Tous les articles par Philippe

Rature et littérature

Morceau choisi

La première qualité du style, c’est la clarté. (…)
Alcimadas a ce défaut. (…) Il ne se contente pas de dire la “sueur”, il ajoute : l’humide sueur. Il ne dit pas “les jeux de l’Isthme”, mais “la solennité des jeux de l’Isthme”. Dire “les lois” serait trop peu pour lui ; il ajoute : les lois, reines de états. (…) Jamais il ne dira “le chagrin”, mais : le triste chagrin de l’esprit. (…) S’il faut dire : il cacha telle chose sous des branches d’arbres ; il ajoute : sous des branches d’arbres de la forêt.
Aristote

L’art n’est pas d’aligner des mots, mais d’en enlever.
Paul Morand

La règle, c’est qu’il faut laisser refroidir son premier jet, jusqu’à ce que le texte vous en redevienne étranger. On reprend ensuite ses phrases ; on rature, on biffe, on allège, on résume, on essaye de concentrer sa pensée dans le moins de mots possibles. La page est-elle noire, recopiez-là, c’est l’essentiel. Une fois recopiée, elle vous paraîtra tout autre. […]   Recommencez le même travail.
Antoine Albalat

Où la pensée s’affermit, l’épithète se raréfie.
Maurice Chapelan

Vous avez compris ?
Si vous écrivez, soyez bref ! Mais sachez que ça prend un temps fou !

Bientôt publié

13 Juil, 7 h 47 min Echecs
14 Juil, 7 h 47 min BONJOUR, PHILIPPINES ! – 9 – RETOUR AU CHALET
15 Juil, 7 h 47 min Toutes les mêmes

Les moulins d’Orient

—Ah si tu savais ce qui vient de se passer ! On l’a échappé belle ! J’en suis encore tout retourné !

—Qu’est-ce qui t’est arrivé ?

—Tu me croiras si tu veux, mais pas plus tard que tout à l’heure, j’ai rencontré Maurice, le druide.

—Où ça ?

—Ben, pas loin là, à la rivière.

—Croyais qu’il était en voyage.

—Non, non, il a fini par rentrer. Il avait l’air fatigué, tu sais, les traits tirés, le visage buriné, la barbe et les cheveux hirsutes et couverts de Continuer la lecture de Les moulins d’Orient 

BONJOUR, PHILIPPINES ! – 8 – DOUGLAS ET MOI

CHAPITRE 8 – DOUGLAS ET MOI

Cette fois, c’est du sérieux et il va falloir se colleter avec la dure matière. Dans l’avion qui vole vers Cagayan, je fais le point avec Pacifico, mon counterpart. Tout ce qui pouvait être préparé pour l’enquête depuis Manille semble prêt : la méthode, la durée de l’enquête, l’emplacement des postes, les nombres d’enquêteurs à chaque poste selon les moments de la journée et de la nuit. Les questionnaires, les manuels d’instruction et les badges ont été chargés dans deux caisses en soute. Les matériels de signalisation et d’éclairage nous serons fournis par le DPWH de Cagayan de Oro. Nous atterrirons dans une heure et je pense que c’est la première opération de cette envergure que Continuer la lecture de BONJOUR, PHILIPPINES ! – 8 – DOUGLAS ET MOI 

Le beau nom grave de tristesse

« Sur ce sentiment inconnu dont l’ennui, la douceur m’obsèdent, j’hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse. C’est un sentiment si complet, si égoïste que j’en ai presque honte alors que la tristesse m’a toujours paru honorable. Je ne la connaissais pas, elle, mais l’ennui, le regret, plus rarement le remords. Aujourd’hui, quelque chose se replie sur moi comme une soie, énervante et douce, et me sépare des autres.

Cet été-là j’avais dix-sept ans et j’étais parfaitement heureuse. Les « autres » étaient mon père et Elsa, sa maîtresse. Il me faut tout de suite expliquer cette situation qui peut paraître fausse. Mon père avait quarante ans (…) »

En ce début d’été, replongez-vous de toute urgence dans ce roman écrit par une jeune fille de dix-sept ans, dans cette tragédie douce et sophistiquée, cette comédie grave et amère, ce style pur et clair, replongez-vous dans « Bonjour tristesse » dont vous venez de relire l’incipit.

 

Dernière heure : Le Donald a encore frappé

Dernière heure : Le Donald a encore frappé
Vendredi 5 juillet

Ceci est un extrait du discours que Donald Trump a prononcé devant la nation hier 4 juillet, jour de la célébration de l’Indépendance des États-Unis.

 (…) In June of 1775, the Continental Congress created a unified army (out of the revolutionary forces encamped around Boston and New York and named after the great George Washington, commander in chief. The Continental Army suffered a bitter winter of Valley Forge, found glory across the waters of the Delaware and seized victory from Cornwallis of Yorktown.) Our army manned the air, it rammed the ramparts, it took over the airports, it did everything it had to do. And at Fort McHenry, under “the rockets red glare,” it had nothing but victory. And when dawn came, their star-spangled banner waved defiant. (…)

En juin 1775, le Congrès Continental créa une armée unifiée (…). Notre armée maitrisa les airs, enfonça les remparts et pris les aéroports, elle fit tout ce qu’elle devait faire. (…)

Habitués que nous sommes aux mensonges et autres fake news de l’homme le plus puissant du monde, nous avons voulu vérifier les allégations du Président des USA. Après recherches, notre service de Fact Checking est formel :

En 1775, il n’y avait ni avions pour s’assurer de la maitrise des airs, ni aéroports pour les faire se poser. Pour ce qui est des remparts, on n’est pas sûrs.