Archives de catégorie : Textes

L’Homme qui aimait les femmes (suite) – Critique aisée n°208 bis

Le 11 novembre dernier, je publiai une “Critique aisée” du film de Truffaut “L’Homme qui aimait les femmes”. Vous pouvez la relire et accéder aux commentaires qu’elle a suscité en cliquant sur ce lien :

CRITIQUE AISÉE N°208

Critique aisée n°208 bis

Il y a plusieurs choses qui me gênent dans les d’épithètes injurieuses qui ont été lancées contre le réalisateur et son film dans les commentaires qui ont suivi cette critique.

Tout d’abord, je ne pense pas qu’il faille utiliser les mêmes critères pour porter des jugements sur des objets artistiques (romans, tableaux, films, par exemple) d’une part et sur des positions ou des actions politiques d’autre part.

En politique, il y a une éthique et chacun peut juger un objet politique en fonction d’une morale (la sienne forcément, dont, à l’instar de l’intelligence, chacun estime se trouver suffisamment pourvu) : telle action politique est moralement juste ou non (Je prie les cyniques de ne pas faire semblant de ne pas comprendre en reprenant Continuer la lecture de L’Homme qui aimait les femmes (suite) – Critique aisée n°208 bis

Le mécanisme d’Anticythère – Chapitre 5-2

 (…) Le cœur battant à tout rompre, persuadé de sa fin prochaine, ou tout au moins de son emprisonnement ou de son exil, Diodiros réunit ses serviteurs et leur donna des ordres pour gérer le négoce et tenir la maison en son absence qui, leur dit-il, pourrait être longue. Puis il se retira dans son antichambre pour tenter de se calmer un peu et de prier devant le petit autel qu’il y avait fait dresser en l’honneur d’Athéna, sa protectrice favorite. Lorsqu’une heure plus tard, la peur au ventre, il franchit sa porte, les quatre légionnaires virent apparaître un petit homme rond et rose, baigné de frais, habillé de propre, et tout de jovialité extérieure. 

Chapitre 5-2 – Caius Iulius César 
Automne 74

Arrivés à la Villa de César, les légionnaires confièrent le petit homme à un serviteur qui le mena jusqu’au tablinum où il le laissa sans dire un mot. La pièce, ouverte sur l’atrium, n’était meublée que d’une simple table et de deux banquettes en bois. La simplicité du mobilier tranchait avec la richesse des fresques qui recouvraient les trois murs et qui représentaient des scènes de chasse. Le silence n’était troublé que par le bruit de la petite fontaine qui rafraîchissait l’atrium. Diodiros n’osait pas s’assoir, ni même marcher. Il était là, immobile et angoissé depuis presque une heure, lorsqu’apparut un jeune homme pale à la haute stature. Il était vêtu Continuer la lecture de Le mécanisme d’Anticythère – Chapitre 5-2

Retour de Campagne (15) – La dame de Chez Lipp – Suite&Fin par Lariègeoise

Retour de Campagne (14)
13 novembre 20

Le jeu « Suite & Fin » récemment proposé ici-même consistait à produire un texte en continuation d’un texte proposé par le JdC et dont le titre était « La dame de Chez Lipp »
Voici la contribution de Lariègeoise. Le texte de départ est imprimé en bleu et le texte de Lariègeoise en noir, tout simplement.

La dame de Chez LIPP

Chez Lipp, dans l’angle Nord-Est de la première salle, juste sous le petit panneau cartonné suspendu à une patère qui « pour la tranquillité de la clientèle, demande aux utilisateurs de téléphones portables de renoncer à s’en servir à table », il y a une femme qui n’y a pas renoncé.

Elle est entrée, seule, brune et pâle, l’oreille collée au petit écran.  Au maitre d’hôtel qui l’a reçue comme une habituée, elle n’a pas adressé un regard. Par un imperceptible mouvement de la tête, elle a refusé les services de la demoiselle du vestiaire et, sans interrompre sa conversation, dans un mouvement compliqué accompli avec la dextérité que seule donne une grande habitude, elle s’est débarrassée de son imperméable. Elle l’a posé sur la banquette, noir, noir comme son sac, comme son tailleur, comme ses chaussures et s’est assise à côté tout en continuant à parler.

On ne l’a pas vue passer commande, mais, quand le garçon lui apporté tout d’abord une corbeille de pain, puis une bouteille d’eau minérale, puis son plat sans doute habituel, elle l’a accueilli d’un sourcil levé réprobateur sans interrompre sa conversation.

Elle n’a pas l’air content, la dame en noir. Les yeux dans le vague, parfois au ciel, elle alterne de brèves périodes d’écoute et de longs soliloques tout en pignochant comme à regret dans son assiette. À intervalles irréguliers, il semble que la communication s’interrompe. Alors, la dame éloigne son téléphone de son oreille, le considère d’un œil incrédule et, le visage devenu plus pâle encore sous la lueur blafarde de l’écran, elle compose un numéro d’un index furieux.

Sur ces mots, la femme en noir se dirigea vers les toilettes et sourit en enlevant sa perruque brune.

Elle retraversa la salle dans l’indifférence générale ; l’écrivain abasourdi recommanda un demi pour se donner une contenance.

Sitôt dans la rue, elle se félicita : ce rôle de garce insolente, elle l’avait joué à merveille ; quel dommage qu’elle ne puisse le faire figurer sur son book.

Peut être y aurait-il une suite,  mais ici elle serait grillée…

Elle reçut illico les compliments du ” bunker “

Là bas, la Folle de Paris exultait : elle les avait tous bernés, ils la croyaient morte (merci Dr R) le curare avait été bien dosé, et cette intermittente au chômage avait joué les Dati à la perfection….

Quand ils réaliseraient la supercherie, il serait trop tard : le CDGE ( RER express) serait une voie unique d accès à Paris réservée aux vélos, tandis que le périphérique serait réservé à la culture du quinoa.

Les récalcitrants âgés, qui auraient eu la chance d échapper au Covid, ne résisteraient pas à cette vague , peu à peu ils quitteraient Paris ….

Alors elle régnerait sur une foule lobotomisée, uniquement préoccupée du sort des insectes et de la réouverture des bars.

Le mécanisme d’Anticythère – Chapitre 5-1

Chapitre 5-1 – Caius Iulius César 
Automne 74 avant J.C.

Caius Iulius César vient d’avoir vingt-six ans. Engagé dans l’armée du préteur Marcus Thermus, le jeune patricien s’est très bien comporté pendant le siège de Mytilène. Aussitôt remarqué par le Sénat, il s’est vu confier la mission de rétablir des relations amicales entre Rome et le Royaume de Pergame.  Lorsqu’il y a une soixantaine d’années, le dernier roi de Pergame avait confié par testament sa ville et son royaume à l’administration de Rome, au début, les choses s’étaient plutôt bien passées : en échange de la protection de ses puissantes légions, Rome ne faisait qu’imposer un raisonnable tribut, payable en blé à raison de deux fois par an. La ville gardait ses coutumes, ses fêtes, ses dieux et ses notables. Mais, avec les années Continuer la lecture de Le mécanisme d’Anticythère – Chapitre 5-1

Retour de Campagne (14) – La dame de Chez Lipp – Suite &Fin par Bruno

Retour de Campagne (14)
12 novembre 20

Le jeu « Suite & Fin » récemment proposé ici-même consistait à produire un texte en continuation d’un texte proposé par le JdC et dont le titre était « La dame de Chez Lipp »
Voici la contribution de Bruno. Le texte de départ est imprimé en bleu et le texte de Bruno en noir, tout simplement.

La dame de Chez LIPP

Chez Lipp, dans l’angle Nord-Est de la première salle, juste sous le petit panneau cartonné suspendu à une patère qui « pour la tranquillité de la clientèle, demande aux utilisateurs de téléphones portables de renoncer à s’en servir à table », il y a une femme qui n’y a pas renoncé.

Elle est entrée, seule, brune et pâle, l’oreille collée au petit écran.  Au maitre d’hôtel qui l’a reçue comme une habituée, elle n’a pas adressé un regard. Par un imperceptible mouvement de la tête, elle a refusé les services de la demoiselle du vestiaire et, sans interrompre sa conversation, dans un mouvement compliqué accompli avec la dextérité que seule donne une grande habitude, elle s’est débarrassée de son imperméable. Elle l’a posé sur la banquette, noir, noir comme son sac, comme son tailleur, comme ses chaussures et s’est assise à côté tout en continuant à parler. Continuer la lecture de Retour de Campagne (14) – La dame de Chez Lipp – Suite &Fin par Bruno

Retour de Campagne (13) – La dame de Chez Lipp – Suite &Fin par Bételgeuse

Retour de Campagne (13)
11 novembre 20

Le jeu « Suite & Fin » récemment proposé ici-même consistait à produire un texte en continuation d’un texte proposé par le JdC et dont le titre était « La dame de Chez Lipp »
Voici la contribution de Bételgeuse. Le texte de départ est imprimé en bleu et le texte de Bételgeuse en noir, tout simplement.

La dame de Chez LIPP

Chez Lipp, dans l’angle Nord-Est de la première salle, juste sous le petit panneau cartonné suspendu à une patère qui « pour la tranquillité de la clientèle, demande aux utilisateurs de téléphones portables de renoncer à s’en servir à table », il y a une femme qui n’y a pas renoncé.

Elle est entrée, seule, brune et pâle, l’oreille collée au petit écran.  Au maitre d’hôtel qui l’a reçue comme une habituée, elle n’a pas adressé un regard. Par un imperceptible mouvement de la tête, elle a refusé les services de la demoiselle du vestiaire et, sans interrompre sa conversation, dans un mouvement compliqué accompli avec la dextérité que seule donne une grande habitude, elle s’est débarrassée de son imperméable. Elle l’a posé sur la banquette, noir, noir comme son sac, comme son tailleur, comme ses chaussures et s’est assise à côté tout en continuant à parler. Continuer la lecture de Retour de Campagne (13) – La dame de Chez Lipp – Suite &Fin par Bételgeuse

L’Homme qui aimait les femmes – Critique aisée n°208

Critique aisée n°208

L’Homme qui aimait les femmes 
Francois Truffaut – 1977 -Charles Denner

Truffaut, cinéaste nul !

En des termes vifs et quasiment comminatoires, un ami m’a demandé de faire une « critique honnête » de « L’Homme qui aimait les femmes », ce film de « cette ordure de Truffaut », film « nul à chier et dont le titre est déjà en soi insupportable », « nul sur le plan cinématographique et encore plus nul sur le plan moral » et pourtant défendu par Télérama alors qu’indéfendable car lamentable de machisme (sic, sic , resic et presque sic))

Je n’épiloguerai pas sur la précision apportée à la demande pour une critique “honnête”. Cette exigence de sincérité me rappelle cet extrait de dialogue :
— Voulez-vous que je vous parle franchement ?
— Parlez-moi donc comme d’habitude !

Ce film, je l’avais vu a sa sortie et j’en avais gardé, je crois, un bon souvenir. Mais pour faire une critique digne de ce nom, il faudrait que je le revoie et je n’en ai ni l’intention ni le temps, bien trop occupé que je suis avec les séries télévisées. Par contre, si mes lecteurs Continuer la lecture de L’Homme qui aimait les femmes – Critique aisée n°208

Retour de Campagne (12) – La dame de Chez Lipp – Suite &Fin par Jim

Retour de Campagne (12)
10 novembre 20

Le jeu « Suite & Fin » récemment proposé ici-même consistait à produire un texte en continuation d’un texte proposé par le JdC et dont le titre était « La dame de Chez Lipp »
Voici la contribution de Jim. Le texte de départ est imprimé en bleu et le texte de Jim en noir, tout simplement.

La dame de Chez LIPP

Chez Lipp, dans l’angle Nord-Est de la première salle, juste sous le petit panneau cartonné suspendu à une patère qui « pour la tranquillité de la clientèle, demande aux utilisateurs de téléphones portables de renoncer à s’en servir à table », il y a une femme qui n’y a pas renoncé.

Elle est entrée, seule, brune et pâle, l’oreille collée au petit écran.  Au maitre d’hôtel qui l’a reçue comme une habituée, elle n’a pas adressé un regard. Par un imperceptible mouvement de la tête, elle a refusé les services de la demoiselle du vestiaire et, sans interrompre sa conversation, dans un mouvement compliqué accompli avec la dextérité que seule donne une grande habitude, elle s’est débarrassée de son imperméable. Elle l’a posé sur la banquette, noir, noir comme son sac, comme son tailleur, comme ses chaussures et s’est assise à côté tout en continuant à parler. Continuer la lecture de Retour de Campagne (12) – La dame de Chez Lipp – Suite &Fin par Jim

Le mécanisme d’Anticythère – Chapitre 4

Chapitre 4 – Lucius Mummius
Septembre 146 avant JC

Sthennis de Corinthe erre dans la montagne. Lui, le principal forgeron et seul fondeur de la cité, propriétaire de l’une des plus belles maisons de la ville, descendant direct du grand sculpteur Sthennis d’Olynthe, petit-fils du créateur de l’atelier de Corinthe et ami d’Archimède, lui Sthennis le jeune, l’artisan aux mille inventions, il doit fuir dans la montagne.

Depuis quelques semaines, le bruit courait que les légions de Mummius se dirigeaient vers Corinthe.  Certains disaient que la ville allait être détruite, que les hommes seraient massacrés et les femmes et les enfants emmenés en esclavage. Mais lui, Sthennis, il n’y croyait pas. Il en était même venu à se disputer avec sa femme qui se lamentait en se tordant les mains d’angoisse et qui voulait partir. Il n’était pas question pour lui de tout abandonner à la moindre alerte. D’ailleurs, il était certain que, lorsque les armées romaines se présenteraient devant la ville, un compromis serait nécessairement trouvé et une rançon payée pour Continuer la lecture de Le mécanisme d’Anticythère – Chapitre 4

Retour de Campagne (11) – La dame de Chez Lipp-Suite &Fin par Guy

Retour de Campagne (11)
9 novembre 20

Le jeu « Suite & Fin » récemment proposé ici-même consistait à produire un texte en continuation d’un texte proposé par le JdC et dont le titre était « La dame de Chez Lipp »
Voici la contribution de Guy. Le texte de départ est imprimé en bleu et le texte de Guy en noir, tout simplement.

La dame de Chez LIPP

Chez Lipp, dans l’angle Nord-Est de la première salle, juste sous le petit panneau cartonné suspendu à une patère qui « pour la tranquillité de la clientèle, demande aux utilisateurs de téléphones portables de renoncer à s’en servir à table », il y a une femme qui n’y a pas renoncé.

Elle est entrée, seule, brune et pâle, l’oreille collée au petit écran.  Au maitre d’hôtel qui l’a reçue comme une habituée, elle n’a pas adressé un regard. Par un imperceptible mouvement de la tête, elle a refusé les services de la demoiselle du vestiaire et, sans interrompre sa conversation, dans un mouvement compliqué accompli avec la dextérité que seule donne une grande habitude, elle s’est débarrassée de son imperméable. Elle l’a posé sur la banquette, noir, noir comme son sac, comme son tailleur, Continuer la lecture de Retour de Campagne (11) – La dame de Chez Lipp-Suite &Fin par Guy