Le Cujas (19)

Sur le front, tout était calme et chacun prenait ses habitudes. Quand Antoine venait en permission, nous sortions sans arrêt… Nous étions encore des jeunes mariés, vous comprenez ? On dansait, on faisait la fête, on riait, on plaisantait même sur cette “drôle de guerre” qui ne voulait pas commencer. Et Antoine repartait, certain de revenir le mois suivant. Et puis, le 10 mai 40, les Allemands ont attaqué. Vous connaissez la suite…

 

Chapitre 6 — Antoine de Colmont

Deuxième partie

Oui, la débâcle. On parlait de milliers de morts dans nos rangs et de prisonniers par dizaines de milliers. Rue de l’Université, tout le monde était fou d’inquiétude. Mon beau-père passait ses journées à téléphoner à ses relations militaires, il faisait le siège des ministères où il avait de la famille, mais personne ne savait rien. Les Allemands avançaient toujours. Il devenait de plus en plus certain qu’ils seraient bientôt à Paris. Le 11 juin en fin d’après-midi, mon beau-père a embarqué Continuer la lecture de Le Cujas (19) 

RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (50)

RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (50)

2/08/2020

Brassens

Aujourd’hui, de Georges Brassens, je vous propose une chanson composée en 1972. Ce n’est pas la plus célèbre de ses chansons mais, en ces temps de décentralisation acharnée, de régionalisation velléitaire et de revendication identitaire, j’ai trouvé qu’elle restait d’une actualité étonnante.

La ballade des gens qui sont nés quelque part 

 

 

 

 

Le Cujas (18)

Chapitre 6 — Antoine de Colmont

Première partie

Oui, c’est un appartement agréable. C’est mon refuge…un peu haut perché… presque inaccessible. Venez voir sur le balcon…C’est beau, n’est-ce pas, sous cette lumière. On dirait qu’il va y avoir de l’orage… Vous connaissez un peu Paris, Monsieur Stiller ? Regardez, là, c’est le clocher de Saint-Germain des Prés, et là, les tours de Notre-Dame, la flèche de la Sainte Chapelle. Là-haut, c’est le dôme du Panthéon… et Saint-Étienne du Mont… et là-bas, tout au fond, le Sacré-Cœur… On dirait qu’il n’y a que des églises à Paris… C’est vrai que d’ici, on ne voit Continuer la lecture de Le Cujas (18) 

RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (49)

RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (49)

31/07/2020

Guy nous conseille de regarder ce film
Démesuré comme son acteur principal
À voir absolument

FITZCARRALDO

1982

Un chef d’œuvre cinématographique, de Werner Herzog.

Je ne vous apprendrai rien de l’épopée d’un entrepreneur givré (normal pour un fabricant de glace), Fitzcarraldo, rôle tenu par Klaus Kinsky (Dieu ait son âme, mais j’en doute), en Amazonie profonde, vers les années 1900 :
Passionné par le théâtre et le Bel Canto, Fitzcarraldo veut construire une réplique du Teatro Amazonas de Manaus, mais à Iquitos, capitale de l’Amazonie péruvienne, où il pourra ensuite faire venir son idole Caruso.
Pour cela, il faut des sous, beaucoup de sous, et ce n’est pas Continuer la lecture de RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (49) 

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le comique sans jamais oser le demander

(…) et il m’a enseigné des choses essentielles. Par exemple que de longues tirades d’exposition amènent d’excellentes chutes, qu’il ne faut jamais faire dire à un personnage quelque chose qui ne soit pas parfaitement naturel dans le seul but de préparer la conclusion prévue. Il m’a appris à renoncer à un très bon trait d’humour si, d’une façon ou d’une autre, il interrompait ou ralentissait le récit ; à toujours commencer au début et à aller jusqu’à fin du sketch ; à ne jamais intercaler de scène qui ne s’inscrive pas dans une séquence ; à ne jamais écrire quand on ne se sent pas bien parce que le texte reflétera le manque d’énergie et la mauvaise santé de son auteur ; à ne jamais se montrer compétitif ; à toujours respecter les succès de ses contemporains parce qu’il y a de la place pour tout le monde. Et le plus important, il m’ appris à faire confiance à mon propre jugement : peu importait qui essayait de me dire ce qui était drôle ou ce qui ne l’était pas, ou ce que j’aurais du faire, il me fallait suivre mon intuition.
Woody Allen – Soit dit en passant – Autobiographie – Stock – 2020 – 24,50€

Dans ce court extrait, W.A. parle de Danny Simon, son premier vrai patron dans le monde du show-biz. A cette époque, W.A. a 19 ou 20 ans. Depuis un an ou deux, il écrit des Continuer la lecture de Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le comique sans jamais oser le demander 

Le Cujas – Chapitre 5 – Achir Soltani

Chapitre 5 — Achir Soltani

C’est ça, Monseigneur, installez-vous, prenez votre temps. Moi, vous savez, j’ai rien sur le feu. Vous m’avez apporté des cigarettes ? Ah oui, c’est bien ! C’est Simone qui vous a dit la marque ? Un chouette fille Simone. Elle me laisse pas tomber, elle, au moins. C’est pas comme d’autres… Bon, qu’est-ce que vous voulez ? Parce que sur votre demande de visite, y avait juste écrit : « Entretien préparatoire à l’écriture d’un roman ». Ça veut dire quoi, ça ? Vous voulez écrire un roman sur moi ? Vous êtes sûr ?

Sur moi et sur d’autres ? Qui ça, donc ?

Tiens, c’est drôle, cette photo. J’y ai pensé pas plus tard qu’hier soir. Marrant, non ? J’avais dix-sept ans. C’était le bon temps… Bon, là, c’est Sammy. Le grand brun, je sais pas. Après, c’est Simone, et celui-là, c’est l’aristo ; de Colmont, qu’il s’appelait. L’ouvrier au bar ? Inconnu au bataillon. La bonne femme, ça doit être la patronne et à côté, le loufiat. Z’auriez pas du feu, Monseigneur ? Continuer la lecture de Le Cujas – Chapitre 5 – Achir Soltani 

RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (48)

RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (48)

29/07/2020

Patachou

 

Patachou (1918-2015) était une chanteuse et une sacrée personnalité. Elle a tenu longtemps un cabaret à Montmartre où elle chantait, découvrait Georges Brassens et coupait les cravates des clients, ravis. J’ai choisi une des chansons mondialement les plus connues du répertoire français. Elle avait été créée par Misstinguet et fut un des grands succès d’Edith Piaf, mais je préfère la version de Patachou, plus discrète.

Mon Homme