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Le voyage du petit Christian à Rome – 4ème et dernière partie

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Le voyage du petit Christian à Rome

Quatrième et dernière partie

On a failli se battre !

Un soir, il y a eu un drame ! Francis, il a fait une colère terrible au restaurant chez Mario parce qu’il a dit que ça, c’était pas des vrais antipasti et qu’il aimait pas qu’on le prenne pour un touriste breton et qu’il voulait qu’on lui amène le patron enchaîné. Comme il était tout rouge et qu’il suait à grosses gouttes (alors qu’il n’avait encore rien bu), on n’était pas tranquille du tout et on ne savait plus où se mettre. Michèle faisait semblant de chercher ses lentilles sous la table, Anne M. en rajoutait un peu et disait à Francis « Vas-y, casse lui la gueule qu’on rigole un peu », Christian et Laurent, qui ne sont pas doués pour la bagarre, les trouvaient très bons les antipasti bien qu’ils ressemblaient à de banals fayots, Richard, que plus personne ne surveillait, mangeait Continuer la lecture de Le voyage du petit Christian à Rome – 4ème et dernière partie 

Frankie – Critique aisée n°170

Critique aisée N°170

Frankie
Ira Sachs – 2019
Isabelle Huppert, Pascal Greggory, Brendan Gleeson, Jérémie Renier, Marisa Tomei, Greg Kinnear

Vous connaissez l’importance que j’attache aux critiques du Masque et la Plume. Ça fait maintenant des années que je vous en rebats les oreilles. L’avantage de cette réunion hebdomadaire de journalistes spécialisés, c’est que les avis s’y confrontent, qu’ils s’y opposent, parfois vivement, et qu’avec un peu d’habitude, cela vous permet de faire votre marché. Par exemple, une analyse rapide des avis de Xavier Leherpeur, Eric Neuhoff, Jean-Marc Lalanne et Pierre Murat sur le dernier film de Xavier Dolan suivie d’une subtile synthèse vous permettra de vous décider à aller le voir ou non. Alors quand ces quatre-là sont unanimes, vous vous dites que vous pouvez y aller de confiance. C’était le cas pour Frankie, le dernier film dans lequel Continuer la lecture de Frankie – Critique aisée n°170 

Vue du pont

Couleur Café n°30

Vue du pont
Café Beaurepaire
1 rue de la Bûcherie
13 mai 2019

Ça fait déjà presque un mois que la nef de Notre-Dame a brûlé et je ne suis toujours pas allé voir le désastre. La peur du choc peut-être. Mais en tant que vieux parisien et voisin, il va bien falloir que je lui rende visite. Je lui dois bien ça. J’y vais.

Pour éviter la trompeuse vue de face des tours apparemment intactes, j’opère un large mouvement tournant par la place de l’Hôtel de Ville, puis par le pont Louis Philippe et le pont Saint-Louis. Je passe rapidement le long des grilles du square Jean XXIII dont les arbres ne permettent pas de voir la catastrophe dans toute son ampleur. Le pont de l’Archevêché offre une vue bien dégagée sur le flanc de la cathédrale. La première impression, c’est qu’elle est toujours là, et dans un premier temps, la disparition de la flèche se remarque à peine. Mais tout de suite après, c’est l’absence de toiture qui saisit, et puis les échafaudages tordus et calcinés, et puis les pierres noircies, et puis les flèches des grues. On a beau l’avoir vue à la télévision, Notre-Dame, à tous les instants de l’incendie, sous toutes les coutures, brûlant des flammes de l’enfer, fumant sous les lances des pompiers, refroidissant sous le regard des drones, la voir ainsi, en vrai, grandeur nature, sans couverture, ça en fiche un coup, on a l’impression de la voir frissonner sous le vent mauvais de ce fichu mois de mai.

Le pont de l’Archevêché n’a jamais porté autant de monde. En colère — mais contre qui, grands dieux ? — je m’insinue entre les touristes, m’excusant à peine de faire irruption dans leur photo-souvenir. « Laissez-moi passer, nom de Dieu, je suis de la famille ! » Tout là-haut, embarqués dans des nacelles qui oscillent doucement au bout de bras télescopiques vertigineux, des petits Playmobils casqués de blanc et vêtus de Continuer la lecture de Vue du pont 

Nighthawks enfin expliqué – 1

Nighthawks est probablement le tableau de plus célèbre d’Edward Hopper (1882-1967). Les commentateurs s’accordent en général pour dire que ce tableau, peint en 1942, est une représentation de la solitude et de l’aliénation de l’individu dans la société américaine.

Pourtant cette interprétation est loin de faire l’unanimité chez les spécialistes et plus particulièrement chez les gardiens de musée, surtout depuis qu’un jeune chercheur de l’Université d’Hawal-Bumpil-On-The-Gange a retrouvé dans l’un des containers qui renferment les documents en instance de classement du Whitney Museum de New York une série de croquis qui mettent en évidence les hésitations du maître quant à la signification de son œuvre majeure. Voici le premier d’entre eux qui exprime le désarroi pathétique de la femme devant l’absurdité du temps qui passe en même temps que l’assurance insolente de l’homme devant l’absurdité de la femme.
Nota bene : Avant d’envoyer des insultes à la Rédaction, rappelez vous que c’est Hopper qui pense et que nous sommes en 1942

 

Le voyage du petit Christian à Rome – 3ème partie

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Le voyage du petit Christian à Rome

Troisième partie

Livia

A notre arrivée à Rome, on a compris que la nouvelle maîtresse ce n’était pas une rigolote. D’abord, le premier jour, quand elle nous a vu arriver avec nos chouettes déguisements, des gilets pare-balles kakis avec des poches partout pour les garçons et des foulards à fleurs de toutes les couleurs pour les filles, elle nous a dit : « Je vous préviens, je veux bien faire guide touristique mais pas gardienne de troupeaux !». Du coup, les casquettes, on n’a pas osé les mettre sinon, je crois bien que Livia aurait pris le premier avion pour rentrer à Paris. A table, on ne pouvait même pas manger ce dont on avait envie. C’est vrai aussi que Richard, il était un peu agaçant parce qu’il voulait toujours quelque chose qui n’existait pas sur le menu et Livia, elle voulait lui faire comprendre que ce n’était pas possible et alors on perdait beaucoup de temps et quand Continuer la lecture de Le voyage du petit Christian à Rome – 3ème partie 

Never grow old – Critique aisée 169

Critique aisée n°169

Never grow old
Ian Kavanagh – 2019
John Cusack, Emile Hirsch, Déborah François

Ce film, je vais pouvoir vous en dire la fin. Ce n’est pas mon habitude, mais de deux choses l’une : ou vous l’avez vu et vous la connaissez, ou vous ne l’avez pas vu et vous ne la connaîtrez jamais.
Jamais ?
Jamais !
Ou alors dans deux ou trois ans sur l’écran fissuré de votre tablette obsolète et d’ici là, il y a longtemps que vous aurez oublié ma critique.
Mais pourquoi, ce jamais péremptoire ?
C’est évident :

  1. Never grow old est sorti au mois d’août
  2.  C’est un western
  3.  Il n’est pas signé Quentin Tarentino
  4.  Ni Brad Pitt, ni Tom Cruise ne jouent dedans
  5.  La presse n’a pas été très bonne

Cinq mauvaises raisons, mais raisons quand même pour qu’il disparaisse des salles au bout d’une semaine.

La critique du Masque et la Plume ayant été unanimement bonne, je Continuer la lecture de Never grow old – Critique aisée 169