Tous les articles par Philippe

Dernière heure : Le Cujas continue

Dernière heure : Le Cujas continue

Et voilà ! Ce matin vous avez lu le dernier épisode du chapitre 8 du Cujas, consacré à Georges Cambremer. 
Mais, ce n’est pas fini. Le Chapitre 9, consacré à un individu du nom de Mattias Engel, paraitra en épisodes à partir du 20 avril jusqu’au 26 mai. 
Ensuite, viendra le dernier Chapitre, le dixième, consacré à Dashiell Stiller, le petit photographe. Ce chapitre n’est pas terminé. Disons qu’il est écrit au tiers et qu’il sera peut-être terminé à temps pour prendre la suite du chapitre 9. 

Enfin, comme je dis souvent et comme Homère disait toujours : on verra !

En plus de cette importante nouvelle, je vous offre cet après-midi cette petite histoire bilingue qui m’est revenue tout à l’heure en tassant mon tas de bois :

À Londres, un Français dont l’anglais a été dispensé par l’Education Nationale entre pour déjeuner dans un  restaurant chic. Un maitre d’hôtel  s’approche pour prendre sa commande : 

— Good day, Sir ! Beautiful morning, isn’t it ? May I ask what the gentleman will have ? 

— Euh … One steak, please.

— Certainly, Sir. And how would you like it done, Sir ?

Le Français, qui en tant que tel, aime sa viande saignante, répond :

— Euh… Bloody

Et le maitre d’hôtel : 

— Certainly, Sir. One bloody steak. And some fucking french fries, perhaps ? 

Bientôt publié

Demain, 07:47 Les Atrides, c’est compliqué
13 Avr, 07:47 Ah ! Les belles boutiques – 44
14 Avr, 07:47 Le Cujas – Chapitre 8 – Georges Cambremer (intégral)
15 Avr, 07:47 A Saint Sulpice, le mois dernier

Le Cujas (53)

Tout le monde sait que ces calomnies ont été répandues pour me nuire. Ce sont d’ignobles procédés malheureusement devenus courants de nos jours en politique. Ils ont profondément blessé ma mère qui a eu du mal à s’en remettre. Pour ma part, après quelques années au service du pays, j’en ai pris l’habitude et je sais à présent comment traiter ces insinuations : par le mépris.

Chapitre 8 – Georges Cambremer

Seizième partie  

Combat : Revenons, s’il vous plait, à vos débuts dans la politique. Donc, au moment de la Libération, vous êtes sans attache politique particulière. Et pourtant, vous ne tardez pas à grimper dans l’appareil d’état.

G.C. : Je crois qu’on peut dire que tout a commencé pour moi Place de l’Hôtel de Ville juste après le fameux discours du 25 août. J’étais au pied de l’estrade et j’acclamais De Gaulle avec les autres. A la fin du discours, j’ai entendu qu’on m’appelait. C’était le Commandant Calixte. Il était à côté du Général. Il m’a fait monter sur l’estrade et a tenu à me présenter à lui. De Gaulle ne m’a pas reconnu tout de suite, mais quand Calixte lui a rappelé que j’étais l’adjoint de Marchèse et que j’étais présent lors de sa mort, le Général m’a dit : « Ah ! Cambremer ! Vous avez eu beaucoup de chance de pouvoir côtoyer un homme comme Marchèse. Montrez-vous en digne. » Et puis il a ajouté : « Calixte, voyez donc ce qu’on peut faire de ce jeune homme. » C’est comme ça qu’une dizaine de jours plus tard, Calixte me convoquait à l’Hôtel de Brienne et Continuer la lecture de Le Cujas (53)

Rendez-vous à cinq heures : Sveva Alviti

La page de 16h47 est ouverte…

Sveva Alviti

Dalida, la chanteuse des années 60-80, vous vous rappelez ? Toute une époque… Ce n’était pas Piaf, Barbara, ni même Gréco, mais quand même un talent et une présence avec sa voix, son sourire, sa chevelure et même son (léger) strabisme.

Sa vie privée fut celle d’une insatiable amoureuse, hélas endeuillée par des suicides en série – j’en ai compté cinq – avant le sien un an après le tournage du « Sixième jour » au Caire, là où elle avait passé son enfance. Ce film un peu glauque (une histoire de choléra) a dû aussi la perturber. Mais pourquoi ce choix ? Mystère.

Marquée aussi par une stérilité dont elle se sentait responsable.

En résumé, l’horreur, à l’inverse de ses succès sur scène et de son éternel sourire.

Cette vie peu ordinaire a valu, en 2016, un film biographique de Lisa

Azuelos, Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures : Sveva Alviti

Le Cujas (52)

G.C. : Vous savez, dans ces moments-là, on n’a pas beaucoup de temps pour réfléchir. J’étais surtout bouleversé par l’agonie de Jacques et, quand j’ai repris mes esprits, c’est cette incroyable opportunité de m’enfuir qui m’a occupé tout entier. Ce n’est qu’ensuite, quand je fuyais à travers la forêt, quand je pensais que j’allais être rattrapé d’un moment à l’autre que j’ai réalisé l’héroïsme de Jacques et que je me suis promis de suivre son exemple si je devais être repris. J’ai eu la chance de ne pas avoir à le faire.

Chapitre 8 – Georges Cambremer

Quinzième partie

Combat :  Vous êtes donc arrivé à Paris.

G.C. : Oui, et là, j’ai pris contact avec le commandement des FFI de la Rue de l’Abbé de l’Épée. Je me suis fait connaître et on m’a intégré dans l’organisation. Il y avait beaucoup de fébrilité parce que le débarquement de Normandie était annoncé pour bientôt. Et puis, dans la nuit du 5 juin, le message codé est arrivé : c’était pour le lendemain matin. Le message était surtout destiné aux réseaux de Normandie qui devaient préparer le terrain pour les alliés. Mais il avait mis le feu aux esprits des FFI de Paris. Pour l’instant ils avaient ordre de demeurer inactifs. On ne voulait pas risquer de déclencher les terribles représailles dont Von Choltitz avait menacé Paris.
Les informations que nous recevions sur les plans des alliés étaient vagues, imprécis. On ne savait pas quand ils allaient arriver à Paris ni même s’ils n’allaient pas le contourner. Ce sont les communistes, les Francs-Tireurs, qui ont déclenché l’insurrection, le 19 août, un peu trop tôt sans doute, on le sait aujourd’hui. Mais ce qui était fait était fait. Il n’était plus possible de revenir en arrière. Rue de l’Abbé de l’Épée, on s’est décidé Continuer la lecture de Le Cujas (52)

Rien ne va plus – Critique aisée n°212

Critique aisée 212

Rien ne va plus
Claude Chabrol – 1997
Michel Serrault -Isabelle Huppert

Depuis peu, Netflix propose plusieurs films de Claude Chabrol : La Cérémonie, L’Enfer, Merci pour le chocolat, Betty, Madame Bovary, Le Corps de mon ennemi, Rie ne va plus, etc…

Il paraît que chez Chabrol, un film sur deux est une couillonerie, terme dont il qualifiait lui-même certains d’entre eux. Si j’avais su cela, avant de voir Rien va plus, j’aurais vérifié quel film le précédait. Réalisant que c’était La Cérémonie, je me serais abstenu.

Chabrol était, disait-on, un bon vivant, épicurien et farceur. D’ailleurs, ça se voyait, il en avait l’apparence, tout rond, rubicond, et rigolard. Il me donnait l’impression d’un Tartarin qui aurait été intelligent. Sympathique, le Chabrol, plein d’humour. Tout l’opposé de Godard, par exemple.

Mais ça et le fait qu’il ait réalisé Le Beau Serge et Les Cousins ne sont pas des raisons suffisantes pour que je lui pardonne Rien ne va plus.

Dans une intrigue qu’on pourrait Continuer la lecture de Rien ne va plus – Critique aisée n°212

Le Cujas (51)

Il m’a appris que j’étais sur le point d’être découvert et que mon arrestation n’était qu’une question de jours, peut-être d’heures. Il fallait fuir immédiatement, le soir même serai le mieux. Le trajet à travers la France occupée serait dangereux, mais une filière était prête à me prendre en charge. Je n’avais aucune attache à Vichy, ni famille ni amis. Alors j’ai accepté sans hésiter. Dans la nuit, un camion m’a transporté jusqu’à Tulle. De là, je me suis rendu à bicyclette jusqu’à Bayonne d’où un tout petit bateau m’a emmené à Santander en Espagne. Dix jours plus tard, j’arrivai à Londres.

Chapitre 8 – Georges Cambremer

Quatorzième partie

Combat : Et là, vous avez rencontré le Général De Gaulle…

G.C. : Non, pas tout de suite. J’ai tout d’abord rencontré chaque jour pendant presque un mois un aide de camp du Général, le Commandant Calixte. C’était un homme très cultivé, tout à fait charmant, avec qui j’ai eu de longues conversations sur beaucoup de sujets. Devant une tasse de thé ou un verre de whisky, nous parlions de littérature, de mon séjour en camp de prisonnier, de la carrière de mon père ou de la personnalité de Pierre Laval. De temps en temps, Calixte était accompagné d’un jeune anglais très poli. Il me l’avait présenté comme Continuer la lecture de Le Cujas (51)