Tous les articles par Philippe

Le Cujas (35)

Bientôt on va partir d’ici, on va arriver à Rovno. Je retrouverai la famille. Ils nous cacheront jusqu’à la fin de la guerre et après, on prendra un train en première classe et deux jours après, on arrivera comme des rois Gare de l’Est, en pleine forme. J’irai retrouver Simone et tout recommencera comme avant.

Chapitre 7 — Samuel Goldenberg

Huitième partie

18 mars
On l’a échappé belle. Avant-hier, pendant que j’étais dans la cuisine, j’ai entendu un bruit comme je n’avais jamais entendu. J’étais dans ma cuisine en train de préparer mes papiers pour écrire dans mon journal. D’un coup, il y a eu une espèce de rugissement qui est passé à toute vitesse au-dessus de la maison. J’ai pas pu m’empêcher de sortir dans la rue pour regarder et j’ai vu un avion qui filait vers l’Est en rase-motte. C’était un allemand, ça c’était sûr, et il était pas bien gros. Ça devait être un chasseur. J’étais pas rentré à l’abri qu’un autre avion, un chasseur allemand aussi, passait en hurlant tout pareil au-dessus du village. J’ai filé me cacher en espérant qu’il m’avait pas repéré.
Avec Maurice, on s’est retrouvé dans la cave. On se parlait pas, on était pas fiers. Finalement, on a décidé de plus sortir du tout. On a recommencé à avoir peur.

25 mars
On est resté comme ça pendant trois jours. On sortait qu’une fois par nuit Continuer la lecture de Le Cujas (35) 

Le Cujas (34)

Alors, je lui ai raconté qu’au début j’avais travaillé aux Halles pour me payer des cours de français et de comptabilité, que j’étais ensuite devenu impresario pour artistes de music-hall, et que j’avais fini par réaliser mon rêve en ouvrant un restaurant chic du côté de la Muette. C’était une belle histoire presque vraie somme toute, et ça me valait le respect de Maurice.

 Chapitre 7 — Samuel Goldenberg

Septième partie

27 septembre
De notre cave, on sort pratiquement que la nuit, par sécurité. Alors, j’ai toute la journée pour écrire. C’est ce que j’ai fait toute la journée d’avant-hier. Ça commence à me prendre, le besoin d’écrire, maintenant que j’ai plus de choses si horribles à raconter. Le matin, je monte dans ce qui était la cuisine de la maison. Il n’y a plus ni carreaux ni cadre aux fenêtres, mais il reste un peu de toit autour de la cheminée. Comme ça, je suis à l’abri de la pluie et du soleil et j’ai la lumière du jour.
J’ai placé une table et un tabouret que j’ai réparés près d’une fenêtre et je m’installe là pour écrire. Maurice, lui, il se met dans la pièce d’à côté, une ancienne chambre, à une autre table que je lui ai réparée aussi. C’est drôle parce qu’on dirait qu’on a chacun notre bureau. On s’est partagé le papier et les crayons, et lui, il écrit de la musique. De temps en temps, je vais voir ce qu’il fait. C’est beau, ces lignes, ces barres et ces point noirs qui s’alignent. Je ne comprends pas comment tout ça peut faire de la musique, mais il me dit que si. Continuer la lecture de Le Cujas (34) 

RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (70)

RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (70)

11/09/2020

Jacques Higelin

Un très sympathique hurluberlu, poète, bohème, dilettante, chanteur et comédien, tombé du ciel et disparu trop tôt.

TOMBÉ DU CIEL

 

Laissez-moi profiter du Rendez-Vous avec Higelin pour donner les

Résultats du jeu de l’excipit

Bon, finalement, un seul lecteur a tenté de deviner les auteurs des 6 textes présentés. Son pronostic est publié en commentaire. Mais voici les auteurs enfin révélés :

SASSI MANOON 1 – sans titre – Lorenzo
SASSI MANOON 2 – sans titre – Lorenzo
SASSI MANOON 3 –  Sassi Manoon et le What’s next ? – Philippe
SASSI MANOON 4 –  La Belle Angèle – Jim
SASSI MANOON 5 –  sans titre – Lorenzo
SASSI MANOON 6 – Sassi Manoon et les Texas Rangers – Bételgeuse

 

Le Cujas (33)

Les salauds se sont mis à tirer dessus à la mitraillette. Les pauvres gens se précipitaient sur les barbelés pour essayer de passer quand même. Moi, je voyais tout ça du bord de la forêt où je m’étais planqué. J’en étais malade, mais je pouvais rien faire. Alors je me suis relevé et je me suis mis à courir. Qu’est-ce que je pouvais faire d’autre ?

Chapitre 7 — Samuel Goldenberg

Sixième partie

15 septembre 1943
En fait, je sais pas vraiment si on est le 15 septembre ou le 10 ou même le 1er octobre. Là où je suis y a pas moyen de savoir. Pendant qu’on courait pour s’éloigner du camp, on pensait pas à compter les jours. Et puis à quoi ça m’aurait servi de savoir que j’allais mourir un mardi ou un mercredi. Parce que j’étais sûr qu’on allait mourir. Mais plus les jours passaient, plus je me disais que c’était peut-être pas foutu. Alors j’ai choisi la date la plus probable possible. Maintenant qu’on est un peu au calme, faut bien recommencer à compter les jours. Et puis, compter le temps qui passe, c’est peut-être bien ça qui nous faits différents d’un chien ou d’un poisson rouge.
Je sais pas comment je vais raconter ce qui s’est passé depuis Treblinka. C’est devenu Continuer la lecture de Le Cujas (33) 

RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (69)

 

RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (69)

9/09/2020

Edith Piaf
Les Compagnons de la Chanson 

Retour à la nostalgie : Henri Spade et son émission « La Joie de Vivre », si vous n’avez pas totalement perdu la mémoire, ça doit vous dire quelque chose, non ?  Son indicatif, c’était « La Vie en Rose » reprise en coeur par le public. Le prétexte de l’émission était de retracer la carrière d’une vedette, en invitant d’autres vedettes qui venaient chanter les chansons préférées de l’invité.

Ici, c’était La Joie de Vivre de Gilbert Bécaud et, parmi les invités, Les Compagnies de la Chanson et Edith Piaf, qui avaient fait pleurer la France entière avec Les Trois Cloches.

Voici :

LES TROIS CLOCHES