Esprit d’escalier n°30


Musée Calvet – Avignon

Bientôt publié
28 Jan, 07:47 LES TROIS PREMIÈRES FOIS : 2 – La nuit d’Amsterdam (texte intégral)
29 Jan, 07:47 Stop and shoot
29 Jan, 16:47 Rendez-vous à cinq heures : souvenir de cinéma (8)
30 Jan, 07:47 LES TROIS PREMIÈRES FOIS : La matinée de Ste Firmine d’Amelia (1)

LES TROIS PREMIÈRES FOIS : 1 – La nuit des Roggenfelder (texte intégral)

Avant de publier la troisième nouvelle de la série intitulée “Les trois premières fois “, j’ai voulu vous remettre dans l’ambiance enfumée et bavarde de cette nuit de l’Auberge des Hollandais où se sont retrouvés, réunis par leur désir de voyage, Franz, l’Autrichien, Bertram, le Britannique et François, le Français. C’est pourquoi, aujourd’hui je publie le texte intégral de La Nuit des Roggenfelder. La deuxième, La Nuit d’Amsterdam, sera republiée après demain, et ce n’est qu’à partir du 30 janvier que sera publiée en quatre épisodes la dernière de ces nouvelle “La Matinée de Sainte Firmine d’Amelia“.

LES TROIS PREMIÈRES FOIS

Le diner s’était prolongé fort tard dans la nuit. D’abondantes volutes de fumées bleues et grises flottaient sous les poutres du plafond de l’auberge en enveloppant la roue de charrette qui, avec ses pauvres ampoules électriques, faisait office de lustre au-dessus de nos têtes. Depuis quelques instants, sans doute sous l’effet des mets et des vins que nous avions absorbés en quantité, nous étions tombés dans un silence méditatif qui contrastait avec la gaité et la vivacité des conversations que nous avions échangées jusque-là.

Franz Bauer, Bertram Fitzwarren et moi nous étions rencontrés pour la première fois quelques heures auparavant dans les Continuer la lecture de LES TROIS PREMIÈRES FOIS : 1 – La nuit des Roggenfelder (texte intégral)

Dernière heure : mourir pour les Sudètes ?

Dernière heure : mourir pour les Sudètes ?

Je viens de voir un film sur Netflix, L’Étau de Munich, dont le cadre se situe pendant la crise des Sudètes en 1938. La crise des Sudètes, c’est cette période où Hitler, après avoir annexé l’Autriche, et souhaitant continuer à augmenter l’espace vital allemand comme il l’avait promis au peuple, masse ses troupes à la frontière avec la Tchécoslovaquie dont il exige qu’elle lui cède la région des Sudètes. La Tchécoslovaquie refuse. La tension monte, car si la France et l’Angleterre veulent défendre la Tchécoslovaquie, ce sera la guerre avec l’Allemagne. Les Français pas plus que les Britanniques ne veulent mourir pour ls Sudètes. Hitler les convainc facilement que s’ils lui laissent les mains libres pour annexer la région des Sudètes, c’en sera fini des revendications territoriales de l’Allemagne nazie, ce sera « la paix pour mille ans ». Les célèbres et désastreux accords de Munich sont signés en ce sens en septembre 1938. On connait la suite. Daladier à Paris, et Chamberlain à Londres sont accueillis en sauveurs de la paix. Cela leur vaudra une de ces fameuses apostrophes de Winston Churchill : « Vous aviez le choix entre le déshonneur et la guerre. Vous avez choisi Continuer la lecture de Dernière heure : mourir pour les Sudètes ?

Je n’ai jamais aimé Gainsbourg

Je n’ai jamais vraiment aimé Serge Gainsbourg. Je sais qu’en avouant cela, je choque beaucoup de gens. C’est un peu comme si je disais “Les films de Godard m’ont toujours profondément ennuyé” ou “À tout bien considérer, Montaigne a dit beaucoup de banalités.” Moins grave qu’avouer ne pas aimer le poète officiel du fan club de Jane Birkin eut été de dire qu’il y avait beaucoup trop de notes dans la musique de Mozart ou pas assez de ketchup sur le foie gras poêlé.
Mais je le dis et je le confirme, je n’ai jamais Continuer la lecture de Je n’ai jamais aimé Gainsbourg

Rendez-vous à cinq heures : Louis Bellson

La page de 16h47 est ouverte…

SKIN DEEP
Louis Bellson

Édité en 1952, le disque Ellington Uptown ne contient pratiquement que des enregistrements exceptionnels, tels que Take the A train, Perdido, A Tone parallel to Harlem, The Mooche et Skin deep.
Ce dernier morceau de près de 7 minutes est constitué en grande partie d’un énorme solo de batterie par Louis Bellson. Accompagné par le Big Band d’Ellington, c’est le solo de batterie le plus impressionnant que j’ai jamais entendu.

 

 

 

 

¿ TAVUSSA ? (85) : Marcel Proust et le Nègre joyeux

Nous n’étions pas seuls l’autre jour au Musée Carnavalet. Il y avait du monde. Je ne n’ajouterai pas « et du beau » mais plutôt « et du vieux ». Et pour revenir sur la notion de quantité, je dirai aussi « trop de monde ». Tous ces gens, comme moi, étaient venus pour l’exposition temporaire « Marcel Proust, un roman parisien » organisée à l’occasion du centenaire de la mort du petit Marcel, et les autres étaient tellement plus nombreux que nous qu’ils nous ont gâché notre visite. Engoncés dans nos manteaux d’hiver, mal à l’aise de chaleur, nous circulions entre d’autres manteaux d’hiver, tentant de nous glisser entre eux et les murs pour essayer de consulter de minuscules portraits de Robert de Montesquiou ou des fac-simile de billets adressés par le petit Marcel à la Comtesse de Greffulhe. Une seule salle émouvante, presque vide : le lit de mort de Proust, sa chaise longue, un morceau du liège dont les murs étaient tapissés, sa pelisse, usée.
Mais, décidemment, trop de monde. Nous reviendrons pour le prochain centenaire.

L’expérience malheureuse m’aura permis au moins de faire deux observations : Continuer la lecture de ¿ TAVUSSA ? (85) : Marcel Proust et le Nègre joyeux