Archives pour la catégorie Textes

Un personnage de roman

Jean ! Jean est mort depuis longtemps. Comme il a beaucoup vécu en Afrique, dans les colonies comme on disait encore au début des années soixante, je ne l’ai pas vraiment connu. Mais vers la fin, vers sa fin, je l’ai fréquenté un peu plus. Je me suis fait une idée, incomplète, imprécise, fausse peut-être même, de sa personnalité. J’espère que ça ne va pas le déranger que je parle de lui ici. Mais, si par hasard il l’apprenait, je suis certain qu’il comprendrait ce que j’essaie de faire : reconstituer sa personnalité à partir d’images anciennes. Avec son humour, sa bonne humeur, sa générosité et l’affection dont je suis sûr qu’il me portait, il comprendrait.

Jean était grand. D’après les photos de famille, dans ses jeunes années, il était plutôt élancé. La maturité, les aventures et l’âge l’ont rendu à peine un peu plus lourd, juste un peu plus impressionnant.

Jean était grand et brun. Il portait le cheveu long, pas à la mode des années hippies, pas sur les épaules, non, long juste de quoi avoir une mèche sur le front.

Jean était grand, brun et beau garçon. C’est ce qu’on disait Continuer la lecture de Un personnage de roman 

Deux moi – Critique aisée n°174 

Critique aisée n°174    

Deux Moi
Cedric Klapisch – 2019
Ana Girardot, François Civil, François Berléand, Camille Cottin, Simon Abkarian, Eye Haidara

Cédric Klapisch a tourné 13 films. Sur les treize, je n’en ai vu que huit. Désolé, mais il n’y a pas que le cinoche dans la vie. Je crois bien que parmi les huit, il n’y en a pas un seul que je n’ai pas aimé. Souvenez-vous du « Péril Jeune », ce film à tout petit budget qui avait révélé Romain Duris et Vincent Elbaz et qui est devenu, paraît-il, un film culte de la génération née dans les années 60. Deux autres films avaient fait connaître Klapisch du grand public, et c’était bien sûr « Chacun cherche son chat » et « L’Auberge Espagnole ». Rien qu’à avec ces trois films, on pourrait Continuer la lecture de Deux moi – Critique aisée n°174  

Au Bar des Syndromes – Quatrième scène

—…

—…mais dans le même temps, ou disons immédiatement après, je me dis que ce n’est pas moi qui pense cela mais celui que j’observe. Vous voyez l’abîme ? Je pense qu’il pense que je pense qu’il pense… Et puis, je retombe dans le scepticisme précédent, et ainsi de suite… C’est très inconfortable, vous savez !

Effectivement, ça doit être pénible. Je suis vraiment désolé pour vous, sincèrement, et je vous présente mes excuses.

—Pourquoi ? Vous n’y êtes pour rien !

—Ne croyez pas cela. Non, on ne m’avait rien dit, j’ignorais tout ça.  Je suis vraiment navré. Mais je vais tout arranger. C’est l’affaire d’un instant. Laissez-moi passer quelques coups de fil…

SCENE IV 

—Mais qu’est-ce que vous racontez, nom de Dieu ? Des coups de fil ! À qui ? Où ?

—Mais, à mon bureau, là-haut, bien sûr !

—Votre bureau ? Là-haut ? Qu’est-ce que vous voulez dire, là-haut ?

Eh bien chez moi, enfin ! Là-haut ! Ah ! Vous ne saviez pas ? Bon, il va bien falloir que je vous explique. Alors voilà : au début, j’ai craint que vous ne soyez atteint de solipsisme, mais j’avais tort. C’est très étonnant, mais j’avais tort. À présent, j’ai tous les éléments pour diagnostiquer un véritable syndrome de dépersonnalisation. Mon vieux, vous souffrez de dépersonnalisation. C’est une déplorable erreur de mes services dont je suis confus et, encore une fois, je vous présente toutes mes excuses. Ah ! Heureusement que je vous ai rencontré tout à l’heure. Tout va s’arranger, vous aller voir. Ne bougez pas, je reviens avec le nécessaire.

— Quoi, le nécessaire ? Quel nécessaire ?

Ce sera pratiquement sans douleur, rassurez-vous

—Comment ça, pratiquement sans douleur ? Comment ça, pratiquement sans Continuer la lecture de Au Bar des Syndromes – Quatrième scène 

Au Bar des Syndromes – Troisième scène

—…

— Pourtant, celui que vous observez, il mourra un jour.

— C’est très vraisemblable.

— Que deviendrez-vous alors ? Vous mourrez en même temps ?

— Je viens de vous le dire : je n’ai pas d’existence matérielle. Je suis une sorte de concept, d’idée. Je ne peux pas mourir.

— Pourtant, là, si je vous enfonce ce couteau dans le cœur, là, tout de suite, vous allez mourir, non ?

— Ce n’est pas moi qui mourrai, c’est l’autre, celui que j’observe. Je vous l’ai dit : moi, je ne peux pas mourir.

— Mourir peut-être pas, mais disparaitre, comme ça, poufff !, comme une idée, comme une pensée ? 

SCENE III

— Je n’y avais jamais pensé. Mais, non. Je crois plutôt que si celui que vous appelez moi venait à mourir, je m’intéresserais aussitôt à quelqu’un d’autre.

— Une métempsycose en quelque sorte ? Attention, ça pourrait vous amener à devenir le voyeur d’un chat, ou mieux, celui d’un cafard. Pas marrant, ça, d’observer un cafard pour le restant de ses jours ! Remarquez, ce qui est bien, c’est qu’un cafard, ça ne vit pas très longtemps.

— Ne plaisantez donc pas tout le temps. Ce n’est pas à la métempsycose que je crois, pas à celle Continuer la lecture de Au Bar des Syndromes – Troisième scène 

Au Bar des Syndromes – Deuxième scène


— …

— Bien sûr ! Comment mon cerveau à lui tout seul pourrait-il imaginer tout ça : une telle complexité de causes et de conséquences, une telle imbrication de hasards et de volontés, vous vous rendez compte ? Ce ne serait pas possible !

— Je vous répondrais bien que c’est pourtant ce que fait le romancier, mais ce n’est pas le sujet. Donc, vous n’êtes pas solipsiste, vous ne mettez pas en doute la réalité de la vie.

— Non, pas de la vie. Mais de ma vie.

SCENE II

— Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? Vous pensez que votre vie n’existe pas ?

— Pas exactement. Elle existe, mais je ne suis pas sûr de la vivre.

— Dites-moi, vous êtes compliqué, vous ! Résumons : ce que vous dites c’est que votre vie existe, mais que vous ne la vivez pas. C’est idiot, non ?

— Dit comme ça, oui, c’est idiot, mais ce que je ressens…Ah ! C’est difficile à exprimer… Disons que ma vie existe peut-être, mais que Continuer la lecture de Au Bar des Syndromes – Deuxième scène 

Au Bar des Syndromes

Au Bar des Syndromes
Pièce en prose, en un acte
et en quatre scènes

La scène représente l’intérieur d’un bar par une fin d’après-midi du mois d’août. On sent que cette nuit, ce bar deviendra celui du tableau d’Edward Hopper, Nighthawks. Mais pour l’instant, il fait encore jour. Pendant la scène qui va suivre, le jour va baisser lentement et, sur le trottoir, les passants se feront de plus en plus rares. Derrière le comptoir, sous l’écran d’une télévision qui diffuse silencieusement des nouvelles auxquelles personnes ne s’intéresse, un gros homme à chemise blanche et bretelles rouges essuie des verres, range des bouteilles, vérifie sa caisse. C’est le barman. Faisant face aux étagères remplies de flacons multicolores, assis sur un haut tabouret, un homme à chapeau de raphia tourne le dos au public. Ses avant-bras posés sur le bar, il s’accroche à un verre presque vide. Aux cheveux gris qui débordent de son chapeau, à sa trop large veste fripée, à la façon douloureuse dont il change parfois de position sur son siège, on devine que c’est un vieillard. Le long de la vitrine, deux hommes d’âge presque mûr sont assis à la même table face à face. Celui qui semble le plus âgé porte une veste légère de couleur bleu ciel et, enroulée plusieurs fois autour de son cou malgré la température ambiante, une sorte de châle indien qui cache sa chemise. Sa voix est douce et ses gestes sont lents et assurés. Son interlocuteur parait moins à son aise. Sa voix est hésitante et son ton est tour à tour plaintif ou agressif. Comme tout le monde, il porte une barbe de trois jours, un blouson en jean sur un t-shirt vert de type militaire. Il y a une heure, les deux hommes Continuer la lecture de Au Bar des Syndromes 

Nighthawks enfin expliqué – 3

Si vous avez raté les deux premières esquisses de Nighthawks, vous devez absolument

CLIQUER ICI pour la première et

CLIQUER ICI pour la deuxième

Dans sa troisième esquisse, le peintre aborde de front et de façon prémonitoire le problème récurrent de notre époque : boire ou conduire, faut-il vraiment choisir ?

De Santiago du Chili :
Exceptionnellement, et en raison de l’état de santé de M. Francisco Lopez, qui vient d’être placé en observation au centre psychiatrique de la calle San Pablo, c’est la pharmacie Arturo Alvarez, 1986 avenida Pedro-di-Validvia, qui sera de garde dimanche prochain.

Bientôt publié

28 Sep, 7 h 47 min Au Bar des Syndromes
29 Sep, 7 h 47 min Tableau 271
29 Sep, 18 h 45 min Demain sur vos écrans
30 Sep, 7 h 47 min Au Bar des Syndromes – Deuxième scène

¿ TAVUSSA ? (59) : Les listes noires

Pour les réseaux sociaux, et jusqu’à ce que l’hydre revienne à ses
anciennes obsessions, l’homme à abattre n’est plus Roman Polanski, c’est Woody Allen. Son dernier film, dont j’ai parlé il y a quelques jours (Critique aisée n°173) et qui est l’une des meilleures comédies sophistiquées new-yorkaise depuis Breakfast at Tiffany’s — je place « Blue Jasmine » très haut, mais pas dans les comédies sophistiquées new yorkaises — n’est pas distribué aux USA parce qu’un tsunami social s’est déversé sur son réalisateur et sur son producteur Amazon dès que l’on a su qu’un film de W.A. allait sortir et que, outrage suprême, il mettrait en scène deux ou trois quadra ou quinquagénaire draguant, d’ailleurs fort gentiment, une jeune femme de 20 ans. Du coup, Amazon cède et ne distribue pas le film et les trois acteurs principaux Continuer la lecture de ¿ TAVUSSA ? (59) : Les listes noires 

Mes rencontres du troisième type

Selon la classification de Hyneck, on désigne sous le nom de rencontres du troisième type celles au cours desquelles le témoin voit un ovni et ses occupants, ou seulement les occupants d’un ovni sans ce dernier.

 *

Un matin, à Ramatuelle, sur le chemin des douaniers qui fait le tour du Cap du Pinet, désert à cette heure, j’ai rencontré Brigitte Bardot. Elle était accompagnée par cinq ou six chiens de races hétéroclites et incertaines. Moi, j’étais seul avec mon Labrador à pedigree certifié. Nous ne nous sommes pas salués.

*

Un autre jour, j’ai rencontré un inspecteur de la Brigade de Recherche et d’Intervention. Il m’a raconté qu’au cours d’une tentative d’arrestation de Jacques Mesrine menée sous les ordres du Commissaire Broussard, une balle du gangster avait traversé son blouson en cuir de chez MacDouglas. L’Administration avait refusé de lui rembourser le vêtement, arguant du fait que ce n’était pas une tenue de travail adaptée à une arrestation risquée. Quelques mois plus tard, avec son blouson rapiécé, mon inspecteur participait Porte de Clignancourt à l’élimination définitive de l’ennemi public n°1 de l’époque. Lui-même s’en était tiré sans une égratignure, alors que Mesrine, non. Il y a une justice, quand même.

*

Une nuit, en Amérique, dans le salon Air France d’un aéroport, je me suis assis en face de l’acteur Dany Glover. Il ne m’a pas reconnu.

*

Peu de temps après, rue des Francs-Bourgeois, j’ai croisé Nicolas Sarkozy et Carla Bruni. Je ne les ai pas reconnus non plus.

*

Bien avant que je ne la rencontre sur le chemin des douaniers, j’avais déjà eu l’occasion d’apercevoir Brigitte Bardot. C’était par un matin de septembre. Le soleil venait de se lever en arrière-plan d’un Riva qui glissait doucement en contre-jour vers la côte, tandis qu’un couple, debout derrière le pare-brise, attendait que le bateau atteigne la plage de Pampelonne. La femme portait un pantalon de cuir noir et une large chemise blanche à jabot. Par-dessus un smoking noir, l’homme portait une cape noire à doublure rouge flottant au léger vent de la course. Dissimulé derrière les ajoncs qui bordaient la plage, je reconnus immédiatement Brigitte et son amant de l’époque. La beauté de cette femme, l’élégance de l’homme qui l’accompagnait, le calme de la mer dans le petit-jour, le luxueux ronronnement feutré du huit-cylindres au ralenti, le tableau était parfait, splendide, émouvant tellement c’était beau. Je crois bien que j’écrasai une larme. Quand la proue heurta enfin le sable, j’entendis une voix masculine qui disait : « Putain de bordel de merde, j’ai failli me casser la gueule ! « 

*

La première fois que j’ai rencontré Kristin Scott-Thomas, c’était dans l’ascenseur. À l’époque, elle et moi, nous habitions le même immeuble. Impressionné par sa célébrité naissante, subjugué par son charme, j’osais à peine lui parler et tout ce que j’appris d’elle ce jour-là, c’est qu’elle habitait au troisième étage. Je n’en appris pas davantage quand je la rencontrai à nouveau le surlendemain. Mais quand l’occasion suivante se présenta, j’étais prêt et, tout en lui maintenant ouverte la porte de l’ascenseur , je lui dis élégamment :
—Quel beau rôle que celui de la productrice de télévision dans le film Un jour sans fin.
—Tout à fait d’accord avec vous, me répondit-elle avec un gentil sourire, et je trouve qu’Andie MacDowell l’a parfaitement interprété. »
Au moins, nous avions engagé la conversation.

*

Un jour, je fus invité par le Prince Rainier à chasser sur les terres de son château de Marchais. Son épouse, la princesse Grace, et sa fille cadette, la princesse Stéphanie qui avait alors onze ans, nous accompagnèrent toute la matinée et déjeunèrent ensuite avec nous. Je me rappelle que ce jour-là, je tuai trois faisans et qu’à table, je repris deux fois de la blanquette.

Nouvelles du jour 

De Santiago du Chili :
Contrairement à ce qui a été annoncé, ce n’est pas la pharmacie Lopez, mais la pharmacie Gomez qui sera de garde dimanche prochain.

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Un jour de pluie à New York – Critique aisée n°173

Critique aisée n°173

Un jour de pluie à New York
Woody Allen – 2019 (tourné en 2017)- 1h32min
Timothée Chalamet, Elle Fanning, Selena Gomez, Jude Law…

Pour une fois, je vais tout de suite vous parler du film. Pour ce qui est du sort qu’on lui fait aux USA, on verra plus tard. Peut-être.

J’ai aimé presque tout ce qu’a fait Woody Allen.
J’aime la pluie à condition que ce soit en ville, j’y aime l’automne aussi, j’aime les chansons de Bing Crosby et la musique d’Oscar Peterson, et aussi celle des piano-bar, j’aime les voix-off à la Truffaut, j’aime les dialogues brillants et désabusés, j’aime les plans fixes construits comme des tableaux aux couleurs chaudes, j’aime la nostalgie, j’aime l’absurde, j’aime l’humour, j’aime les taxis jaunes, j’aime une vue sur Central Park, j’aime Manhattan, les jolies filles, les soirées chics et les beaux appartements. Et j’ai trouvé tout ça dans « Un jour de pluie à New-York« . Alors pensez si j’ai aimé !

D’abord, tout se passe dans un milieu où tout le monde est très riche. Déjà, ça fait un souci de moins pour la durée du film. Ensuite, la musique vous met tout de suite dans l’ambiance : fin des années cinquante, début des soixante, quand nous étions encore jeunes, quand tout était encore doux, gentil, tolérant, le rêve américain — le rêve américain. En fait, ça se passe probablement à notre époque formidable, mais comme rien n’est vraiment daté, ça nous permet de nous croire cinquante ans plus tôt. A vrai dire, peu importe, car à l’entrée du film, on se débarrasse des problèmes sociaux, la pauvreté, les immigrés, la politique de Trump, l’intolérance, le puritanisme, la pudibonderie comme on s’est débarrassé des problèmes d’argent un peu plus tôt. J’en entends qui diront que le film manque singulièrement de conscience sociale. Je confirme. Mais qu’est-ce que je m’en fiche. C’est un conte de fée, ou plutôt une pièce de Marivaux, et moi, j’aime ça.

Gastby (Timothée Chalamet) et Ashleigh (Elle Fanning)  — attention, c’est Ashleigh et pas Ashley, elle y tient —tous deux étudiants à Yardley, une université chic et chère upstate — littéralement « en haut de l’état », c’est à dire dans la partie nord de l’état de NewYork — sont ensemble. Gatsby vient d’une famille riche de New York, et Ashleigh, d’une famille tout aussi riche de Tucson- Arizona. Lui est plutôt intellectuel, pianiste et joueur de poker. Elle est totalement charmante, naïve et enthousiaste, un peu plouc aussi, forcément, l’Arizona. Est-ce qu’ils s’aiment ? On dirait, mais là n’est pas le problème. En tout cas, ils sont simplement bien ensemble. Pour le compte du journal de Yardley, elle a obtenu une interview d’une heure avec un célèbre réalisateur de cinéma qu’elle doit rencontrer à New York. En l’accompagnant dans son voyage, il voit l’occasion de passer un week-end en amoureux tout en lui faisant visiter la ville qu’il aime. Chanceux au jeu, il lui promet le meilleur hôtel , les meilleurs restaurants, bars, lieux branchés, bref un week-end de rêve. C’en sera bien un pour elle comme pour lui, mais pas comme ils l’imaginaient. Je ne vous en dirai pas plus, c’est inutile. Vous vous laisserez conduire dans la ville, dans les rencontres et dans les sentiments que Gatsby et Ashleigh vont vivre chacun de leur côté.

Les comédiens sont excellents.
Tout d’abord, il y a Timothée Chalamet, déjà vu dans Call me by your name. Hésitant au début, il ne m’a tout d’abord pas paru très convainquant, jouant un peu faux comme Woody Allen aurait  pu le faire lui-même. Mais au fur et à mesure du film, il s’améliore jusqu’à la presque perfection — à croire que le film a été tourné chronologiquement. J’ai été très ému, cela m’arrive de plus en plus, par une scène dans laquelle Gastby se met au piano et chante une petite chanson triste.
Ensuite Elle Fanning, Ashleigh. Elle est tout ce que doit être une jolie fille de province, gaie, enthousiaste, volontaire, timide ; elle explose totalement dans des scènes d’ivresse. C’est un plaisir de la voir vivre.
Et puis, il y a Selena Gomez. Sœur cadette d’une ancienne petite amie de Gatsby, elle est merveilleusement new-yorkaise, provocante et sarcastique.
Jude Law, étonnant dans un rôle de scénariste, totalement déboussolé quand son metteur en scène entre dans une colossale crise de doute sur son art au moment même où il s’aperçoit de l’infidélité de sa femme.
Quelques scènes notables parmi d’autres : les premières minutes de l’interview du célèbre réalisateur par Ashleigh, la rencontre de Gatsby et d’une escort-girl, le monologue de la mère de Gatsby.

C’est vif, c’est drôle, c’est ironique, c’est mélancolique, et c’est beau. Pour une fois la bande annonce ne ment pas. Elle dit : «  New York est sophistiquée, New York est captivante, New York est séduisante, New York est romantique, particulièrement quand il pleut. » 

Attention : la photo n’est pas extraite du film. C’est moi qui l’ai faite !

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De Santiago du Chili :
C’est la pharmacie Lopez qui sera de garde dimanche prochain.

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