Archives pour la catégorie Fiction

BONJOUR, PHILIPPINES ! – 13 – RATINET, SUITE ET FIN

CHAPITRE 13 – RATINET, SUITE ET FIN

Voici donc la fin des aventures de Philippe aux Philippines. Mais, ce qui fera l’objet de ce dernier chapitre, c’est plutôt le dénouement de celles de Ratinet. André Ratinet, dit Riton Padbol, dit Andy Bad Luck, dit Dédé la Déveine, a pris une pris une place de premier plan dans le développement de cette histoire. On se souvient que le bonhomme attire les ennuis comme la Normandie la pluie. Après avoir perdu sa valise entre Bruxelles et Bangkok, s’être fait dévaliser en douceur dans Luneta Park, après avoir photographié les plus belles fleurs du monde avec une caméra vide de pellicule, ne voilà-t-il pas qu’il a rencontré le démon de midi en la personne de la jolie Tavia. Ces dernières semaines, la jeune personne a beaucoup perturbé l’ingénieur dans sa recherche du meilleur tracé pour la route côtière nord de Mindanao. Ça lui a valu les reproches amers de son bien-aimé chef de mission, Gérard Peltier. Mais, quand il décide de ramener la donzelle à Montalivet-les-Bains (Gironde) et que, pour cela, il a un besoin urgent de 5000 dollars, quand il compte les emprunter, certes indirectement mais quand même, à la Banque Mondiale, ou, à défaut, à ses collègues, les choses deviennent graves. A ce stade, et bien que l’éternel optimiste Peltier ait assuré que « ça allait se tasser », le lecteur sent bien que les aventures de Ratinet ne vont pouvoir s’achever que dans la douleur. C’est ce qu’on va voir dans ce dernier chapitre dont on remarquera qu’il porte le numéro 13. Mais pouvait-il en être autrement ?

Au cours de notre dîner du vendredi précédent, obstinément optimiste, Peltier avait déclaré que  » ça allait se tasser ». Il parlait bien entendu des velléités de Ratinet d’emporter la Continuer la lecture de BONJOUR, PHILIPPINES ! – 13 – RATINET, SUITE ET FIN 

BONJOUR, PHILIPPINES ! – 12 – LE SERPENT DE MER

LE JOURNAL DES COUTHEILLAS – 4 AOUT 2019 – N°2079

CHAPITRE 12 – LE SERPENT DE MER

La soirée au Chalet au cours de laquelle Ratinet s’était vu refuser 5000 dollars tant par la Banque Mondiale que par ses collègues de mission avait eu lieu un mercredi. Le jeudi matin, j’accompagnai Robertson à l’avion de Kuala-Lumpur, et je ne repassai pas au bureau de la journée. Comme le lendemain, c’était le week-end de Pâques qui commençait, je n’entendis plus parler de Ratinet jusqu’au mercredi suivant. Après-tout, c’était le problème d’un chef de mission de gérer ce genre de situation, pas le mien.

Depuis plusieurs semaines, Antoine, son ami Jean-Marc et moi, nous projetions de passer ce week-end quelque part au bord de la mer à faire de la plongée sous-marine. Cela paraissait compliqué. On nous avait bien indiqué qu’il était possible de louer des petites maisons dans les villages de pêcheurs de la presqu’ile de Mabini, mais c’était un endroit difficile d’accès et nous n’avions Continuer la lecture de BONJOUR, PHILIPPINES ! – 12 – LE SERPENT DE MER 

BONJOUR, PHILIPPINES ! – 11 – LES 5000$ DE RATINET

CHAPITRE 11 – LES 5000 DOLLARS DE RATINET

Il m’a fallu quitter le paradis des plages de Mindanao car je n’avais plus rien à y faire. Grâce à l’efficacité des jeunes filles que Placido avait placées sous son affectueuse autorité, le dépouillement de l’enquête de transport se déroulait tranquillement.

Me voici donc à nouveau dans le purgatoire de Manille pour m’occuper maintenant de l’étude économique proprement dite. Je dois, entre autres choses, me poser des questions du genre de celles-ci : pour les dix, quinze et vingt prochaines années, quelle sera la croissance démographique de l’île, combien y aura-t-il de voitures, de camions, d’autocars, de tonnes d’ananas, de mètres cubes de noix de coco…? Mais, si je veux avancer, je dois éviter de me poser des questions comme : est-ce que la tension qui existe entre l’Islam des propriétaires actuels de l’île et le catholicisme des colons envoyés par le gouvernement ne va pas exploser un jour ou l’autre en Continuer la lecture de BONJOUR, PHILIPPINES ! – 11 – LES 5000$ DE RATINET 

Une vie de dingue

Attention, ceci est le 2069ème numéro du JdC !
c’est dingue, non ? 

Une vie de dingue

C’est quand le gnou fugace
commence à barbifier
dans les surtarbrandurs
qu’il faut que l’oxymore subtil
manduque vers son ergastule.
Proverbe Chihuahua

 

Je dédie cette biographie à moi-même,
sans qui rien de tout cela n’aurait été possible.

Chapitre premier : les origines 

Si mes souvenirs sont bons, je suis né un 24 décembre vers 23h45 entre un bœuf et un âne gris. Et pourquoi cela, vous demandez-vous ? Eh bien, essentiellement parce que le gynécologue accoucheur de ma mère était parti à l’improviste à la Martinique pour trois semaines. Ma mère ne put se résoudre à attendre son retour et, en l’absence de mon père pour la conduire à l’hôpital, elle me donna le jour dans la ferme familiale. Il faut dire qu’à cette époque, papa était parti acheter des langoustines depuis plus de trois ans, ce qui rendait ma filiation incertaine. Dès que je fus en âge de comprendre cette bizarrerie de calendrier, je posai la question à ma mère et m’éloignais aussitôt. Un peu plus tard, elle me répondit très franchement en m’expliquant qu’il s’agissait là de l’un de ces miracles de l’amour et que je ferais mieux de réviser l’annuaire des marées plutôt que de perdre mon temps à faire de la généalogie. Sur quoi, elle me laissa redescendre du toit de la grange où je m’étais réfugié.

Cette question étant résolue, je pus retourner à la construction de Continuer la lecture de Une vie de dingue 

BONJOUR, PHILIPPINES ! – 10 – ANANAS, EXOCETS ET NOIX DE COCO !

CHAPITRE 10 – ANANAS, EXOCETS ET NOIX DE COCO !

L’enquête de circulation à grand spectacle que j’ai lancée entre Iligan et Butuan se termine et le dépouillement des milliers de questionnaires qui en résultent va bientôt commencer. Il est temps que je retourne à Mindanao pour organiser le début de cette opération.

Lorsque j’arrive à l’aéroport de Cagayan de Oro, Placido Palangsang est là qui m’attend avec la Jeep Willys. Il a l’air très en forme. Pendant le trajet vers la ville, il m’explique en quelques mots qu’il a pris la décision d’arrêter l’enquête trois jours plus tôt que prévu à cause de la défection soudaine de nombreux enquêteurs, retournés dans leur famille pour on ne sait Continuer la lecture de BONJOUR, PHILIPPINES ! – 10 – ANANAS, EXOCETS ET NOIX DE COCO ! 

BONJOUR, PHILIPPINES ! – 9 – RETOUR AU CHALET

CHAPITRE 9 – RETOUR AU CHALET

Où notre héros joue aux quilles / de la rancune tenace des taxis / Gérard et Ratinet montent en avion / de l’importance de la côte de bœuf dans les travaux routiers / retour au Chalet

***

Après ces sensations exaltantes de chef de guerre vécues au clair de lune dans la jungle philippine, je suis rentré une nouvelle fois à Manille. J’y ai repris mes habitudes : les petits déjeuners somptueux au bord de la piscine, la douce et calme efficacité de Cora, maitresse du bureau, les restaurants-casinos clandestins, le squash britannique, le bowling à ramasseurs de quilles. Et Ratinet. Mais je ne le vois plus que très peu. Il paraît définitivement ailleurs. Il ne vient que de temps Continuer la lecture de BONJOUR, PHILIPPINES ! – 9 – RETOUR AU CHALET 

BONJOUR, PHILIPPINES ! – 8 – DOUGLAS ET MOI

CHAPITRE 8 – DOUGLAS ET MOI

Cette fois, c’est du sérieux et il va falloir se colleter avec la dure matière. Dans l’avion qui vole vers Cagayan, je fais le point avec Pacifico, mon counterpart. Tout ce qui pouvait être préparé pour l’enquête depuis Manille semble prêt : la méthode, la durée de l’enquête, l’emplacement des postes, les nombres d’enquêteurs à chaque poste selon les moments de la journée et de la nuit. Les questionnaires, les manuels d’instruction et les badges ont été chargés dans deux caisses en soute. Les matériels de signalisation et d’éclairage nous serons fournis par le DPWH de Cagayan de Oro. Nous atterrirons dans une heure et je pense que c’est la première opération de cette envergure que Continuer la lecture de BONJOUR, PHILIPPINES ! – 8 – DOUGLAS ET MOI 

BONJOUR, PHILIPPINES ! – 7 – UN DINER A O.K. CORRAL

CHAPITRE 7 – UN DINER A O.K. CORRAL

Ça fait presque trois semaines que je suis rentré de mon premier voyage à Mindanao et ma vie à Manille s’est un peu organisée. Au bureau, mes journées se passent à préparer la grande enquête de transport que je devrais bientôt lancer. Le soir, je vais souvent au Manila Boat Club avec Robertson. Ce n’est pas la discipline essentielle de ce club sportif, l’aviron, qui m’intéresse mais le squash. Le grand écossais m’a initié à ce sport que j’aime bien à cause de sa facilité d’apprentissage, du défoulement qu’il procure en quelques minutes et de l’ambiance très anglaise qui règne dans le club et, plus particulièrement, dans le bar : serveurs, non, serviteurs indiens et philippins en veste blanche, boiseries exotiques, tables rondes et massives qui me font penser à celle du roi Arthur, majestueux ventilateurs de plafond, club-sandwiches et bière pression. Devenu par faveur membre du club, j’ai l’impression de faire maintenant partie de l’Empire britannique.

Parfois, nous prolongeons la soirée par une séance Continuer la lecture de BONJOUR, PHILIPPINES ! – 7 – UN DINER A O.K. CORRAL 

BONJOUR, PHILIPPINES ! – 6 – RETOUR A MANILLE

CHAPITRE 6 – RETOUR A MANILLE

Où l’on constate que contrairement à la foudre, la malédiction a encore frappé au même endroit et où l’on découvre les sports en vogue le dimanche à Manille.

***

— Nous venons d’atterrir à l’aéroport international de Manille. Il est 21 heures 15 et la température extérieure est de 90° Fahrenheit. Nous vous rappelons que votre ceinture doit rester attachée jusqu’à l’arrêt complet de l’appareil…..

Je ne prête même plus attention à la partie de l’annonce qui porte sur les armes. Lorsque nous sortons de l’aéroport, il est près de dix heures, et je ne pense qu’à ma chambre au huitième étage du Hilton.

Quelques heures auparavant, pendant le voyage en voiture entre Iligan et l’aéroport de Cagayan, Ratinet m’avait demandé de mes nouvelles. Brinquebalé par les chaos de la route, fatigué par mes jours de fièvre, et sans doute aussi vexé par Continuer la lecture de BONJOUR, PHILIPPINES ! – 6 – RETOUR A MANILLE 

Guillaume n’aime pas l’avion – 2

Fin de la première partie publiée hier :

—Doung !

—Mesdames, Messieurs, nous rencontrons actuellement un incident sans gravité qui retarde notre atterrissage. Ce problème technique devrait être résolu dans les minutes qui viennent. En attendant, nous vous prions de rester à vos places, ceinture attachée. Nous vous tiendrons au courant

MAIS SI VOUS VOULEZ LIRE CETTE PREMIÈRE PARTIE, CLIQUEZ ICI

Deuxième partie

« Tu parles, pense Guillaume. Ils nous racontent des blagues ! » L’avion continue à évoluer doucement dans le ciel. Le silence règne maintenant dans la cabine. Des minutes passent, et puis :

—Doung !

—Mesdames et Messieurs, ici votre commandant de bord. Nous rencontrons actuellement un problème technique qui nous impose d’atterrir en procédure d’urgence. Je vous demande de rester assis calmement à vos places et de conserver votre ceinture de sécurité attachée. Le personnel de cabine va vous instruire de la procédure à suivre.

« Merde ! Je le savais ! », pense Guillaume. Aux premiers mots du pilote, après quelques légers cris de surprise ici ou là, c’est un brouhaha général qui se fait entendre. Des bras se lèvent pour appeler les hôtesses. Un homme au visage cramoisi s’est dressé dans l’allée centrale. Du fond de l’avion, il marche à grands pas vers l’avant. Deux hôtesses l’arrêtent dans le couloir. Guillaume devine une discussion en anglais. L’homme retourne à regret à sa place. Il regarde droit devant lui, le regard fixe, les yeux écarquillés.  Dans la rangée de sièges qui est devant Guillaume, la femme qui est assise côté hublot s’est mise à pleurer doucement. L’homme à côté d’elle lui parle gentiment en italien. D’une voix douce et monotone, il tente de la calmer.

Catherine a écouté avec attention la dernière annonce du pilote, puis elle a jeté un coup d’œil à Guillaume.

—Ça va ?

Pour toute réponse, Continuer la lecture de Guillaume n’aime pas l’avion – 2