Archives pour la catégorie Citations & Morceaux choisis

Remèdes de bonne sœur

Les remèdes de santé d’Hildegarde de Bingen :

ELOCUTION
Tenir dans le creux de sa main une pierre de calcédoine, la réchauffer de son haleine et la lécher avant le discours (et pendant si possible)

CHUTE DE CHEVEUX
Brûler de la paille de blé ou de seigle. Mélanger la cendre avec du saindoux. S’en frotter le crane tout entier et particulièrement les endroits où les cheveux commencent à tomber. Renouveler l’opération aussi souvent que possible en gardant la pommade aussi longtemps que possible sur le crâne.

Hildegarde de Bingen  1098 – 1179
Religieuse bénédictine mystique, compositrice et femme de lettres franconienne, saint de l’Église catholique du XIIème siècle.

ET DEMAIN, LES VELIBS, ÇA VA BOUGER 

Dernières lignes, derniers regrets

.         (…) Ne sommes-nous pas tous semblables, parlant sans trêve et à personne, confrontés toujours aux mêmes questions bien que nous connaissions d’avance les réponses ? Alors, racontez-moi, je vous prie, ce qui vous est arrivé un soir sur les quais de la Seine et comment vous avez réussi à ne jamais risquer votre vie. Prononcez vous-même les mots qui, depuis des années, n’ont cessé de retentir dans mes nuits, et que je dirai enfin par votre bouche : « O jeune fille, jette-toi encore dans l’eau pour que j’aie une seconde chance de nous sauver tous les deux !  » Une seconde fois, hein, quelle imprudence ! Supposez, cher maître, qu’on nous prenne au mot ? Il faudrait s’exécuter. Brrr… ! l’eau est si froide ! Mais rassurons-nous ! Il est trop tard, maintenant, il sera toujours trop tard. Heureusement !

FIN

Albert Camus – La chute

ET DEMAIN, LES PREMIERS PORTRAITS DE LORENZO DELL’ACQUA

Olé !

Morceau choisi

Une fois, j’ai eu à passer quinze jours à l’hôtel Ritz à Madrid. Naturellement, j’étais au bar avant tout le monde. J’y étais presque seul, mais il y avait toujours un vieux con barbu aussi matinal que moi. On était tous les deux mais on ne se parlait pas. Un jour, deux toreros entrent, le saluent, l’embrassent. Ils m’appellent, je m’assois. On se présente. Qui était-ce ? Hemingway. On a passé la journée ensemble dans ce bar admirable. Les deux Espagnols nous ont invités à une corrida. « Rendez-vous demain, 10 heures, la voiture viendra vous prendre. » Muy bien. Le lendemain, j’arrive en retard, Hemingway aussi. Alors tous les deux, on a fait olé olé toute la journée dans le bar du Ritz.. On avait une cape. On attendait l’entrée du taureau mais il n’est pas venu.

Extrait d’une interview d’Antoine Blondin

 

ET DEMAIN, UN COLLAGE DE SEBASTIEN

Les bonnes manières

Un jeune Lord anglais rentre chez lui plus tôt que prévu. Ouvrant la porte du grand salon, il y trouve sa femme agenouillée devant l’un de ses amis. Elle est en train de lui faire ce que l’on désigne habituellement dans le monde par « une bonne manière ».

— Mais enfin , Madame ! Imaginez que ce soit quelqu’un d’autre que moi qui soit entré dans la pièce !

Retour sur le chaudron

Retour sur le Chaudron de Freud

C’est très curieux : depuis sa première parution le 25 septembre 2014, le « Chaudron de Freud » a été lu 434 fois. C’est, juste derrière « Walter Mitty, c’est moi » (513 lectures), le record absolu pour le JdC.
A la Rédaction du JdC, on se perd en conjecture sur la raison du succès de cette histoire on ne peut plus banale. On a tous entendu quelque chose de ce genre dit par l’un de nos enfants.

Est-ce l’auteur qui attire les foules ? Freud ? Quand on voit Freud écrit quelque part, on se précipite en espèrant toujours en découvrir sur le fonctionnement des êtres qui nous entourent ou sur le sien propre.

Est-ce le titre ? Le Chaudron de Freud …qu’est-ce que le petit barbu viennois peut bien entendre par là ?

Je le lui ai demandé et voici ce qu’il m’a dit : « Mon chaudron est un exemple remarquable d’un effet purement comique en laissant libre cours à un mode de pensée inconscient. C’est précisément cette suppression mutuelle [Einanderaufheben] de plusieurs pensées, dont chacune en elle-même est un bon motif, qui fait défaut dans l’inconscient« 

Je n’ai strictement rien compris, mais maintenant, grâce à Sigmund, je m’en fous, totalement !

Voici enfin Le Chaudron de Freud :

A emprunte un chaudron de cuivre à B.

Une fois qu’il l’a rendu, B fait traduire A en justice en l’accusant d’être responsable du gros trou qui se trouve maintenant dans le chaudron, et qui rend l’ustensile inutilisable.

A présente sa défense en ces termes :

-Primo, je n’ai jamais emprunté de chaudron à B
-Secundo, le chaudron avait déjà un trou lorsque B me l’a donné
-Tertio, j’ai rendu le chaudron en parfait état.

Freud  (Le Mot d’esprit et sa relation à l’inconscient)

ET DEMAIN, UN TABLEAU DE SEBASTIEN

L’écriture et la vie vécue

Il n’y a pas d’écriture qui vous laisse le temps de vivre. On ne peut pas faire l’économie de ça. Si vous faites l’économie de ça en faveur de la vie vécue, vous n’écrivez pas. On n’est personne dans la vie vécue, on est quelqu’un dans les livres. Plus on est quelqu’un dans les livres, moins on est dans la vie vécue.

Marguerite Duras – Interview

ET DEMAIN, RETOUR AU THÉÂTRE…

Un despotisme tempéré

En 1762, le tsar Pierre III de Russie est assassiné sur ordre de son épouse Catherine II par Alexei Orlov, le frère de son amant. Elle régnera ensuite sur la Russie pendant 34 ans.

A propos de cet assassinat, Madame de Staël écrivit cet aphorisme qui me comble par son sens de l’humour et de l’actualité :

 La Russie est un despotisme tempéré par la strangulation 

Madame de Staël, écrivain, philosophe, 1766-1817

Remarque : plus ça  change et plus c’est la même chose

ET DEMAIN, LE JARDIN DE DOLORES