Archives de catégorie : Citations & Morceaux choisis

Écrire : le pourquoi et le comment (3/3)

temps de lecture : 2 minutes

L’arrondissement de la phrase n’est rien, mais…

 Je crois que l’arrondissement de la phrase n’est rien. Mais que bien écrire est tout, parce que “bien écrire, c’est à la fois bien sentir, bien penser et bien dire” (Buffon). […] Enfin, je crois la Forme et le Fond deux subtilités, deux entités qui n’existent jamais l’une sans l’autre.
 Ce souci de la Beauté extérieure que vous me reprochez est pour moi une méthode. Quand je découvre une mauvaise assonance ou une répétition dans une de mes phrases, je suis sûr que je patauge dans le Faux ; à force de chercher, Continuer la lecture de Écrire : le pourquoi et le comment (3/3)

Écrire : le pourquoi et le comment (2/3)

temps de lecture : 2 minutes

Suis-je vraiment contraint d’écrire ?

Suis-je vraiment contraint d’écrire ? Creusez en vous-même vers la plus profonde réponse. Si cette réponse est affirmative, si vous pouvez faire front à une aussi grave question par un fort et simple : « Je dois », alors construisez votre vie selon cette nécessité. Votre vie, jusque dans son heure la plus indifférente, la plus vide, doit devenir signe et témoin d’une telle poussée. Alors, approchez de la nature. Essayez de dire, comme si vous étiez le premier homme, ce que vous voyez, ce que vous vivez, aimez, perdez.
Rainer Maria Rilke

…Et revenez toujours à la souffrance.
Lorsque vous susciterez chez les autres un mélange de pitié effrayée et de mépris, vous saurez que vous êtes sur la bonne voie. Vous pourrez commencer à écrire.
Michel Houellebecq

Il n’y a pas d’écriture qui vous laisse le temps de vivre. On ne peut pas faire Continuer la lecture de Écrire : le pourquoi et le comment (2/3)

Rendez-vous à cinq heures autour d’une coupe (1)

temps de lecture : 3 minutes

la page de 16h47 est ouverte…

Presque tout sur le champagne (1)

Il n’y a pas que du bon dans le passé et la nostalgie n’est pas toujours de mise. Prenez le champagne par exemple. Vous vous souvenez peut-être de ce temps, ou bien vous en avez entendu parler par quelque radoteur, où l’on ne servait ce vin effervescent qu’à la fin des repas de première communion et de mariage, le plus souvent dans des coupes et sous sa forme demi-sec, accompagné de ces horribles petits biscuits secs, allongés et couverts de sucre que l’on appelait boudoir. Eh bien, cette lamentable époque est révolue et depuis plus d’un demi-siècle, on ne boit plus de champagne dans les bonnes maisons qu’en apéritif, avantageusement accompagné de rondelles de saucisson, dépecées de préférence, et d’olives vertes dénoyautées. On notera également qu’on ne le sert plus qu’en flute ou en verre ballon ordinaire, ce qui permet d’en renverser beaucoup moins qu’en coupe. C’est aussi cela que l’on appelle le progrès.
Prenons donc le champagne et commençons par lui mettre une minuscule, ou alors appelons-le vin de Champagne. Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures autour d’une coupe (1)

Rendez-vous à cinq heures avec Monsieur le Duc

la page de 16h47 est ouverte…

 

Le duc de Guermantes va en soirée

Voici un extrait de A la recherche du temps perdu – Le côté de Guermantes – lu par Guillaume Gallienne.

Le narrateur est reçu par le duc de Guermantes qui est impatient de se rendre à une soirée. Deux évènements risquent d’empêcher ou de retarder le duc dans son projet : que s’achève l’agonie d’un cousin germain et qu’Oriane, la duchesse, ne soit trop retardée par la visite attendue de Charles Swann. 

Cette lecture dure presque une heure, mais rien ne vous oblige à l’écouter jusqu’au bout. 

Le premier quart d’heure est une démonstration éclatante de deux talents : celui du petit Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures avec Monsieur le Duc

Écrire : le pourquoi et le comment (1/3)

temps de lecture : 30 secondes

Écrivez. Et nous n’oublierons pas

J’écris parce que c’est la seule façon de pouvoir raconter une histoire sans être interrompu.
Jules Renard

 Élargissons la question, voulez-vous ? Pourquoi écrit-on ? Pourquoi un être censé se met-il à écrire ? Pourquoi se met-il à travailler comme un bénédictin, à raturer, à modifier, à biffer, à reprendre, à lire et à relire, à déchirer, à vérifier, à recoller ? Pourquoi se soumet-il volontairement à ces périodes de doute, de résignation, de désespoir même ? Pourquoi supporte-t-il d’en perdre l’appétit ? Pourquoi accepte-t-il de se remettre à fumer, à boire, ou pire ? Pourquoi ?
Pierre-André Mariotte

 Écrire, c’est dire : j’ai Continuer la lecture de Écrire : le pourquoi et le comment (1/3)

Rendez-vous à cinq heures avec Bardamu

la page de 16h47 est ouverte…

 

Voyage au bout de la nuit

“Voyager, c’est bien utile, ça fait travailler l’imagination. Tout le reste n’est que déceptions et fatigues. Notre voyage à nous est entièrement imaginaire. Voilà sa force.
Il va de la vie à la mort. Hommes, bêtes, villes et choses, tout est imaginé. C’est un roman, rien qu’une histoire fictive. Littré le dit, qui ne se trompe jamais.
Et puis d’abord tout le monde peut en faire autant. Il suffit de fermer les yeux.
C’est de l’autre côté de la vie.”

Ces quelques lignes figurent en exergue du Voyage au bout de la nuit.
Vous pourrez les entendre de la voix de Denis Podalydès, ainsi que tout le reste du texte du roman, simplement en cliquant sur le lien ci-dessous. Bien sûr, vous aurez le droit d’arrêter avant la fin, mais allez au moins jusqu’à la mort du Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures avec Bardamu

Rendez-vous à cinq heures avec Daniel Barenboim

la page de 16h47 est ouverte…

Clair de lune expliqué

Si après bientôt dix ans de Journal des Coutheillas, après plus de 3100 jours d’articles quotidiens, il me reste encore quelques secrets, le titre de mon morceau de piano classique préféré n’en est plus un. C’est bien sûr le « Clair de lune » de Claude Debussy.
Si vous cliquez ci-dessous, si vous parlez l’anglais, vous aurez une explication de ce Clair de lune par Daniel Barenboim

 

L’homme au mois d’août

Morceau choisi

(déja publié il y a 6 ans… Vialatte, on ne le republiera  jamais assez.)

A l’entrée d’une chronique consacrée à Georges Simenon, Alexandre Vialatte écrivait ceci (à déguster lentement, les yeux fermés, si possible ; si, si, c’est possible, il n’y a qu’à vous le faire lire par un ou une amie) :

L’homme, au mois d’août, s’évade de ses logements cubiques pour retrouver à la campagne les maisons inconfortables du bonheur. Un vieux lilas pousse dans le jardin, une guêpe bourdonne autour des roses, le vin rafraîchit à la cave, on s’assomme contre une poutre en montant au grenier. En revanche, on y trouve un Montesquieu complet, un Balzac en quarante volumes, trente ans de l’Illustration ou de la Revue des Deux Mondes, des livres de prix à tranches d’or aux pages tachées de mouillures jaunâtres dont l’odeur fait partie de l’histoire (l’histoire ne serait pas la même si le livre avait une autre odeur).