Archives de catégorie : Textes

Rendez-vous à cinq heures : Jim fait le pont (2)

La page de 16h47 est ouverte…

Construire un pont, quelle bonne idée !
par Jim

Sidney Harbour Bridge

 

Sidney est loin de chez nous, en Australie, mais sans y avoir mis les pieds beaucoup connaissent au moins la vue de son pont et de son opéra. En France, il est fort à parier que le nom Sidney, pour les plus de 50 ans en tout cas, est surtout associé à Bechet, Sidney Bechet, un grand jazzman américain contemporain de Louis Armstrong qui s’est établi en France après la guerre pour ne plus la quitter. Elle lui a inspiré des mélodies inoubliables, “Les Oignons“, “Dans les rues d’Antibes“, et surtout des slows langoureux comme “Petite Fleur“ et “Si tu vois ma Mère“ que ceux qui ont dansé joue contre joue sur ces mélodies ont connu là les meilleurs moments de leur jeunesse. Woody Allen ne s’y est pas trompé en choisissant l’enregistrement de “Si tu vois ma Mère“ joué par  Sidney Bechet avec l’orchestre de Claude Luter comme musique d’accompagnement pour la longue introduction de son film “Midnight in Paris“. Mais à part ça, Sidney et ses très vastes alentours valent le déplacement.

Le JDC joindra certainement le lien pour voir et revoir ce fantastique moment de cinéma, Midnight in Paris, qui vous fera encore plus aimé Paris et ses nombreux ponts. Merci JDC !

Il n’y a pas de quoi. 

Bientôt publié
Demain, 07:47 Sémantique
Demain, 16:47 Dernière heure : un éditeur accepte Le Cujas ! (Suite)
19 Sep, 07:47 Sacrée soirée (12)
19 Sep, 16:47 Rendez-vous à cinq heures : Christian Bonnet, Ministre de l’Intérieur
20 Sep, 07:47 Tableau 364

Sacrée soirée (11)

11

Sidérée par ma répartie sans appel, la table a replongé le nez dans son assiette, tandis que la fausse chinoise me regarde en haussant les épaules. À l’autre bout de la table, je vois Anne qui me regarde en soupirant et en secouant la tête de droite à gauche. Est-ce pour me faire comprendre qu’elle aussi, elle trouve cette pauvre Kris bien naïve ? Ça doit être ça, c’est surement ça. C’est bon de se sentir soutenu par sa chère et tendre. C’est rare, mais c’est bon. Mais je ne veux pas écraser mon adversaire, alors, avec élégance, je change de conversation. Justement Françoise repasse avec l’entrée.

— Il est vraiment très bon, votre foie gras, Renée, dis-je en me resservant.

Marcelle reprend la balle au bond :

— Vraiment excellent. C’est vous qui l’avez préparé ?

— Une merveille, ma chérie, confirme Anne.

Et s’engage alors entre les trois femmes une conversation décousue sur les différentes variétés de foie gras, les façons de le préparer, de le présenter… Passionnant !  Quant à la mère Wu, elle s’est tournée ostensiblement vers Charles, si bien que je ne vois plus que son large dos. Elle a dû lui demander quelque chose d’aussi subtil que « Alors comme ça, vous écrivez ? » Du coup, Continuer la lecture de Sacrée soirée (11)

¿ TAVUSSA ? (78) :  Antivax et Antipass, faudra-t-il vivre avec ?

Bien sûr que c’est plus compliqué, les gars ! Bien sûr que c’est plus compliqué quand il y a une épidémie.

C’est plus compliqué d’aller au boulot, d’aller au cinéma, au restaurant, c’est plus compliqué de consulter son dentiste, d’aller voir ses parents à La Garenne-Colombes ou sa grand-mère à la maison de retraite de Guéret dans la Creuse. Bien sûr que ce n’est pas évident de recevoir ses clients quand on est restaurateur, poissonnier ou marchand de jouets. Bien sûr que c’est difficile de prendre le train, l’avion ou un verre dans une boite de nuit.

Mais ce n’était pas simple non plus quand il y avait une grève des transports ou quand il y avait les gilets jaunes. C’était même assez compliqué quand il y avait une guerre, une occupation, des Continuer la lecture de ¿ TAVUSSA ? (78) :  Antivax et Antipass, faudra-t-il vivre avec ?

Sacrée soirée (10)


10

Françoise vient de finir le service du foie gras. On a à peine le temps de l’entamer, et voilà que, depuis son bout de table, Renée relance le sujet de l’épidémie.

— Maintenant que nous sommes tous là, ne me dites pas que personne ici n’a écouté ce pauvre Président, quand même. Kris, vous l’avez écouté, vous ?

— Oui, bien sûr, mais le début seulement, lui répond Kris de l’autre extrémité de la table. Mon taxi m’attendait en bas.

— Alors ? C’est grave ? demande Anne, inquiète.

— Eh bien, à mon avis, ils ne savent pas trop à quoi s’en tenir encore, mais ce qui est sûr, c’est qu’en Chine, en Corée, à Singapour, ils ont pris des mesures drastiques. En Italie, ça commence à exploser, en Espagne aussi. Pour la France, ce n’est pas encore bien clair. J’ai l’impression Continuer la lecture de Sacrée soirée (10)

Rendez-vous à cinq heures : Jim fait le pont (1)

La page de 16h47 est ouverte…

Construire un pont, quelle bonne idée !
par Jim

Construire un pont d’une rive à l’autre d’une rivière ou d’un précipice, c’est une bonne idée. Réfléchir à l’idée d’un pont pour passer dans l’au-delà, pourquoi pas. Chercher à établir un pont avec un autre, ennemi ou pas, pour trouver un accord, ça c’est aussi une bonne idée. Mais démolir ou couper les ponts, c’est une idiotie. Les ponts sont utiles et nécessaires, en plus ils sont souvent beaux, de véritables ouvrages d’art, grands ou petits.

Comme des milliers d’autres en France, petit pont de campagne quelque part dans le Morvan. Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures : Jim fait le pont (1)

Aux coiffeurs…

Déjà publié le 27/03/2015 sous le titre “Au coiffeur”.

Dehors, il fait gris sombre, froid humide et triste angoisse. Quand on passe badaudant devant la vitrine floue de la rue Saint Jacques longue, le trottoir est jaune enluminé.
Si on entre dans l’aquarium boutique, c’est encore mieux : il fait blanc lumineux et chaud tropical. Les vents électriques des séchoirs mangeurs de crânes recouvrent à peine les conversations molles et la musique en tube. D’étranges êtres capés immobiles se contemplent assis dans des miroirs lumière encadrés. Des esclaves serviles légers leur reforment la crête luisante hirsute.

Si l’on a pris bonne et due date, c’est le paradis retrouvé. On se place aussitôt parmi les maitres absolus que des serviteurs emblousés arrosent de pluies tièdes, massent de mousse odorante, abreuvent de café sucré, instruisent de considérations indispensables Continuer la lecture de Aux coiffeurs…

Photos souvenirs – 6

Lorenzo poursuit son pèlerinage des bistrots évocateurs de souvenirs

Ce n’est ni à la lignée royale ni à l’alcool que me fait penser cette enseigne mais au quai Bourbon sur l’île Saint Louis. Ah, l’Ile Saint Louis, en voilà un voyage à faire absolument ! En guise d’introduction, il faut lire les ouvrages des auteurs qui en ont le mieux parlé et qui sont tous américains : Henry Miller (Lettres à Emil), John Dos Passos (La Belle Vie), Gertrud Stein (Paris, France), Janet Flanner (Chroniques d’une américaine à Paris), et surtout Ernest Hemingway dont l’émouvant Paris est une Fête est pour moi le Continuer la lecture de Photos souvenirs – 6

Sacrée soirée (9)

9

De taille moyenne, elle porte une ample blouse noire, un pantalon moulant noir qui s’arrête à mi mollet — je crois que ça s’appelle un legging, mais je n’y connais rien — et de grosses chaussures noires du genre Rangers avec une énorme semelle débordante jaune. Ses cheveux très noirs, coiffés à la Play-Mobil, encadrent un visage très pâle. Ses lèvres minces ne portent aucun maquillage. Elle n’a pas de sac mais elle serre dans sa main gauche un gros portefeuille noir et un iPhone arc en ciel presque aussi gros. Porté en sautoir, ce qui ressemble à une chaine de vélo en or pend à son cou. Mais ce qui frappe chez elle, ce n’est pas la chaine de vélo ni les invraisemblables semelles de ses Rangers, c’est que, d’où qu’on la regarde, chez elle, tout est rond : son crâne, son visage, ses yeux, son nez, mais aussi ses épaules, son buste… La blouse qui tombe Continuer la lecture de Sacrée soirée (9)

Sacrée soirée (8)

8

— Voici André. André est médecin. Je fais une présentation collective. Ensuite, vous vous débrouillerez sans moi pour faire plus ample connaissance ! Ah ! Ah ! André, voici Marcelle. Marcelle est une brillante femme politique, pleine d’avenir. Pour le moment, mais ce n’est qu’un début, elle est Maire d’Antony ! Vous connaissez ?

— Maire de Gentilly, Renée, pas d’Antony. Gentilly ! corrige Marcelle.

— Suis-je bête ! Je ne m’y ferai jamais. De Gentilly, bien sûr ! Et voici Anne, la charmante épouse de Gérald qui est là-bas près de la fenêtre.

Charmante épouse, tu parles ! Mais Renée poursuit :

— Gérald est courtier. Je n’ai jamais compris en quoi consistait son métier. Ah ! Ah !

La gourde ! Ce n’est pourtant pas faute de lui avoir expliqué !

— Gérald ! Ne reste donc pas tout le temps collé à cette fenêtre. La Place des Vosges est belle, c’est entendu, mais enfin, nous aussi ! Ah ! Ah ! Bon, ça, c’est Charles. Charles est écrivain. J’aime beaucoup ce qu’il fait. Et puis, voici François Longchamp, l’acteur. Vous le connaissez certainement ?

— Mais bien sûr, Monsieur Longchamp, tente de mondaniser le toubib. J’ai lu que vous sortiez bientôt un nouveau film ?  Les Nouveaux pauvres, je crois. C’est pour quand ?

— Ç’a été reculé à fin septembre, répond Longchamp, aux anges. Commercialement parlant, c’est meilleur comme date de sortie. Mais dans deux mois, Canal+ commence une nouvelle série, Embrayages, où j’ai un rôle récurrent…

Et il ajoute en se tournant vers Charles :

—… mais je jure que ce n’est pas moi qui joue Monsieur Loyal dans le Cirque Merveilleux !

— Pardon ? dit André

— Rien, rien. C’est sans importance, répond-il puis se tournant vers Renée : Dites-moi, chère hôtesse, on dine à quelle heure chez vous ? Parce que… Tiens ! On a sonné. Tout espoir n’est pas perdu ! On va peut-être pouvoir passer à table ! Ah ! Ah !

Mais quel butor, cet acteur ! Il a vraiment tout à apprendre ! Bon, c’est vrai qu’il a un peu raison, parce que je commence à avoir la dalle, moi aussi. Heureusement, Renée revient avec sa dernière invitée.

A SUIVRE

Bientôt publié

7/09, 16:47 Brèves de mon comptoir (4)
8 Sep, 07:47 Le parc à jeux
9 Sep, 07:47 Pont tordu et de travers
10 Sep, 07:47 Sacrée soirée (9)

Théorie mathématique de la bêtise

Merci à Claude de m’avoir rappelé ce brillant article du 1er mars 2017, plus que jamais d’actualité.

Georges Brassens a dit que le temps ne faisait rien à l’affaire et que quand on était con, on était con. Mais, sauf le respect que je dois au bonhomme et l’affection que je lui porte, je dois dire que Brassens se trompait car, en matière de connerie, le temps est un facteur important. Non pas que le con devienne plus con avec l’âge, mais le con d’aujourd’hui l’est davantage que le con d’hier. En effet, récemment, grâce au progrès, la connerie a avancé à pas de géant. Rappelons-nous que le Web est devenu d’usage public à partir des années 90 et que Facebook a été créée en 2004. L’ami Georges, mort en 1981, bien trop tôt, ne pouvait bien sûr pas tenir compte de ces extraordinaires facteurs de progrès.
Voyons ce que Milan Kundera Continuer la lecture de Théorie mathématique de la bêtise