Archives pour la catégorie Citations & Morceaux choisis

Dieu existe-t-il ?

Question : Pourquoi craignons-nous tant l’intelligence artificielle ? Nous pouvons débrancher les ordinateurs si nous le souhaitons.

Réponse : On a demandé à l’ordinateur : « Dieu existe-t-il ? »
Il a répondu : « Maintenant, oui », et a disjoncté.

Stephen Hawking – Brèves réponses aux grandes questions – Odile Jacob – 2018

Stephen Hawking (1942 – 2018)
-enterré à l’Abbaye de Westminster entre Newton et Darwin
-atteint de la maladie de Charcot, incapable de se déplacer et de parler
-physicien théoricien et cosmologiste britannique
-professeur de mathématiques à l’université de Cambridge
-a donné son nom au rayonnement des trous noirs
-auteur d’un best seller de vulgarisation : « Une brève histoire du temps »
-fréquente guest star de la série  « The Big Bang Theory »
-etc., etc.

ET DEMAIN

  • 19 Fév,  Tableau 242
  • 20 Fév,  Sérotonine – Critique aisée n°151
  • 21 Fév,  Biscayne bay

Déréalisation

C’était au reste un de ces hommes qui aiment assister à leur propre vie, considérant comme déplacée toute ambition de la vivre.

Alessandro Barrico – Soie – 1995

  • ET POUR CE QUI EST DE LA SUITE
  • 13 Fév,      Bob Trump, une vie américaine
  • 14 Fév,      Les cartoons de James Thurber – 2
  • 15 Fév,      La Mule – Critique aisée n° 149
  • 16 Fév,      Miami (2) : Lifeguard tower

Pour qui n’a plus ni curiosité ni ambition

Un port est un séjour charmant pour une âme fatiguée des luttes de la vie. L’ampleur du ciel, l’architecture mobile des nuages, les colorations changeantes de la mer, le scintillement des phares sont un prisme merveilleux propre à amuser les yeux sans les lasser.

Les formes élancées des navires, aux gréements compliqués, auxquels la houle imprime des oscillations harmonieuses, servent à entretenir dans l’âme le gout du rythme et de la beauté. Et puis surtout, il y a une sorte de plaisir mystérieux et aristocratique pour celui qui n’a plus ni curiosité ni ambition, à contempler, couché dans le belvédère, ou accoudé sur le môle, tous ces mouvements de ceux qui partent et de ceux qui reviennent, de ceux qui ont encore la force de vouloir, le désir de voyager ou de s’enrichir.

Baudelaire – Le port – Le spleen de Paris
Photographie : la statue de Charles Baudelaire dans les Jardins du Luxembourg

Presque sur le même thème, vous pouvez toujours CLIQUER ICI pour revoir cet article « Suave mari magno… »

Le livre de l’Éthiopien – 4 

Ah ! l’Éthiopien et son livre ! Vous vous souvenez de ma première rencontre avec lui ? Non ?

Alors cliquez ici !

Hé bien, il faut que je vous dise que, quelques jours plus tard, je l’ai revu, mon Éthiopien. Il officiait au même endroit, près de son banc et de ses livres à un euro. Il me dit tout de suite que le prix avait changé : deux euros.

—Et pourquoi, demandai-je ?

—Parce que les livres sont plus gros, me dit-il sans y croire.

Il avait aussi changé de tenue : il portait maintenant une Continuer la lecture de Le livre de l’Éthiopien – 4  

Lorem ipsum

En cette matinée de veille de jour de l’an, voici un morceau choisi des plus célèbres qui vous donnera à réfléchir pour l’année à venir. 

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Le livre de l’Éthiopien – 3

De temps en temps, je parcours le Livre de l’Éthiopien. (Si vous ne savez plus ce que c’est que ce livre ni comment j’en suis devenu propriétaire, cliquez ICI. ) Hier, je suis tombé sur Clément Marot (1496-1584) et j’y suis resté une bonne heure. Je crois me souvenir que dans mes jeunes classes, Marot attirait pas mal de sympathie parmi les élèves, contrairement à du Bellay, je l’ai déjà dit, ou à Malherbe. Devait-il cette attirance à son style plein de charme, de légèreté et d’humour ou à sa bonne bouille ? À votre avis ? 

Je vous aurais bien recopié l’épitre où il raconte à François 1er comment il a été volé par son valet — je vous le recommande — mais c’était un peu long pour vos esprits zappeurs. Alors, voici quelque chose de différent,  de court et de nostalgique comme je les aime, que Marot adressa à un ami qui regrettait sa jeunesse. C’est tout à fait ce qu’il vous fallait ce matin.

Pourquoy voulez vous tant durer
Ou renaistre en fleurissant âge,
Pour pécher et pour endurer ?
Y trouvez-vous tant d’avantages ?
Certes, celuy n’est pas bien sage,
Qui quiert deux foys estre frappé,
Et veult repasser un passage
Dont il est à peine eschappé.

 

ET DEMAIN, UN TABLEAU; LE DERNIER DE L’ANNÉE

La tartine de Daniel

Morceau choisi

Si vous avez lu mon article du 9 décembre dernier, ou si vous êtres très cultivé — faut-il préciser que l’un n’empêche pas l’autre ? — vous savez qui était Ernest Feydeau, archéologue, écrivain et courtier en bourse. En décembre 1858, Ernest soumit à son ami Flaubert le manuscrit de son deuxième roman, Daniel. Voici les extraits de deux lettres que Gustave envoya à Ernest pour lui faire part de son avis et de ses conseils.

Deux lettres de Flaubert à Ernest Feydeau (extraits)

26 décembre 1858
J’ai déjà lu deux cents pages du Daniel. J’aurai fini la lecture complète ce soir. J’en pense beaucoup de bien. Mais je suis révolté très souvent par les redites et les négligences de style qui sont nombreuses. Quel sauvage tu fais ! A côté de choses superbes tu me fourres des vulgarités impardonnables. (…)

28 décembre 1858
Voici l’aurore. Depuis vingt heures je suis sur Continuer la lecture de La tartine de Daniel 

Lettre à Ernest Feydeau

Ernest Feydeau. Vous ne connaissez pas Ernest Feydeau ? Mais vous connaissez son fils, certainement ? Voyons ! Georges ! Georges Feydeau ! Le fil à la patte ! Ah, quand même !
Eh bien, Ernest Feydeau était le père de Georges. Enfin, peut-être, parce que certains disent — ou plutôt disaient, car aujourd’hui, tout le monde s’en fout — que le véritable père du véritable père du vaudeville était le Duc de Morny, ou peut-être même Louis-Napoléon Bonaparte.

Selon Wikipedia, Ernest était « archéologue, écrivain et courtier en bourse ». L’éclectisme des gens de cette époque me surprendra toujours… archéologue et courtier en bourse !
Ernest Feydeau a vécu de 1821 à 1873 alors que son ami Flaubert, de 1821 à 1880. Il fallait se dépêcher d’écrire à cette époque, car le temps était court.

Bref, Ernest et Gustave étaient amis et, comme chacun sait, Flaubert écrivait beaucoup (et bien). Voici un extrait d’une lettre de l’été 1857 dans laquelle il avoue à son ami que la littérature l’embête et que Continuer la lecture de Lettre à Ernest Feydeau 

Le livre de l’Éthiopien – 2

Il n’y a pas si longtemps, je vous ai raconté comment le Livre de l’Éthiopien m’était tombé entre les mains. Si vous avez raté cet épisode essentiel de ma vie intellectuelle, vous pouvez toujours CLIQUER ICI pour le retrouver. A cette occasion je vous avais parlé de Rutebeuf, ce poète oublié de tous sauf de Léo Ferré. Aujourd’hui, j’aimerais vous parler de du Bellay.

A l’école, je n’aimais pas du Bellay. Je l’avais toujours considéré comme un raseur de première, alors que Ronsard, non. Pourtant, chez les célèbres duettistes Lagarde et Michard, Ronsard et du Bellay étaient toujours associés, comme Bouvard à Pécuchet et Roux à Combaluzier. Mais le « Mignonne, allons voir si la rose..; » de Ronsard avait, par son côté dragueur coquin, quelque chose de plaisant pour les adolescents rigolards et frustrés que nous étions, alors que Continuer la lecture de Le livre de l’Éthiopien – 2