Les pastiches de Lorenzo – 2

Les  magrikeruhles  élémentaires
pour  Uhlbec

Ce livre est avant tout l’histoire d’un groupe limité d’hommes et de femmes (appelés les magrikeruhles élémentaires) qui vécurent la plus grande partie de leur vie en Europe occidentale, durant la seconde moitié du XX ème siècle. Généralement ensemble, ils furent de moins en moins souvent en relation avec d’autres hommes et femmes. Ils vécurent en des temps malheureux et troublés où la CARMF, l’URSSAF et tous les impôts augmentaient frénétiquement. Le pays qui leur avait donné naissance basculait lentement, mais inéluctablement, dans la zone économique des pays moyen-pauvres ; fréquemment guettés par la misère, les hommes de leur génération passèrent en outre leur vie dans la solitude et l’amertume. Les sentiments d’amour, de tendresse et de fraternité humaine subsistaient pourtant dans le petit groupe des Magrikeruhles élémentaires qui faisaient preuve de plus en plus souvent dans leurs rapports avec leurs contemporains d’indifférence, voire de cruauté. Ce livre est l’histoire de Continuer la lecture de Les pastiches de Lorenzo – 2 

La Rue du Ru de Vrou


Robert Rourère
Réparateur de roues rares
33, Rue du Ru de Vrou
Raon-Rarecourt-sur-Ravre

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  • ET PROCHAINEMENT SUR CET ÉCRAN :
  • 19 Jan, 8 h 47 min Les pastiches de Lorenzo – 2
  • 21 Jan, 8 h 47 min Les cartoons de James Thurber – 1
  • 22 Jan, 7 h 47 min ¿ TAVUSSA ? (51) : Shutdown, Gilets Jaunes et Brexit
  • 23 Jan, 7 h 47 min Pour qui n’a plus ni curiosité ni ambition

Le livre de l’Éthiopien – 5 

Il y a deux mois environ, dans des circonstances peu ordinaires, je suis devenu propriétaire, où peut-être receleur, d’un recueil de poésie. Si vous voulez savoir pourquoi je l’appelle le Livre de l’Éthiopien, vous n’avez qu’à cliquer dessus.

Sur ce livre, des noms sont inscrits. Sur la couverture, en caractères d’imprimerie, on trouve Gustave Merlet et A.Fouraut. C’est normal, ce sont l’auteur et l’éditeur.

Si l’on Gougueulise Merlet, on trouve des choses. Wikipedia n’a rien à dire sur lui, mais l’Académie Française, oui. Par exemple, on apprend qu’il a vécu de 1828 à 1891, qu’il était agrégé de lettres et qu’il a reçu de l’Académie, pour trois de ses ouvrages, trois prix, respectivement de 1200, 2000 et 3000 Francs. Bon.

Sur le Web, il n’y a pas trace de l’éditeur A. Fouraut. C’est à se demander s’il a existé.

Les autres noms qui figurent Continuer la lecture de Le livre de l’Éthiopien – 5  

Dernière heure : Que des bonnes nouvelles !

Dernière heure : Que des bonnes nouvelles !
Mardi 15 janvier

Le Donald : Je n’ai jamais travaillé pour la Russie.

Theresa May : Il n’y aura pas de nouveau referendum sur le Brexit.

Emmanuel Macron : On ne reviendra pas sur l’ISF.

Mark Zuckerberg : Je ne vendrai plus les données personnelles des usagers de Fakebook.

 

  • PROGRAMME POUR LES JOURS A VENIR
  • Demain, 8 h 47 min    Tableau 238
  • 17 Jan, 8 h 47 min       Le livre de l’Éthiopien – 5 
  • 18 Jan, 8 h 47 min       La Rue du Ru de Vrou
  • 19 Jan, 8 h 47 min       Les pastiches de Lorenzo – 2
  • 21 Jan, 8 h 47 min       Les cartoons de James Thurber – 1

L’homme fidèle – Critique aisée n° 147

Critique aisée n°147

L’homme fidèle
Louis Garrel – 2018
Laeticia Casta, Lily-Rose Depp, Louis Garrel

En ces temps troublés où règnent le pessimisme, la frustration, l’envie, le conspirationisme, le mensonge, la violence et, par-dessus tout, la bêtise (au front de taureau, comme je dis toujours), à l’heure sombre où le Président des États-Unis persiste à tenir les effrayantes promesses de campagne auxquelles personne ne croyait, où le Royaume Uni ne va pas tarder à larguer les amarres ou à imploser, où l’Italie s’est placée en chantant sous la direction de l’alliance de la carpe à chemise brune et du lapin à gilet rouge, sans parler de la France, où un mouvement spontané néo-poujadiste et ultra-minoritaire ne sait plus ni arrêter ses protestations ni à quel extrême, droite ou gauche, se vouer, en ces temps et à cette heure, on a envie de se détendre un peu. Entre une vidéo passée en boucle de trois pneus qui brulent à un carrefour et un débat complaisant entre un gilet jaune buté et trois journalistes pétrifiés, on se dit qu’il y a surement autre chose à regarder que BFM.

Alors, il est temps d’aller voir L’homme fidèle, le nouveau film de Louis Garrel.

Vous savez que dans mes critiques, je ne raconte jamais l’histoire d’un film. Je ne le ferai pas davantage ici. Et je vous conseille de ne pas lire celles qui le font, soit pour faire le malin, soit pour pisser de la copie, comme on dit (ou disait) dans le métier. Non pas que, dans L’homme fidèle, il y ait un suspense quelconque, malgré l’avis du crétin de service de Télérama qui l’a qualifié d’Hitchcockien.

Non, L’homme fidèle, c’est l’histoire d’un homme balloté comme un bouchon dans l’eau d’une rivière entre deux femmes qu’il aime, qui l’aiment et qui le manipulent avec adresse et détermination. Une démonstration de plus que l’homme est faible, gentil mais faible, et que ce sont les femmes qui choisissent. Par moi, vous n’en saurez pas plus. Si, un peu plus : vous saurez que c’est une comédie sentimentale, légère, teintée de pas mal humour et d’un peu de mystère, un marivaudage dans lequel vous vous sentirez bien. Elle vous fera surement penser à Rohmer et surtout à Truffaut. Pas mal comme références, non ? Comme moi sans doute, vous reviendrez à cet heureux temps de la Nouvelle Vague où Rohmer, Malle et Truffaut pouvaient, au grand dam de Godard, faire du cinéma sans avoir à aborder à chaque film tous les problèmes sociaux ou politiques du temps.

Vous pourrez apprécier le jeu de Laëtitia Casta, qui n’a pas toujours eu d’aussi bons rôles, la fraicheur de Lily-Rose Depp, l’air ahuri de Louis Garrel, et l’incroyable naturel mystérieux d’un garçon de 10 ans, Joseph Engel. Vous apprécierez aussi, je n’en doute pas, l’écriture de ce film et le coté littéraire que lui donnent les trois voix off qui le font avancer.

Installez-vous bien confortablement dans votre fauteuil de cinéma et laissez-vous porter par ce film délicat, intelligent et drôle. Il sera toujours temps après de rallumer BFM.

Programme des jours à venir :

16 Jan, 8 h 47 min      Tableau 238
17 Jan, 8 h 47 min      Le livre de l’Éthiopien – 5
18 Jan, 8 h 47 min      Rue du Ru de Vrou
19 Jan, 8 h 47 min      Les pastiches de Lorenzo – 2

 

Trouville

 

ET POUR LES JOURS PROCHAINS

Demain, 8 h 47 min      L’homme fidèle – Critique aisée n’147
16 Jan, 8 h 47 min      Tableau 238
17 Jan, 8 h 47 min      Le livre de l’Éthiopien – 5
18 Jan, 8 h 47 min      Le Ru de Vrou
19 Jan, 8 h 47 min      Les pastiches de Lorenzo – 2

La suite de Balbec – Chapitre 5

(…) et, au milieu des enluminures qui entouraient le titre, le nom de l’auteur et celui de l’éditeur, je vis, en grande lettres capitales soigneusement tracées à la règle et au compas, mon nom. Mes jambes fléchirent et je tombai assis à côté du gros livre. C’était le mien ! Mon Gaffiot ! Celui que j’avais revendu dès la fin de ma classe de seconde.

— Ça y est ? Vous avez compris ?

5-Le petit Marcel

Je sursautai et levai les yeux : c’était la petite silhouette silencieuse de tout à l’heure. Maintenant que je l’observais depuis le niveau du sol où j’étais tombé assis, saisi par la surprise, il me paraissait grand, très grand. Pourtant, il se dégageait de lui une impression de douceur et de sagesse. En un éclair, je me souvins que c’est à peu près comme ça que je m’imaginais le Bon Dieu quand je faisais mes prières le soir avec maman, moi les yeux fermés, à genoux devant mon lit, coudes appuyés sur la couette et elle, assise sur le lit, me regardant et me soufflant quand il fallait les mots qui me manquaient.

— Est-ce que j’ai compris ? Je ne sais pas. Je ne suis pas sûr.

— Réfléchissez encore un peu, me dit-il. Qu’avez-vous vu ici depuis que vous êtes entré ?

— Eh bien, des stylos, des carnets, des livres, un dictionnaire de latin, vous…

— Et ces objets, ces livres, vous les connaissiez ? Et moi, vous me connaissiez ?

— Non, mais…

— Mais quoi ? Allons, faites un effort.

Je me levai lentement, et tout en réfléchissant, je ramassai le Gaffiot et l’examinai à nouveau. En le feuilletant, je retrouvai Continuer la lecture de La suite de Balbec – Chapitre 5 

La suite de Balbec – Chapitre 4

(…) je me revoyais écrivant dix fois mon prénom sur des ordonnances vierges en appuyant fort sur le stylo afin d’en obtenir un large trait gonflé d’encre luisante pour le seul plaisir de sécher les lettres et voir ainsi, comme dans un miroir, mon nom apparaître à l’envers sur le buvard.

4-La librairie

Je passai ensuite de l’autre côté du magasin, celui qui était consacré à la littérature. Je me faufilai entre deux rayonnages de bois dont les étagères se courbaient sous le poids des livres. Curieusement, la plupart d’entre eux n’étaient que d’autres exemplaires de ceux que j’avais vus un peu plus tôt dans la vitrine. Hugo, Dickens, Maupassant… Je prélevai un exemplaire de Bel-Ami et me mis à le feuilleter. Ses pages étaient blanches. Je reposai Bel-Ami et saisis une Madame Bovary voisine. À part la première, qui reprenait le nom du roman et celui de son auteur, toutes les autres pages étaient vierges. Étrange ! Je pensai alors que je me trouvais devant un stock de rebuts d’imprimerie destinés au pilon. Je relevai la tête. La silhouette sous la lampe avait disparu. J’avançais entre les rayons de plus en plus éloignés de la vitrine donc de plus en plus sombres. Je remarquai plusieurs changements : du blanc cassé ou jaune filasse ou marron clair, les dos des livres étaient passés au rouge vif, bleu ciel, rose bonbon, vert pomme. Les dimensions aussi variaient d’un volume à l’autre, créant sur Continuer la lecture de La suite de Balbec – Chapitre 4