Tous les articles par Philippe

Variations de tension

Cet exercice de style a été exécuté dans le cadre d’un atelier d’écriture. Il s’agissait de raconter quatre fois la même histoire en augmentant la tension du récit à chaque fois . Il a déjà été publié ici il y a quatre ans. 

 

Basse tension
L ‘homme s’approcha de l’entrée, poussa la porte et pénétra dans la salle d’attente. Au fond de la pièce, une femme d’âge moyen tapait à la machine derrière un bureau.
— Bonjour, monsieur. Vous désirez?
— Bonjour madame, je souhaiterais voir le docteur Cottard.
— Est-ce que vous avez rendez-vous?
— Hélas non, mais c’est important.
— Je suis désolée, mais c’est impossible. D’ailleurs, le docteur est absent. Il faudra prendre un rendez-vous.
— Bon, tant pis, je repasserai.

Moyenne tension
L ‘homme paraissait agité. Il s’approcha de la grande porte vitrée et la poussa avec hésitation. La salle dans laquelle il venait de pénétrer Continuer la lecture de Variations de tension 

Dernière heure : Il y a toujours un côté du mur à l’ombre

Dernière heure : Il y a toujours un côté du mur à l’ombre

Mercredi 20 février

Donald Trump s’est vu refuser son mur par le Congrès. Il tempête, il fulmine, il est très colère, le Donald. Il jure qu’il veut son mur et qu’il l’aura. Il déclare l’état d’urgence qui lui permettra de le financer. Huit milliards qui seront prélevés sur des postes du budget déjà voté. Mais, attention, les Démocrates veillent. Ils vont lui faire des procès. Déjà, seize états coalisés engagent une action en justice. Oh la la ! Ça va mal pour le Donald !

Croyez-vous ? Moi, quelque chose me dit que de son mur, il s’en fout. Construit ou pas, il s’en fout. Il sait bien qu’il va aller de procès en procès, pour finir un jour peut-être même par gagner devant la Cour Suprême, dans quoi ? quatre ans ? six ans ? Mais gagner, il s’en fout. Il s’en fout, le Donald, autant que de construire son mur. Son horizon n’est pas si lointain. Alors, aux Démocrates, il dit : « Allez-y les gars, amusez-vous, faites-moi tous les procès que vous voudrez, bloquez la construction du mur, allez de juridiction en juridiction, de Cour en Cour et, si possible même, gagnez tous vos procès ! » Car, en fait, tout ce qu’il veut, le Donald, c’est pouvoir déclarer à ses troupes et ses supporters lors de la prochaine campagne présidentielle qu’il a tenu toutes ses promesses de la campagne précédente, sauf celle de construire « Le Mur », car les méchants Démocrates l’en ont empêché. Ouh ! les Démocrates !

Le Donald vous a mis au pied du mur. Alors, allez-y, les Démocrates, amusez-vous !

  • POUR DEMAIN ET APRES 
  • Demain, 8 h 47 min Biscayne bay
  • 22 Fév, 8 h 47 min Variations de tension
  • 23 Fév, 8 h 47 min Passagère
  • 24 Fév, 8 h 47 min Cyrano de Bergerac – Critique aisée n°152
  • 25 Fév, 8 h 47 min Malachite du Congo

Sérotonine – Critique aisée n°151

Critique aisée n°151

Sérotonine
Michel Houellebecq – 2019
Flammarion – 347 pages – 22€

C’est une banalité de dire que Michel Houellebecq est un homme désespéré. De plus, comme il le dirait lui-même, c’est une banalité qui est probablement vraie. S’il en était besoin, son dernier livre, Sérotonine, en serait la preuve définitive : la lente dégringolade, acceptée et même voulue, programmée depuis la première page jusqu’à la trois-cent-quarante-septième, par un homme, la quarantaine, pourvu d’un bon emploi, d’un bon salaire, de temps libre, en somme d’une existence plutôt facile. Qu’arrive-t-il donc à cet homme presque comblé ? Eh bien, il lui arrive qu’il n’a plus de désirs et pas seulement sexuels : il n’a plus envie de rien, il s’affaisse sur lui-même, il meurt littéralement de chagrin lui dira un médecin étonné à la lecture des résultats de ses analyses.  Son métier de technocrate de l’agriculture, qu’il exerçait autrefois sinon avec passion du moins avec intérêt et honnêteté, le désespère depuis qu’il a compris que quoi qu’il fasse, des pans entiers de l’agriculture française sont inéluctablement condamnés. La liaison qu’il vit à contrecœur avec une jeune japonaise snob et surdouée du porno, il ne demande qu’à la terminer, au besoin en faisant passer la dame par la fenêtre. Son seul désir est de rester enfermer dans une chambre d’hôtel Mercure du XIIIème arrondissement ou dans un studio de l’avenue d’Ivry à fumer et boire du calvados, non pas vraiment mettre fin à ses jours, mais se détruire petit à petit.

Ce désespoir, le narrateur pourrait, c’est la mode, le reprocher à sa famille, ses amis, ses femmes, ou à la société. Mais non, trop facile, c’est Houellebecq : « Contrairement à Rousseau, je ne pouvais pas non plus dire que j’avais été « proscrit de la société des hommes par un accord unanime » ; les hommes ne s’étaient nullement ligués contre moi ; il y avait eu simplement qu’il n’y avait rien eu, que mon adhérence au monde, d’entrée de jeu limitée, était peu à peu devenue nulle, jusqu’à ce plus rien ne puisse interrompre le glissement. »

Mais son dernier livre, c’est aussi, encore davantage que les précédents, la description acide et souvent désopilante — pendant ma lecture, j’ai souri un nombre de fois que je n’ai pas pu compter et, croyez-moi, j’ai véritablement éclaté de rire deux ou trois fois, y compris une dans l’autobus 27 — de la société de ce début de millénaire, le millénaire de trop comme dit le narrateur.

La nonchalance définitive et provocante avec laquelle il écrabouille Niort, « une des villes les plus laides qu’il m’ait été donné de voir « , ridiculise le quartier parisien de la Butte aux Cailles, « un monde de crêperies militantes et de bars alternatifs entrecoupés de magasins bio-équitables« , se demande comment un Hollandais pourrait être xénophobe, « il y a déjà contradiction dans les termes, la Hollande n’est pas un pays c’est tout au plus une entreprise« , abomine Paris tout entier « cette ville infestée de bourgeois écoresponsables« , est jubilatoire, dans la manière que l’on connait et que l’on aime, sans quoi on ne serait pas un lecteur de Houellebecq.

Mais ce bouquin désespéré n’est pas qu’un pur sanglot. Ce n’est pas non plus qu’une critique libérée de notre société ridicule de transparence sociétale et obsédée de correction politique. J’y ai aussi trouvé la relation poignante de deux amours qu’a connus le narrateur. Les scènes de bonheur y sont contagieuses et les scènes de séparation à la fois banales et terribles. Vous y verrez aussi une très belle et très tragique histoire d’amitié.

Quand, à quelques lignes de la fin, le narrateur dit : « J’aurais pu rendre une femme heureuse. Enfin, deux ; j’ai dit lesquelles. Tout était clair, extrêmement clair, dès le début ; mais nous n’en avons pas tenu compte. Avons-nous cédé à des illusions de liberté individuelle, de vie ouverte, d’infini des possibles ? Cela se peut, ces idées étaient dans l’esprit du temps ; nous ne les avons pas formalisées, nous n’en avions pas le goût ; nous nous sommes contentés de nous y conformer, de nous laisser détruire par elles ; et puis, très longuement, d’en souffrir.« , moi, ça m’émeut. Aux larmes. C’est bête, hein ?

Post-Scriptum : Dans son intervention au Masque et la Plume, Michel Crépu, rédacteur en chef de la N.R.F., a dit à propos de Sérotonine à peu près ce qui suit : « …Houellebecq sait qu’il est le patron. C’est lui qui dit l’esprit du temps, c’est lui qui l’écrit et c’est fait d’une façon absolument « nickel ». On a l’impression d’être assis à l’arrière d’une Rolls qui vous conduit sur la route du réalisme métaphysique tel que Houellebecq l’a inventé et imposé comme une espèce de référence herméneutique absolument incontournable pour comprendre son époque. C’est extrêmement impressionnant… » 

Post-Post-Scriptum : Si vous n’avez toujours pas lu « Soumission », vous pouvez toujours aller lire la Critique aisée n°48 que j’en avais faite sous le titre « T’as vu la gueule de Houellebecq ?«  en cliquant là-dessus.

  • POUR DEMAIN ET APRES 
  • Demain, 8 h 47 min Biscayne bay
  • 22 Fév, 8 h 47 min Variations de tension
  • 23 Fév, 8 h 47 min Passagère
  • 24 Fév, 8 h 47 min Cyrano de Bergerac – Critique aisée n°152
  • 25 Fév, 8 h 47 min Malachite du Congo

Dieu existe-t-il ?

Question : Pourquoi craignons-nous tant l’intelligence artificielle ? Nous pouvons débrancher les ordinateurs si nous le souhaitons.

Réponse : On a demandé à l’ordinateur : « Dieu existe-t-il ? »
Il a répondu : « Maintenant, oui », et a disjoncté.

Stephen Hawking – Brèves réponses aux grandes questions – Odile Jacob – 2018

Stephen Hawking (1942 – 2018)
-enterré à l’Abbaye de Westminster entre Newton et Darwin
-atteint de la maladie de Charcot, incapable de se déplacer et de parler
-physicien théoricien et cosmologiste britannique
-professeur de mathématiques à l’université de Cambridge
-a donné son nom au rayonnement des trous noirs
-auteur d’un best seller de vulgarisation : « Une brève histoire du temps »
-fréquente guest star de la série  « The Big Bang Theory »
-etc., etc.

ET DEMAIN

  • 19 Fév,  Tableau 242
  • 20 Fév,  Sérotonine – Critique aisée n°151
  • 21 Fév,  Biscayne bay

Une intime conviction – Critique aisée n°150

Critique aisée n°150

Une intime conviction1
Antoine Raimbault-2019
Marina Foïs, Olivier Gourmet, Laurent Lucas

La femme de Jacques Viguier disparaît sans laisser de trace par un mauvais dimanche matin de l’année 2000. Son mari est soupçonné de l’avoir assassinée. En 2009, son procès à lieu, et il est acquitté. Quand le film commence, le procureur vient juste de faire appel de cet acquittement. Nora (Marina Foïs) a assisté au premier procès. Convaincue de l’innocence de Viguier et révoltée par l’appel du procureur, elle parvient à convaincre le déjà célèbre avocat Dupont-Moretti (Olivier Gourmet) d’assurer la défense de l’accusé, ce qu’il va faire avec l’aide efficace et acharnée de Nora.

Si vous voulez savoir si Viguier sera finalement condamné ou acquitté, ce n’est pas ici que vous trouverez la réponse. Il vous suffira de gougueuliser sur Procès Viguier — c’est une histoire vraie — ou de lire n’importe lequel de vos critiques habituels qui adorent gâcher le suspense juste pour faire les malins. De toute façon, et sauf pour Continuer la lecture de Une intime conviction – Critique aisée n°150 

Dernière heure : La France bat les USA

Dernière heure : La France bat les USA
Vendredi 15 février

Selon les calculs du think tank américain Institute on taxation and economic policy, Amazon n’a (légalement) payé aucun impôt sur les sociétés aux US en 2018 malgré un bénéfice net record de 10Milliards$. 1

Et combien Amazon a-t-il payé d’impôts en France ?
Réponse : 8.000.000€

Pour les impôts, on sera toujours les plus forts !

Note 1 : Source T.T.S.O