Archives pour la catégorie Citations & Morceaux choisis

Paradis fiscaux

Entendu sur La Chaine Parlementaire d’un membre de la Commission des Affaires Européennes, s’adressant à Pierre Moscovici, Commissaire européen aux Affaires économiques et financières, à la Fiscalité et à l’Union douanière. 

Il n’y aurait pas autant de paradis fiscaux s’il n’y avait pas autant d’enfers fiscaux.

Bientôt publié

17 Août, Le Donald et la Bourse

18 Août,  Tableau 265
19 Août,  Retour au Comptoir

De la tranquillité de l’âme

Morceau choisi
Extrait des Dialogues de Sénèque
«  De la tranquillité de l’âme « 

SÉNÈQUE :
…Aussi faut-il nous appliquer à ne pas trouver haïssables, mais risibles, les vices des humains, et à imiter Démocrite plutôt qu’Héraclite : celui-ci ne pouvait paraître en public sans pleurer, l’autre sans rire ; l’un ne voyait que misère dans toutes les actions des hommes, l’autre que sottise. Prenons donc toutes choses légèrement et supportons-les avec bonne humeur : il est bien plus conforme à la  Continuer la lecture de De la tranquillité de l’âme 

Sans nouvelles de Gurb – Critique aisée n°165

Journal des Coutheillas, numéro 2075 !
Vous êtes sûr ?
Certain ! 

Critique aisée n°165

Sans nouvelles de Gurb.
Eduardo Mendoza -1990
Roman traduit de l’espagnol par François Maspero
125 pages- 6,50 €
Disponible à la FNAC avec 5% de réduction en cas de retrait en magasin !

Eduardo Mendoza est un écrivain espagnol. Né en 1943, il est, m’as-t-on dit (en fait, on c’est Wikipédia, le viatique de l’homme cultivé), considéré comme l’écrivain le plus représentatif de sa génération. Il a remporté le prix Cervantès en 2016.

Je suis tombé par hasard sur cet étrange petit bouquin en cherchant à retrouver dans ma bibliothèque le seul roman vraiment comique de Marcel Proust, « Mon narrateur chez les riches« , qui m’avait fait tant rire quand j’étais rempailleur de chaises au Moyen Tibesti.

Le thème est le suivant : un vaisseau spatial venu d’ailleurs se pose dans la région de Barcelone. À bord, deux aliens, le commandant et son adjoint, Gurb. Il est important de savoir que ces deux-là sont des êtres incorporels. Bon. Gurb est envoyé en reconnaissance par son chef qui, après consultation du Catalogue Astral Indicatif des Formes Terrestres Assimilables, choisit pour lui la forme de Madonna. Au bout de quelques heures, Gurb n’est pas Continuer la lecture de Sans nouvelles de Gurb – Critique aisée n°165 

Réseaux sociaux

Morceau choisi

 Voici les premières lignes de la préface de Bret Easton Ellis pour son dernier livre, « WHITE ». J’aurais pu les écrire.

Quelque part au cours de ces dernières années — et je ne peux pas définir quand exactement — une irritation vague, mais presque insurmontable, irrationnelle, a commencé à me démanger, peut-être une douzaine de fois par jour. Cette irritation concernait des choses apparemment mineures, vraiment, bien en dehors de mon domaine de référence, au point que j’étais surpris par le fait d’avoir à respirer à fond pour anéantir cette frustration et ce dégout entièrement provoqués par la stupidité des gens : adultes, connaissances et inconnus sur les réseaux sociaux qui toujours présentaient leurs opinions et leur jugements inconsidérés, leurs préoccupations insensées, avec la certitude inébranlable d’avoir raison. Une attitude toxique semblait émaner de chaque post ou commentaire, ou tweet, qu’elle ait été réellement présente ou pas. (…)

WHITE- Bret Easton Ellis – 2019 – Robert Laffont – 290 pages – 21,50€

JdC : n°2071

Un gentleman

Quand je ne sais plus trop quoi écrire, quand par exemple je me trouve en panne d’inspiration à la terrasse de la Contrescarpe, juste en face de celle de Delmas — toujours fermée, celle-là, mais affichant une promesse de réouverture pour une date dépassée depuis plus d’un mois —, je lève les yeux de mon écran, (plus exactement de mon clavier, car je ne sais pas taper sans regarder les touches), je deviens pour un instant attentif à ce qui m’entoure et je réalise que la sono diffuse doucement cette chanson dans laquelle Jacques Dutronc affirmait qu’Arsène Lupin était le roi des voleurs pour ajouter « oui, mais c’est un gentleman« . Vous vous souvenez ?

Je n’ai rien de particulier à dire sur Arsène Lupin, sinon que le personnage  avait été très bien interprété par Robert Lamoureux dans deux ou trois films consacrés au gentleman-cambrioleur. Mais j’ai peut-être quelque chose à dire sur le « gentleman » tout court, en particulier parce que, ce matin, j’ai entendu Philippe Meyer attribuer à la sagesse populaire le dicton suivant :
« Un gentleman, c’est quelqu’un qui sait jouer de la cornemuse, mais qui s’en abstient.« ,
alors que nous devons cette définitive définition à Pierre Desproges.
En voilà un sujet de recherche : qu’est-ce qu’un gentleman ? Quelques minutes sur Google m’ont aussitôt renseigné.

Le Littré de 1880 nous dit que c’est un
 » titre que prend en Angleterre tout individu bien élevé« .

Wikipedia nous affirme que le gentleman
« se distingue notamment par son calme et son stoïcisme face aux maux qu’il ne peut éviter, ses bonnes manières et sa courtoisie envers tous ceux qu’il côtoie« .

Le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales pontifie en déclarant que c’est un
« Homme de parfaite éducation, qui fait preuve de réserve et de distinction dans ses manières ». 

Pour Auguste Nonyme,
« Un gentleman est un monsieur qui fait des choses qu’aucun gentleman ne devrait faire, mais qui les fait de la manière dont seul un gentleman pourrait les faire. »

Tandis que pour Michel Audiard,
“Un gentleman, c’est celui qui est capable de décrire Sophia Loren sans faire de geste.« 

Et pour Oscar Wilde,
“Un gentleman est quelqu’un qui ne blesse jamais les sentiments d’autrui sans le faire exprès.

Mais Marcel Achard précise que
“Le véritable gentleman est celui qui appelle toujours un chat un chat. Même lorsqu’il trébuche dessus et qu’il tombe.”

David Niven entre dans les détails en disant que :
« Un gentleman est un monsieur qui , lorsqu’il rencontre une femme entre deux âges, opte pour le moins vraisemblable. »

Alors qu’Alphonse Allais apporte une dernière touche :
“Un gentleman est un monsieur qui se sert d’une pince à sucre, même lorsqu’il est seul.”

Bientôt publié
Demain, Rencontres au musée – 1
Demain, Dernière heure : On a marché sur la Lune ; on marche sur la tête
21 Juil,  ANANAS, EXOCETS ET NOIX DE COCO !
22 Juil, Ah ! Les belles boutiques 37
23 Juil, Une vie bien remplie

Rature et littérature

Morceau choisi

La première qualité du style, c’est la clarté. (…)
Alcimadas a ce défaut. (…) Il ne se contente pas de dire la “sueur”, il ajoute : l’humide sueur. Il ne dit pas “les jeux de l’Isthme”, mais “la solennité des jeux de l’Isthme”. Dire “les lois” serait trop peu pour lui ; il ajoute : les lois, reines de états. (…) Jamais il ne dira “le chagrin”, mais : le triste chagrin de l’esprit. (…) S’il faut dire : il cacha telle chose sous des branches d’arbres ; il ajoute : sous des branches d’arbres de la forêt.
Aristote

L’art n’est pas d’aligner des mots, mais d’en enlever.
Paul Morand

La règle, c’est qu’il faut laisser refroidir son premier jet, jusqu’à ce que le texte vous en redevienne étranger. On reprend ensuite ses phrases ; on rature, on biffe, on allège, on résume, on essaye de concentrer sa pensée dans le moins de mots possibles. La page est-elle noire, recopiez-là, c’est l’essentiel. Une fois recopiée, elle vous paraîtra tout autre. […]   Recommencez le même travail.
Antoine Albalat

Où la pensée s’affermit, l’épithète se raréfie.
Maurice Chapelan

Vous avez compris ?
Si vous écrivez, soyez bref ! Mais sachez que ça prend un temps fou !

Bientôt publié

13 Juil, 7 h 47 min Echecs
14 Juil, 7 h 47 min BONJOUR, PHILIPPINES ! – 9 – RETOUR AU CHALET
15 Juil, 7 h 47 min Toutes les mêmes

Le beau nom grave de tristesse

« Sur ce sentiment inconnu dont l’ennui, la douceur m’obsèdent, j’hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse. C’est un sentiment si complet, si égoïste que j’en ai presque honte alors que la tristesse m’a toujours paru honorable. Je ne la connaissais pas, elle, mais l’ennui, le regret, plus rarement le remords. Aujourd’hui, quelque chose se replie sur moi comme une soie, énervante et douce, et me sépare des autres.

Cet été-là j’avais dix-sept ans et j’étais parfaitement heureuse. Les « autres » étaient mon père et Elsa, sa maîtresse. Il me faut tout de suite expliquer cette situation qui peut paraître fausse. Mon père avait quarante ans (…) »

En ce début d’été, replongez-vous de toute urgence dans ce roman écrit par une jeune fille de dix-sept ans, dans cette tragédie douce et sophistiquée, cette comédie grave et amère, ce style pur et clair, replongez-vous dans « Bonjour tristesse » dont vous venez de relire l’incipit.