels parfois moins, les conversations souvent désopilantes et les acteurs formidables.

Il est d’usage de dire que la performance de Viggo Mortensen, homme naturellement grand et mince, au visage émacié et parfois même inquiétant, dans ce rôle de complète composition de gros bâfreur, vulgaire, cogneur, ignorant et de bonne volonté est extraordinaire et qu’elle aurait dû lui valoir l’Oscar du meilleur acteur (qu’il n’a pas eu). Pour l’Oscar, je ne sais pas. Mais pour le reste, je suis d’accord. Le personnage qu’il incarne dégage une telle force, une telle confiance en soi, une telle sympathie que l’on sait que rien de mal ne pourra arriver tant qu’il sera là. C’est pour le spectateur une situation confortable qui lui permet d’apprécier toutes les qualités du film.

Le pianiste noir, incarné par Maershala Ali, qui a obtenu à cette occasion l’Oscar du meilleur second rôle, ne pourra pas manquer de vous faire penser à Barack Obama.

Un critique professionnel a cité Frank Capra. Social, généreux, optimiste, drôle… Capra ? Ce n’est pas idiot.

Oscars 2019 : meilleur film : Green Book ; meilleur acteur dans un second rôle : Mahershala Ali

Bientôt publié

  • Demain,  Les cartoons de James Thurber – 3
  • 5 Mar,       Andromaque de Cyrénaïque
  • 6 Mar,       Vice – Critique aisée n°154
  • 7 Mar,       Tableau 244
  • 8 Mar,       Edmond – Critique aisée n°155

Cyrano de Bergerac – Critique aisée n°152

Critique aisée n°152

Cyrano de Bergerac
Edmond Rostand
Mise en scène de Denis Podalydès

Cyrano, c’est
La pièce la plus populaire du théâtre français
La pièce au rôle-titre le plus long du répertoire
La pièce la plus jouée
La pièce la plus longue
La pièce aux cinquante personnages
La pièce aux cinq décors grandioses
La pièce aux citations innombrables
La pièce au nez le plus long

Mais aussi, c’est
La pièce que l’on voit à onze ans
La pièce que Continuer la lecture de Cyrano de Bergerac – Critique aisée n°152 

Sérotonine – Critique aisée n°151

Critique aisée n°151

Sérotonine
Michel Houellebecq – 2019
Flammarion – 347 pages – 22€

C’est une banalité de dire que Michel Houellebecq est un homme désespéré. De plus, comme il le dirait lui-même, c’est une banalité qui est probablement vraie. S’il en était besoin, son dernier livre, Sérotonine, en serait la preuve définitive : la lente dégringolade, acceptée et même voulue, programmée depuis la première page jusqu’à la trois-cent-quarante-septième, par un homme, la quarantaine, pourvu d’un bon emploi, d’un bon salaire, de temps libre, en somme d’une existence plutôt facile. Qu’arrive-t-il donc à cet homme presque comblé ? Eh bien, il lui arrive qu’il n’a plus de désirs et pas seulement sexuels : il n’a plus envie de rien, il s’affaisse sur lui-même, il meurt littéralement de chagrin lui dira un médecin étonné à la lecture des résultats de ses analyses.  Son métier de technocrate de l’agriculture, qu’il exerçait autrefois sinon avec passion du moins avec intérêt et honnêteté, le désespère depuis qu’il a compris que quoi qu’il fasse, des pans entiers de l’agriculture française sont inéluctablement condamnés. La liaison qu’il vit à contrecœur avec une jeune japonaise snob et surdouée du porno, il ne demande qu’à la terminer, au besoin en faisant passer la dame par la fenêtre. Son seul désir est de rester enfermer dans une chambre d’hôtel Mercure du XIIIème arrondissement ou dans un studio de l’avenue d’Ivry à fumer et boire du calvados, non pas vraiment mettre fin à ses jours, mais se détruire petit à petit.

Ce désespoir, le narrateur pourrait, c’est la mode, le reprocher à sa famille, ses amis, ses femmes, ou à la société. Mais non, trop facile, c’est Houellebecq : « Contrairement à Rousseau, je ne pouvais pas non plus dire que j’avais été « proscrit de la société des hommes par un accord unanime » ; les hommes ne s’étaient nullement ligués contre moi ; il y avait eu simplement qu’il n’y avait rien eu, que mon adhérence au monde, d’entrée de jeu limitée, était peu à peu devenue nulle, jusqu’à ce plus rien ne puisse interrompre le glissement. »

Mais son dernier livre, c’est aussi, encore davantage que les précédents, la description acide et souvent désopilante — pendant ma lecture, j’ai souri un nombre de fois que je n’ai pas pu compter et, croyez-moi, j’ai véritablement éclaté de rire deux ou trois fois, y compris une dans l’autobus 27 — de la société de ce début de millénaire, le millénaire de trop comme dit le narrateur.

La nonchalance définitive et provocante avec laquelle il écrabouille Niort, « une des villes les plus laides qu’il m’ait été donné de voir « , ridiculise le quartier parisien de la Butte aux Cailles, « un monde de crêperies militantes et de bars alternatifs entrecoupés de magasins bio-équitables« , se demande comment un Hollandais pourrait être xénophobe, « il y a déjà contradiction dans les termes, la Hollande n’est pas un pays c’est tout au plus une entreprise« , abomine Paris tout entier « cette ville infestée de bourgeois écoresponsables« , est jubilatoire, dans la manière que l’on connait et que l’on aime, sans quoi on ne serait pas un lecteur de Houellebecq.

Mais ce bouquin désespéré n’est pas qu’un pur sanglot. Ce n’est pas non plus qu’une critique libérée de notre société ridicule de transparence sociétale et obsédée de correction politique. J’y ai aussi trouvé la relation poignante de deux amours qu’a connus le narrateur. Les scènes de bonheur y sont contagieuses et les scènes de séparation à la fois banales et terribles. Vous y verrez aussi une très belle et très tragique histoire d’amitié.

Quand, à quelques lignes de la fin, le narrateur dit : « J’aurais pu rendre une femme heureuse. Enfin, deux ; j’ai dit lesquelles. Tout était clair, extrêmement clair, dès le début ; mais nous n’en avons pas tenu compte. Avons-nous cédé à des illusions de liberté individuelle, de vie ouverte, d’infini des possibles ? Cela se peut, ces idées étaient dans l’esprit du temps ; nous ne les avons pas formalisées, nous n’en avions pas le goût ; nous nous sommes contentés de nous y conformer, de nous laisser détruire par elles ; et puis, très longuement, d’en souffrir.« , moi, ça m’émeut. Aux larmes. C’est bête, hein ?

Post-Scriptum : Dans son intervention au Masque et la Plume, Michel Crépu, rédacteur en chef de la N.R.F., a dit à propos de Sérotonine à peu près ce qui suit : « …Houellebecq sait qu’il est le patron. C’est lui qui dit l’esprit du temps, c’est lui qui l’écrit et c’est fait d’une façon absolument « nickel ». On a l’impression d’être assis à l’arrière d’une Rolls qui vous conduit sur la route du réalisme métaphysique tel que Houellebecq l’a inventé et imposé comme une espèce de référence herméneutique absolument incontournable pour comprendre son époque. C’est extrêmement impressionnant… » 

Post-Post-Scriptum : Si vous n’avez toujours pas lu « Soumission », vous pouvez toujours aller lire la Critique aisée n°48 que j’en avais faite sous le titre « T’as vu la gueule de Houellebecq ?«  en cliquant là-dessus.

  • POUR DEMAIN ET APRES 
  • Demain, 8 h 47 min Biscayne bay
  • 22 Fév, 8 h 47 min Variations de tension
  • 23 Fév, 8 h 47 min Passagère
  • 24 Fév, 8 h 47 min Cyrano de Bergerac – Critique aisée n°152
  • 25 Fév, 8 h 47 min Malachite du Congo

Une intime conviction – Critique aisée n°150

Critique aisée n°150

Une intime conviction1
Antoine Raimbault-2019
Marina Foïs, Olivier Gourmet, Laurent Lucas

La femme de Jacques Viguier disparaît sans laisser de trace par un mauvais dimanche matin de l’année 2000. Son mari est soupçonné de l’avoir assassinée. En 2009, son procès à lieu, et il est acquitté. Quand le film commence, le procureur vient juste de faire appel de cet acquittement. Nora (Marina Foïs) a assisté au premier procès. Convaincue de l’innocence de Viguier et révoltée par l’appel du procureur, elle parvient à convaincre le déjà célèbre avocat Dupont-Moretti (Olivier Gourmet) d’assurer la défense de l’accusé, ce qu’il va faire avec l’aide efficace et acharnée de Nora.

Si vous voulez savoir si Viguier sera finalement condamné ou acquitté, ce n’est pas ici que vous trouverez la réponse. Il vous suffira de gougueuliser sur Procès Viguier — c’est une histoire vraie — ou de lire n’importe lequel de vos critiques habituels qui adorent gâcher le suspense juste pour faire les malins. De toute façon, et sauf pour Continuer la lecture de Une intime conviction – Critique aisée n°150 

La Mule – Critique aisée n° 149

Critique aisée n° 149

La Mule
Clint Eastwood -2018
 Clint Eastwood, Michael Peña, Bradley Cooper 

Si vous avez eu l’occasion de lire quelques critiques du dernier film de Clint Eastwood, vous savez déjà que c’est un film testament. C’est une belle expression un film testament. C’est le genre de truc qu’un critique adore placer en sous-titre de son article. Et pour une fois, je ne vais pas me moquer de ce cliché, parce que je suis d’accord : La Mule, c’est un film testament.

Clint Eastwood est né en 1930 ; il a fait l’acteur dans plus de quatre-vingt films ; il en a réalisé trente-huit, dont beaucoup Continuer la lecture de La Mule – Critique aisée n° 149