Archives pour la catégorie Textes

Les portraits de Lorenzo (1)

Avant de se consacrer presque complètement à la photographie et à l’écriture, Lorenzo dell’Acqua a été médecin. Tout en exerçant, il a dressé des portraits de ses patients, d’une écriture souvent légère ou parfois grave. Ces portraits, il les a réunis en une galerie dont il nous donne d’abord sa conception :

« Ce serait une suite de petites nouvelles, souvent plus petites que des nouvelles, réduites parfois à une seule ligne, à parcourir comme des impressions de voyages ou les photos d’un album. L’ensemble serait un tableau fait d’une simple palette de peintures où chaque patient aurait déposé une trace de couleurs, primaires et simples pour certains, délicates et complexes pour d’autres.

Cette galerie de portraits est mon trésor de guerre pudique et je voudrais exprimer ainsi ma reconnaissance à tous les patients qui m’ont confié ce qu’ils avaient de plus précieux : leur vie. J’écris pour leur dire merci.

Et je me souviendrai aussi de tous ces gentils patients que j’ai condamnés à mort et qui ne le méritaient pas. J’écris pour leur demander pardon. »

Et maintenant, une première série de portraits

Les portraits de Lorenzo (1)

Madame Élise C. n’a pas toujours donné la même date de naissance et elle a donc plusieurs dossiers à mon cabinet. La raison est qu’elle ne veut pas vieillir. A quatre-vingt six ans, il faut reconnaître qu’elle y arrive assez bien. Curieuse coïncidence, je lui ai découvert une affection du tube digestif qui survient d’habitude avant l’âge de vingt ans. Cela lui a fait plaisir d’avoir une maladie de jeune !

*

Yannick Bellon était une metteur en scène connue dans les années 70-80. Elle est venue me voir sur les conseils de deux de ses proches qui ne se connaissaient pas : madame L., son amie de toujours, et monsieur X., son professeur de gymnastique. La conversation fut passionnante avec cette femme à l’intelligence et à la vivacité intactes malgré ses quatre-vingt-douze ans. Le thème de son dernier film sur le retour à la vie normale d’une femme ayant eu un cancer du sein, « L’amour nu » avec Marlène Jobert, nous concerne ma femme et moi. A la fin de la consultation, elle m’a dit : « Je suis venue chez vous pour une troisième raison. On m’a dit que vous étiez photographe« . Merci, Madame Bellon.

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Jean-François H. est un aristocrate, c’est-à-dire un homme important resté modeste. J’en ai connu quelques-uns, peu, et je les aime tout particulièrement. Ancien Directeur de la Caisse des Dépôts et ami intime de Simone Veil, c’est devenu avec le temps un hypocondriaque courtois. Nous parlons souvent de peinture et de littérature, des prémices de la guerre de quatorze et des richesses de la Toscane. Pourquoi aime-t-il mes photos ? Je ne le sais pas mais sa femme m’a dit qu’il était ému comme devant des tableaux. Aujourd’hui il va bien mais la première fois que je l’ai vu en 1990, je l’avais oublié mais lui s’en souvient, je crois bien que je lui ai sauvé la vie.

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ET DEMAIN, LES PETITS TRUCS D’HILDEGARDE

¿ TAVUSSA ? (43) – Les fausses informations

Richard Ferrand, ex PS, actuel LREM, vient d’avoir une idée formidable : incorporer dans le code électoral une loi anti « fake news« , en français : « fausse information« .

Pourquoi, chaque fois qu’il se passe quelque chose de mauvais ou même de simplement contrariant dans notre pays, croit-on nécessaire de promulguer une nouvelle loi pour l’interdire ? Comment se fait-il qu’il existe encore des esprits assez mécaniques, catégoriques et bornés pour imaginer qu’une nouvelle loi réglera le nouveau problème ? Comment des législateurs peuvent-ils à ce point être ignorant des possibilités des lois en vigueur ? Comment ne peuvent-ils pas voir les impossibilités d’application de leur projet de loi, les détournements que l’on pourra faire de son application ? Comment peut-on oser proposer une telle définition de la « fausse information » : toute allégation ou imputation d’un fait dépourvue d’éléments vérifiables de nature à la rendre vraisemblable. Comment la commission parlementaire a-t-elle pu adopter cette définition, certes parfaitement cartésienne et qui pourrait avoir été élaborée par les Académiciens pour figurer dans leur dictionnaire, mais qui en réalité définit le champ d’application de la loi à venir :  toute allégation ou imputation d’un fait.

Ça part d’un bon sentiment, bien sûr : la vérité, rien que la vérité, — mais pas forcément toute la vérité !  Que les menteurs soient empêchés, punis et que triomphe la vérité, la transparence — la sacro-sainte et nuisible transparence à tout prix ! Irréalisme, angélisme, bêtise, on ne sait pas vraiment.

Comment un juge pourra-t-il, en connaissance de cause et dans le temps limité — deux jours — qui lui sera accordé, dire de l’information  qu’elle est ou non dépourvue d’éléments vérifiables de nature à la rendre vraisemblable…

Et aussi : qu’est-ce qu’un fait vraisemblable ? Est-il nécessairement vrai — demandez donc son avis à Boileau — ou bien un fait vraisemblable ne peut-il pas être faux ?

Mais, assez philosophé ! Prenons plutôt un cas, stupide si possible, c’est plus parlant. Voici :

Le Docteur Achille Parmentier est candidat à la Continuer la lecture de ¿ TAVUSSA ? (43) – Les fausses informations 

Détournement – Critique aisée n°125

Critique aisée n° 125

Détournement
Installation de Stéphane Thidet à la Conciergerie (du 30/03 au 31/08/2018)

On a déjà vu ça dans certains westerns qui racontent l’histoire de chercheurs d’or dans le grand Ouest américain : des goulottes rudimentaires réalisées en planches mal équarries conduisent l’eau des montagnes jusqu’au travers du campement où des hommes hirsutes procèdent au lavage du minerai fabuleux. L’eau dévale, bondit, déborde, s’échappe par tous les joints, mais elle fait son office et finit par retourner au torrent.

Ici, le torrent, c’est la Seine, et le campement, c’est la salle des Gens d’Armes de la Conciergerie. L’eau est prélevée dans le fleuve et elle y retourne après avoir parcouru cette magnifique salle voutée.

Bien sûr, ici, pas de trappeurs hirsutes, mais de simples touristes frais et roses ; pas de goulottes rudimentaires, pas de fuite ni de débordement, mais des planches de coffrage, parfaitement jointoyées qui assurent à cet échantillon de Seine un lent parcours sans heurt. On aimerait y voir de petits canards en celluloïd roses et verts voguant au fil du courant que des enfants poursuivraient avec leur canne de bambou.

Je n’ai pas cherché Continuer la lecture de Détournement – Critique aisée n°125 

Le Bourgeois gentilhomme (Scènes coupées – fin : scène V )

Depuis deux jours, vous jouissez du privilège inouï de pouvoir lire en exclusivité dans le Journal des Coutheillas deux des trois scènes inédites du Bourgeois Gentilhomme. La Scène V de l’Acte II que vous allez pouvoir lire à l’aube de ce troisième jour complète cet épisode demeuré inconnu jusqu’à aujourd’hui de la leçon du Maitre de Philosophie à Monsieur Jourdain. On y trouvera un Molière étonnant, au sommet de son art.

Pour les retardataires, il est possible de lire les deux scènes précédentes en cliquant ici ou là

  ici     SCENE III           ou là   SCENE IV

Acte II – Scène V

Monsieur Jourdain, Maitre de Philosophie, Nicole

Monsieur Jourdain

—C’est vrai que je voudrais tout apprendre pour tout savoir, pour tout réussir, mes affaires comme mes amours. A ce propos, vous savez sans doute que Philaminte dont je vous entretenais tout à l’heure est une jeune femme très belle et très savante.

Le Maître de Philosophie

—Je sais, car j’ai pu le constater par moi-même, que ses attraits physiques sont très grands. Quant à son esprit, il me reste encore à le découvrir. Peut-être lors d’une prochaine rencontre…

Monsieur Jourdain

—Faites cela, et vous verrez que son intelligence surpasse encore sa beauté. J’en suis très épris, mais Monsieur Trissotin, qui soupire comme moi auprès d’elle, semble l’intéresser davantage. C’est sans doute parce qu’il est savant.

Le Maître de Philosophie

—Si vous le dites…

Monsieur Jourdain

—Je le dis. Alors voici ma question : si j’allais vois Philaminte et lui répétais tout ce que vous m’avez dit céans comme si cela venait de moi, pensez-vous qu’elle me regarderait d’un autre œil, qu’elle a d’ailleurs fort beau, et serait-il possible même qu’elle en vienne à me préférer à Monsieur Trissotin ?

Le Maître de Philosophie

—Connaissant la confusion habituelle et le peu de profondeur des connaissances de Trissotin, il ne fait pour moi aucun doute que, si vous répétiez fidèlement l’exposé que je viens de vous faire, vous impressionneriez si fortement Philaminte que vous relégueriez son soupirant dans une obscurité dont il n’aurait jamais dû sortir.

Monsieur Jourdain

—Vous m’assurez donc du succès ?

Le Maître de Philosophie

—Certainement. Mais j’y mets une condition.

Monsieur Jourdain

—Et laquelle, s’il vous plait ? Continuer la lecture de Le Bourgeois gentilhomme (Scènes coupées – fin : scène V ) 

Le Bourgeois gentilhomme (Scènes coupées – suite : scène IV)

Hier, vous avez pu découvrir cette étonnante troisième scène de l’Acte II qui introduit le corps de la leçon du Maitre de Philosophie qu’avec la scène IV, je vous invite maintenant à écouter. Si vous n’étiez pas la hier, ou si vous être arrivé en retard au théâtre, vous pouvez la revivre en cliquant ICI.

 

Acte II- Scène IV

Monsieur Jourdain, Maitre de Philosophie

 

Le Maître de Philosophie

—Comme il vous plaira. Nous autres, Philosophes…

Monsieur Jourdain

—Que c’est beau ! Comme il parle bien !

Le Maître de Philosophie

Nous autres, Philosophes, nous avons classé les diverses sortes de biais cognitifs en vingt-quatre catégories.

Monsieur Jourdain

—Vingt-quatre ! C’est extraordinaire ! Vingt-quatre manières de penser et de dire des bêtises ! Je suis sur des charbons de les entendre toutes !

Le Maître de Philosophie

—Cela nous mènerait bien trop loin dans la nuit. Sachez pourtant dès à présent que, parmi les plus nuisibles, on compte le biais de croyance, le biais d’auto complaisance, le biais de cadrage, celui d’ancrage, celui de négativité, le biais de confirmation, de statu quo, d’omission, le biais de faux consensus, l’effet de halo, l’excès de confiance, l’illusion de corrélation… Il nous reste Continuer la lecture de Le Bourgeois gentilhomme (Scènes coupées – suite : scène IV) 

Le Bourgeois gentilhomme (Scènes coupées : Acte II – Scène III)

Avertissement

On sait que la Comédie Française a la charge de la conservation et de la gestion de l’héritage culturel de Molière. Sont donc gardées soigneusement dans les vitrines du foyer ou en vrac dans les coulisses du célèbre théâtre toutes les reliques qui ont pu échapper aux vols, aux détournements, aux incendies, aux dégâts des eaux, aux grands nettoyages de printemps, aux rangements avant travaux, aux erreurs d’inventaires et aux accidents de manutention.
En septembre dernier, quelle ne fût pas la surprise de l’Administrateur Général de découvrir sous le buste de Molière cinq feuillets manuscrits pliés en quatre de manière à caler la statue sur le manteau de la cheminée de son bureau ! Sa surprise fut encore plus grande quand, les ayant dépliés, il y trouva les répliques de trois scènes inédites entre Monsieur Jourdain et son professeur de Philosophie. Une expertise rondement menée établit bientôt qu’il ne s’agissait aucunement d’une supercherie mais bien d’un authentique manuscrit du créateur du Bourgeois gentilhomme.
La question de savoir pourquoi Molière a éliminé ces scènes, pourtant parfaites, du texte définitif de sa pièce demeure actuellement sans réponse.

Le Journal des Coutheillas s’est assuré l’exclusivité de la publication de ces trois scènes qui seront incorporées au texte classique pour les représentations du Bourgeois  gentilhomme de la rentrée prochaine.

Le bourgeois gentilhomme

Acte II – Scène III

Monsieur Jourdain, Maitre de Philosophie, Nicole

Monsieur Jourdain

— Holà, Monsieur le Philosophe, vous arrivez tout à propos avec votre philosophie.

Le Maître de Philosophie

—Qu’est-ce donc ? Qu’y a-t-il, Monsieur ?

Monsieur Jourdain

—Voici : je sors tantôt du salon de Philaminte. J’y ai rencontré l’un de vos confrères, Monsieur Trissotin. Vous le connaissez très certainement ?

Le Maître de Philosophie

—Hélas, je le connais.

Monsieur Jourdain

—Cet homme semble fort savant. Il m’a entretenu toute une heure de la connaissance en général et en particulier, de son importance dans l’exercice des affaires et de ses avantages dans la pratique du beau monde. Quand je lui ai appris que la connaissance Continuer la lecture de Le Bourgeois gentilhomme (Scènes coupées : Acte II – Scène III) 

L’Iliade pour les nuls – Critique aisée n°124

Critique aisée 124

L’Iliade pour les nuls

La guerre de Troie (Ilion) a eu lieu vers l’an 1280 avant J.C. L’Iliade a été composée vers l’an 800 avant J.C. et n’a été écrite que deux cents ans plus tard. Ce poème, attribué à Homère, raconte un épisode d’une dizaine de jours de la dernière année de cette guerre qui en compta dix. Cet épisode est connu sous le nom de « La colère d’Achille ».

C’est tout ce que vous avez à savoir pour tenir une conversation de cinq minutes sur l’Iliade sans passer pour un total Béotien. Avantageusement, vous pourrez toujours citer quelques noms connus et parfois démodés : Agamemnon, Hélène, Paris, Hector, Andromaque, Nestor, Achille, Ajax… Surtout, ne vous aventurez pas à en dire davantage, car c’est plutôt compliqué, mais si vous tenez à épater tout le monde, dites d’un air badin que le fameux cheval n’apparait pas un seul instant dans l’Iliade. Vous en déstabiliserez plus d’un.

Un dernier conseil : imprégnez-vous du style homérique (ça veut dire le style d’Homère, l’auteur. Vous vous souvenez ? Homère ? L’auteur ?) en lisant ce petit extrait particulièrement représentatif que j’ai choisi pour vous.

Encore un mot : si vous parvenez à placer dans la conversation que l’Odyssée, c’est la suite de l’Iliade, vous serez l’objet de l’admiration de tous à la prochaine réunion de copropriété. Mais ne vous risquez pas à dire que vous préférez l’Énéïde à l’Odyssée, ou l’inverse, vous deviendriez pédant. De toute façon, tout le monde s’en fout.

« Et Zeus s’assit sur le faîte, plein de gloire, regardant la ville des Troyens et les nefs des Achéens.(1)
Et les Achéens chevelus s’armaient, ayant mangé en hâte sous les tentes ; et les Troyens aussi s’armaient dans la ville ; et ils étaient moins nombreux, mais brûlants du désir de combattre, par nécessité, pour leurs enfants et pour leurs femmes. Et les portes s’ouvraient, et les peuples, fantassins et cavaliers, se ruaient au dehors, et il s’élevait un bruit immense.
Et quand ils se furent rencontrés, les piques et les forces des guerriers aux cuirasses d’airain se mêlèrent confusément, et les boucliers bombés se heurtèrent, et il s’éleva un bruit immense. On entendait les cris de joie et les lamentations de ceux qui tuaient ou mouraient, et la terre ruisselait de sang ; et tant qu’Éôs(2) brilla et que le jour sacré monta, les traits frappèrent les hommes, et les hommes tombaient. Mais quand Hélios(3) fut parvenu au faîte de l’Ouranos(4), le père Zeus étendit ses balances d’or, et il y plaça deux kères(5) de la mort qui rend immobile à jamais, la kèr des Troyens dompteurs de chevaux et la kèr des Achéens aux cuirasses d’airain. Il éleva les balances, les tenant par le milieu, et le jour fatal des Achéens s’inclina ; et la destinée des Achéens toucha la terre nourricière ; et celle des Troyens monta vers le large Ouranos. Et il roula le tonnerre immense sur l’Ida(6), et il lança l’ardent éclair au milieu du peuple guerrier des Achéens ; et, l’ayant vu, ils restèrent stupéfaits et pâles de terreur. »

Notes
1 – Les grecs
2 – L’aurore
3 – Le soleil
– Le ciel
– Divinité infernale
– Mont proche de Troie

Post Scriptum :
Vous qui n’êtes pas, ou qui ne voulez plus être l’un des Nuls auquel cette présentation de l’Iliade est destinée, lisez le texte intégral. C’est passionnant.

ET DEMAIN, SEMPER FIDELIS

Au théâtre ce soir

On the road again ou Retour au théâtre…

….ça y est, je suis assis, enfin. Tiens, c’est drôle, cette fois ci, ça a été plutôt facile de se garer. Un coup de chance incroyable. Le type est parti juste devant moi.
Bon, par contre, faire encore la queue devant la boîte à sel pour obtenir les places, c’est insupportable. C’est la dernière fois que je prends des billets sur Internet. De toute façon, c’est la dernière fois que je vais au théâtre. Je lui avais dit pourtant : je ne veux plus aller au théâtre, j’en ai marre de tous ces soi-disant succès. Les gens rient parce qu’on leur a dit que c’était drôle. Ils se sentent intelligents parce qu’on leur a dit que c’était intellectuel. Elle m’a dit que j’exagérais toujours.
Bon, j’avais dit que je n’irais plus, mais finalement, j’y suis, comme chaque fois, comme toujours.

C’est pas mal, un théâtre à l’italienne ! La salle est belle, le plafond est splendide. Par contre, nos places sont épouvantables, au fond d’une loge du premier balcon. D’ici, on ne verra jamais rien, il y a une colonne en plein milieu ! En plus, j’ai déjà du mal à entendre, mais alors là, ça va être très dur. Ça ne fait rien, dans les loges, il y a Continuer la lecture de Au théâtre ce soir 

La démarche de Lorenzo

NDLR
Ceci est la deuxième publication de Lorenzo dell’Acqua dans ce journal.
Depuis quelques mois, Lorenzo vit l’expérience que je vis moi-même depuis quelques années, celle que vous avez aussi vécue ou celle que vous vivrez un de ces jours, je vous le souhaite sincèrement : la retraite.
Quand on écrit comme moi en amateur, on a toujours tendance à se justifier, dire comment, pourquoi on en est arrivé là, à écrire, peindre, composer, photographier. C’est ce que j’avais fait de façon plus ou moins transparente dans plusieurs de mes premiers textes.
Aujourd’hui, c’est au tour de Lorenzo de s’expliquer. Voici sa démarche. 

***

Ma démarche

Ne croyez pas que je me force chaque jour à me trouver une occupation pour fuir l’ennui de la retraite ! Il n’en est rien. J’ai toujours quelque chose à faire. Entre les obligations familiales et administratives que je mets de plus en plus de temps à effectuer, mes autres activités, je dirais plutôt mes autres passions, mes autres envies, mes autres sujets de curiosité, ne me laissent pas une seconde de libre. J’ai la chance de faire de la photo mais ce n’est pas que faire de la photo. D’ailleurs on ne fait pas de la photo, on essaie de traduire la beauté de ce que l’on voit. Photographier, c’est regarder le monde, les autres et la poésie qui nous entourent. Je ne m’en lasse pas. Et ces richesses infinies que je découvre chaque jour et que j’ai du mal à croire, je les mets par écrit, noir sur blanc (si j’ose dire !), avec mes photos comme Continuer la lecture de La démarche de Lorenzo