Archives pour la catégorie Citations & Morceaux choisis

Princesse palatine : 7- Il vaut mieux être bon que méchant, mais…

Si vous ne savez plus très bien qui était la princesse palatine (1) , reportez-vous à la note de bas de page. Sinon, lisez directement cet extrait de sa correspondance.

11 septembre 1721
Paris

Il est très-vrai qu’il vaut mieux être bon que méchant ; mais la justice consiste aussi bien à punir qu’à récompenser, et il est sûr que celui qui ne se fait pas redouter des Français a bientôt sujet de les craindre, car ils méprisent bientôt celui qui ne les intimide pas ; voilà pourquoi je voudrais que mon fils (2) ne fût pas aussi bon qu’il l’est.

Notes

1-Lorsqu’elle arrive d’Allemagne à la Cour de Louis XIV en 1672 en tant qu’épouse du frère du Roi, Elisabeth-Charlotte du Palatinat a 20 ans. Par son mariage, cette princesse palatine devient Madame, duchesse d’Orléans. Voici le portrait qu’en faisait Saint-Simon :

« Madame tenait beaucoup plus de l’homme que de la femme ; elle était forte, courageuse, Allemande au dernier point, franche, droite, bonne, bienfaisante, noble et grande en toutes ses manières ; petite au dernier point sur tout ce qui regardait ce qui lui était dû : elle était sauvage, toujours enfermée à écrire, dure, rude, se prenant aisément d’aversion ; nulle complaisance, nul tour dans l’esprit, quoiqu’elle ne manquât pas d’esprit ; la figure et le rustre d’un Suisse; capable avec cela, d’une amitié tendre et inviolable. »

2-Le fils de la princesse est le duc d’Orléans, régent depuis la mort de Louis XIV

ET DEMAIN, ON APPELLE ÇA DES COMMODITÉS

Marseille au bon vieux temps

Acerbat eum ab inlecebris peccantium praeter ipsius bonam integramque naturam, quod statim paruulus sedem ac magistram studiorum Massiliam habuit, locum Gracca comitate et prouinciali parsimonia mixtum ac bene compositum.

Cornelii Tacitii – De vita Iulii Agricolae

Pour ceux qui ont vendu leur Gaffiot, voici la traduction :

Il était préservé des séductions du vice par son naturel foncièrement bon et pur, mais aussi par le fait qu’il eut, dès son premier âge, pour résidence et pour institutrice, Marseille, endroit qui allie, dans une heureuse harmonie, la politesse grecque et la simplicité provinciale.

Tacite – Vie d’Agricola- Livre IV

ET CE SOIR UNE DERNIERE HEURE : LA FLORIDE A VOTÉ

MAIS DEMAIN, VOUS REPRENDREZ BIEN UN PEU DE PHILO ? OU PRÉFÉREZ-VOUS UN PEU DE MYTHOLOGIE ? 

Instinct et Liberté ou un peu de philo ça peut pas faire de mal (1)

Morceau choisi

Je ne vois dans tout animal qu’une machine ingénieuse, à qui la nature a donné des sens pour se remonter elle-même, et pour se garantir, jusqu’à un certain point, de tout ce qui tend à la détruire, ou à la déranger. J’aperçois précisément les mêmes choses dans la machine humaine, avec cette différence que la nature seule fait tout dans les opérations de la bête, au lieu que l’homme concourt aux siennes, en qualité d’agent libre. L’un choisit ou rejette par instinct, et l’autre par un acte de liberté ; ce qui fait que la bête ne peut s’écarter de la règle qui lui est prescrite, même quand il lui serait avantageux de le faire, et que l’homme s’en écarte souvent à son préjudice. C’est ainsi qu’un pigeon mourrait de faim près d’un bassin rempli des meilleures viandes, et un chat sur des tas de fruits, ou de grain, quoique l’un et l’autre pût très bien se nourrir de l’aliment qu’il dédaigne, s’il s’était avisé d’en essayer. C’est ainsi que les hommes dissolus se livrent à des excès, qui leur causent la fièvre et la mort ; parce que l’esprit déprave les sens, et que la volonté parle encore, quand la nature se tait.

Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité entre les hommes.

ET DEMAIN, LES PETITES PHRASES

 

La phrase de Proust

Si vous voulez savoir ce que je pense de Marcel Proust, allez lire ma critique « Ne lisez jamais Proust !« 

Mais  si vous voulez savoir ce que Paul Morand pensait de la longue phrase caractéristique du petit Marcel, lisez ce qui suit:

« Cette phrase chantante, argutieuse, raisonneuse, répondant à des objections qu’on ne songerait pas à formuler, soulevant des difficultés imprévues, subtile dans ses déclics et ses chicanes, étourdissante dans ses parenthèses qui la soutiennent comme des ballons, vertigineuse par sa longueur, surprenante par son assurance cachée sous la déférence, et bien construite malgré son décousu, vous engaine dans un réseau d’incidents si emmêlés qu’on se serait laissé engourdir par sa musique si l’on avait été sollicité soudain par quelques pensées d’une profondeur inouïe ou d’un comique fulgurant. »

Si vous voulez un bel exemple de la phrase proustienne, cliquez sur Proust à longueur de phrase

Le Crapaud, la Tortue et le Canard

Morceau choisi
Le texte qui suit est la traduction non autorisée et bénévole de « The Toad, the Turtle, and the Duck », une petite fable de David Sedaris(*), extraite de « Squirrel Seeks Chipmunk, a modest bestiary »- 2010 – Little & Brown, publishers

 Le Crapaud, la Tortue et le Canard

La queue des réclamations commençait au bord du marais et s’étirait vers l’ouest, pour finir là où la tortue venait enfin d’arriver, au pied d’une souche de pin calcinée. Elle avait trouvé sa place derrière un crapaud à l’œil vitreux et entrepris un bâillement à se décrocher la mâchoire quand un canard se pointa et pris place derrière elle en grommelant « Quelle bande de crétins. »

La bouche encore ouverte, la tortue acquiesça de la tête.

« C’est la deuxième fois que je fais cette queue, vous pouvez croire ça ? », râla le canard. « D’abord, ils m’ont dit que je n’aurais pas besoin de pièce d’identité, et puis, après presque trois heures, voilà que cette casse-couilles de rate de rivière me dit ‘Je suis désolée, Monsieur, mais si vous n’avez aucun justificatif d’identité, je ne peux rien faire pour vous’.

« Alors, je fais : ‘Bordel de merde, pourquoi vous ne m’avez pas dit ça plus tôt ?’ Et elle me fait genre « Si vous ne pouvez pas rester poli, je crains de devoir vous demander de partir. ‘ »

La tortue gémit de sympathie, car quelque chose de semblable lui était déjà arrivé. « C’est un vieux truc », dit-elle. « Ils merdouillent, mais en fait, c’est de votre faute. »

« Je lui ai dit, ‘Vous voulez de la politesse, essayez donc de travailler pour une société qui ne fasse pas Continuer la lecture de Le Crapaud, la Tortue et le Canard 

Trinity Church cemetary

Cimetière de Trinity Church, 75 Broadway, New York

Here lies the body of Mr.WILLIAM BRADFORD
Printer who departed this Life May 23
1752 aged 92 years : He was born in
Leicestershire, in Old Elgland, in 1660
and came over to America in 1682 before
The City of Philadelphia was laid out : He
was Printer to this Government for upwards
of 50 years and being quite worn out
with Old age and labour, he left this
mortal State in the lively Hopes of a
blessed Immortality.
Reader, reflect how soon you’ll quit this Stage
You’ll find but few atain to such an Age
Life’s full of Pain. Lo her’s a Place of Rest.
Prepare to meet your GOD then you are blessed.
Here also lies the Body of Elizabeth Wife to
the said William Bradford who departed
this life July 8 1731 aged 68 years

Ici repose le corps de M.WILLIAM BRADFORD
Imprimeur qui a quitté cette vie le 23 Mai
1752 à l’âge de 92 ans : Il était né dans
le Leicestershire, en Vieille Angleterre, en 1660
et passé en Amérique en 1682 avant
que la Cité de Philadelphie soit fondée : Il
fut Imprimeur pour ce Gouvernement pendant plus
de 50 ans et étant tout à fait épuisé
par le grand Age et le travail, il a quitté cet
Etat mortel dans l’Espérance vivante d’une
Immortalité bénie.
Lecteur, pense que bientôt tu quitteras cet Etat
Tu trouveras que peu atteignent cet Age
La Vie est remplie de douleur. Regarde, voici un Endroit de Repos
Prépare-toi à rencontrer ton DIEU et tu seras béni.
Ici repose aussi le Corps d’Elizabeth Epouse
dudit William Bradford qui quitta
cette vie le 8 Juillet 1731 à l’âge de 68 Ans.

ET DEMAIN, LA FABLE, UN GENRE OUBLIÉ