Archives pour la catégorie Citations & Morceaux choisis

Contrainte et littérature

Morceaux choisis

Contrainte et littérature

L’art est toujours le résultat d’une contrainte. Croire qu’il s’élève d’autant plus haut qu’il est plus libre, c’est croire que ce qui retient le cerf-volant de monter, c’est sa corde.
André Gide

Une idée ne vaut que par la forme et donner une forme à une vieille idée, c’est tout l’art.
Anatole France

Il y a un danger pour les jeunes gens. Ils trouvent en entrant dans la vie trop d’idées éparses autour d’eux, et leur vanité les porte aisément à croire qu’elles leur appartiennent alors qu’elles appartiennent à leur époque.
Léon Blum

Les verbes être et avoir sont, en français, des ennemis mortels du style concret, car ils ramènent toutes les pensées à des équations. […] Du reste, ces deux auxiliaires bâtissent toutes les phrases sur le même modèle. Ils encouragent l’inertie de l’esprit ; ils entraînent des pléthores d’adjectifs, des multiples d’adverbes. Il faut les fuir comme la peste. Il faut faire la guerre aux adjectifs et aux adverbes ; ce sont les preuves d’un esprit paresseux ou romantique. Il est rare, du reste, qu’un adjectif ne se puisse remplacer par un verbe.
Jean Dutourd

(Il faut)supprimer d’un texte tout ce que tout le monde connait déjà par le journal ou le cinéma, ce que tout le monde sait avant de le lire, le composer par conséquent de trous. Ce qui reste, c’est de la dentelle.
Alexandre Vialatte

Bientôt publié

28 Fév, 7 h 47 min Ah ! les belles boutiques – 40
29 Fév, 7 h 47 min – 1917 – Critique aisée n°200
1 Mar, 7 h 47 min Ah les belles boutiques n°41
2 Mar, 7 h 47 min Le Cas Richard Jewell – Critique aisée n°201

Moi, pareil !

Morceau choisi

Nathalie Sarraute s’installait chaque matin au Marceau, en bas de chez elle. « Je travaille toujours dans un café, expliquait-elle. J’ai besoin de sortir de chez moi. Là, je suis complètement isolé. Je n’ai rien pour me distraire. Le bruit du café et la présence de gens qui me sont étrangers me créent la possibilité de me concentrer qui est beaucoup plus grande que seul chez moi. »

Cité par Didier Blonde dans un charmant petit bouquin édité au Mercure de France : « Cafés, etc. »

Vous pouvez consulter vos droits et connaître la composition du JdC  en ouvrant la page « MENTIONS LÉGALES« .
(La Rédaction)

La ville debout

Vous l’avez peut-être remarqué : ce n’est pas la première fois que j’utilise cette photo. Prise  il y a six ou sept ans du ferry-boat qui relie Staten Island à Manhattan, on y voit par dessus quelques têtes anonymes se profiler le skyline du quartier des affaires de New York par un matin gris. La sourde angoisse mêlée de promesse qui selon moi diffuse de cette photo me l’avait fait choisir pour illustrer un texte que j’ai publié ici récemment : Les Immigrants.

J’ai fait la connaissance de ce ferry lors mon premier voyage en Amérique. C’était en 1962, en juillet. À l’arrivée, je n’avais rien vu de Manhattan, ni même de New York. Trop pressé sans doute de commencer mon aventure, au sortir de l’aéroport d’Idlewild avec quelques coéquipiers éphémères, j’avais pris immédiatement un bus qui m’avait amené directement dans le New Jersey, là où commençait l’autoroute qui menait vers Continuer la lecture de La ville debout 

Simenon, l’homme sans style

Morceau choisi

Georges Simenon est mort il y a trente et un ans à l’âge de 83 ans. Il fut un écrivain d’une prolixité et d’une diversité exceptionnelle : cent quatre-vingt-treize romans, cent cinquante-huit nouvelles, plusieurs œuvres autobiographiques et de nombreux articles et reportages publiés sous son propre nom, cent soixante-seize romans, des dizaines de nouvelles, contes galants et articles parus sous vingt-sept pseudonymes (source: Wikipédia).
Voici ce qu’Alexandre Vialatte écrivait sur le style de Simenon, l’homme sans style :

Simenon est un cas dans la littérature. C’est même un de ses monstres sacrés, bien que la chose lui fasse de la peine. Or, la littérature commence, et même finit, au style. À la façon dont on raconte, non à la chose qui est racontée. Lisez Chardonne, ou Paul Morand ou Saint-Simon. Pas une phrase d’eux qui ne soit signée. On ne confond pas. Lisez une phrase de Simenon ; elle pourrait être de tout le monde. De tout le monde et de n’importe qui (à condition que n’importe qui n’imite personne). Et c’est quand même un très grand écrivain. Ce problème m’a toujours troublé. Voilà un homme qui a Continuer la lecture de Simenon, l’homme sans style 

Caïus est mortel

Morceau choisi

Ivan Ilitch se voyait mourir et était désespéré́. Au fond de son âme, il savait qu’il allait mourir, et, non seulement il ne pouvait se faire à cette idée, mais il ne comprenait pas et ne pouvait comprendre.

Il avait appris dans le traité de Logique de Kizeveter cet exemple de syllogisme : « Caïus est un homme ; tous les hommes sont mortels ; donc Caïus est mortel. » Ce raisonnement lui paraissait tout à fait juste quand il s’agissait de Caïus mais non quand il s’agissait de lui-même. Il était question de Caïus, ou de l’homme en général, et alors c’était naturel, mais lui, il n’était ni Caïus, ni l’homme en général, il était Continuer la lecture de Caïus est mortel 

L’anarchiste

Morceau choisi

Terrible texte que celui-ci, très incorrect politiquement parlant. 

Lorsque l’anarchiste comme porte-parole des couches sociales en décadence réclame dans une belle indignation le droit, la justice, des droits égaux, il se trouve sous la pression de sa propre inculture qui ne sait pas comprendre pourquoi au fond il souffre, en quoi il est pauvre en vie. Il y a en lui un instinct de causalité qui le pousse à raisonner : il faut que ce soit la faute de quelqu’un s’il se trouve mal à l’aise. Cette belle indignation lui fait déjà du bien par elle-même. C’est un vrai plaisir pour ce pauvre diable que de pouvoir injurier. Il trouve une petite ivresse de puissance. Déjà la plainte, rien que le fait de se plaindre peut donner à la vie un attrait qui la fait supporter : dans toute plainte il y a une dose raffinée de vengeance, on reproche son malaise, dans certains cas même sa bassesse, comme une injustice, comme un privilège inique, à ceux qui se trouvent dans d’autres conditions.  » Puisque je suis une canaille tu devrais en être une aussi  » : c’est avec cette logique qu’on fait les révolutions.
Les doléances ne valent jamais rien : elles proviennent toujours de la faiblesse.

Nietzsche — Le Crépuscule des idoles ou Comment on philosophe avec un marteau.

Ne croyez pas que le monsieur ne s’attaque qu’aux anarchistes. Les chrétiens en prennent aussi pour leur grade, et sacrément même. 

 

 

Dieu a créé la guerre

God created war so that Americans would learn geography .

Mark Twain (1835 – 1910) 

Citation publiée dans l’excellente lettre d’info       TTSO     (Cliquez ici pour vous abonner)  à propos de ceci :

« 2 jours avant le raid US sur Soleimani, le (très bon) site américain Politico a réalisé une étudedemandant à un échantillon représentatif de 2 000 électeurs US de placer l’Iran sur une carte. Les résultats Continuer la lecture de Dieu a créé la guerre