Le Bourgeois gentilhomme – Nouvelles scènes

(déjà publié il y a 18 mois, mais toujours indispensable à chaque rentrée des classes)

Le 14 octobre 1670, il y a exactement 349 ans (!), Le Bourgeois gentilhomme était joué pour la première fois au château de  Chambord. Molière ayant été averti par la Montespan que le  Roi Soleil était de très mauvaise humeur ce soir-là, l’auteur décida de raccourcir sa pièce en supprimant trois scènes. La pièce ainsi tronquée ayant eu l’heur de plaire énormément à Sa Majesté, les scènes supprimées ne furent jamais rejouées par la troupe de Molière, instaurant une  tradition que la Comédie Française a respectée jusqu’à ce jour. Cette tradition sera interrompue à la saison prochaine où l’on verra enfin la pièce dans son intégralité. Voici les trois scènes en question :

 

Le bourgeois gentilhomme

Acte II – Scène III

Monsieur Jourdain, Maitre de Philosophie, Nicole

Monsieur Jourdain

— Holà, Monsieur le Philosophe, vous arrivez tout à propos avec votre philosophie.

Le Maître de Philosophie

—Qu’est-ce donc ? Qu’y a-t-il, Monsieur ?

Monsieur Jourdain

—Voici : je sors tantôt du salon de Philaminte. J’y ai rencontré l’un de vos confrères, Monsieur Trissotin. Vous le connaissez très certainement ?

Le Maître de Philosophie

—Hélas, je le connais.

Monsieur Jourdain

—Cet homme semble fort savant. Il m’a entretenu toute une heure de la connaissance en général et en particulier, de ses avantages dans l’exercice des affaires et de son importance dans la pratique du beau monde. Quand je lui ai appris que la connaissance Continuer la lecture de Le Bourgeois gentilhomme – Nouvelles scènes 

Nighthawks enfin expliqué – 4

Si vous avez raté les explications précédentes du Nighthawks d’Hopper, il faut absolument CLIQUER ICI et CLIQUER ICI et CLIQUER ICI.

Dans ce quatrième projet pour Nighthawks, Hopper se souvient de son séjour à Paris en septembre 1906, au cours duquel, au cinéma Champollion, il avait assisté  d’affilée à quatre projections successives d’un film français dont le titre s’est malheureusement perdu.

Bientôt publié

13 Oct, Aphorismes et approximations
14 Oct, Le Bourgeois gentilhomme – Nouvelles scènes
15 Oct, Kasbah des Oudaïas

Un personnage de roman

Jean ! Jean est mort depuis longtemps. Comme il a beaucoup vécu en Afrique, dans les colonies comme on disait encore au début des années soixante, je ne l’ai pas vraiment connu. Mais vers la fin, vers sa fin, je l’ai fréquenté un peu plus. Je me suis fait une idée, incomplète, imprécise, fausse peut-être même, de sa personnalité. J’espère que ça ne va pas le déranger que je parle de lui ici. Mais, si par hasard il l’apprenait, je suis certain qu’il comprendrait ce que j’essaie de faire : reconstituer sa personnalité à partir d’images anciennes. Avec son humour, sa bonne humeur, sa générosité et l’affection dont je suis sûr qu’il me portait, il comprendrait.

Jean était grand. D’après les photos de famille, dans ses jeunes années, il était plutôt élancé. La maturité, les aventures et l’âge l’ont rendu à peine un peu plus lourd, juste un peu plus impressionnant.

Jean était grand et brun. Il portait le cheveu long, pas à la mode des années hippies, pas sur les épaules, non, long juste de quoi avoir une mèche sur le front.

Jean était grand, brun et beau garçon. C’est ce qu’on disait Continuer la lecture de Un personnage de roman 

Deux moi – Critique aisée n°174 

Critique aisée n°174    

Deux Moi
Cedric Klapisch – 2019
Ana Girardot, François Civil, François Berléand, Camille Cottin, Simon Abkarian, Eye Haidara

Cédric Klapisch a tourné 13 films. Sur les treize, je n’en ai vu que huit. Désolé, mais il n’y a pas que le cinoche dans la vie. Je crois bien que parmi les huit, il n’y en a pas un seul que je n’ai pas aimé. Souvenez-vous du « Péril Jeune », ce film à tout petit budget qui avait révélé Romain Duris et Vincent Elbaz et qui est devenu, paraît-il, un film culte de la génération née dans les années 60. Deux autres films avaient fait connaître Klapisch du grand public, et c’était bien sûr « Chacun cherche son chat » et « L’Auberge Espagnole ». Rien qu’à avec ces trois films, on pourrait Continuer la lecture de Deux moi – Critique aisée n°174