Le mécanisme d’Anticythère – Prologue

Prologue
Pâques 1900

 Les jambes pendantes au-dessus de l’eau, Ioannis est assis sur le plat-bord de l’Agios Manolis tandis que Kallistos écope le fond de la cale. L’Agios-Manolis est un bateau équipé pour la pêche aux éponges. C’est une sorte de grande barque surmontée d’une petite cabine à l’arrière et munie d’une grosse pompe à bras fixée solidement sur le pont juste en avant de l’unique mât. Ioannis, l’ainé des deux frères, est le capitaine du bateau en même temps que son scaphandrier. Kallistos tient lieu de mousse, de cuisinier et d’homme à tout faire. Mais sa tâche essentielle, c’est de manœuvrer la pompe à bras qui envoie l’air dans le casque du scaphandre quand Ioannis est en plongée. Cela fait deux ans que les frères Kolonakis se sont lancés dans la pêche aux éponges et pour eux, ça marche plutôt bien. Ils auront bientôt fini de rembourser l’oncle Agoracritos. C’est lui qui a financé toute l’entreprise. Selon leur contrat, dument établi sous l’égide du maire et béni par le pope de Nauplie en même temps que le bateau et les équipements de plongée, la moitié des éponges pêchées à chaque sortie revient à leur oncle. Ioannis pense que, si Dieu le veut Continuer la lecture de Le mécanisme d’Anticythère – Prologue 

Dernière heure : bientôt sur vos écrans…

Dernière heure : Bientôt sur vos écrans, « Le mécanisme d’Anticythère »
28 octobre

Bon, ce n’est pas une nouvelle : Le Cujas est en panne. Certes, il a progressé un peu depuis la fin du journal de Samuel Goldenberg, mais pas assez pour que le huitième chapitre consacré à Georges Cambremer soit présentable. Il le sera peut-être dans un mois, dans deux, on ne sait pas. Mais une chose est sure, le chapitre 8 n’est pas publiable.

Après quelques semaines de textes certes charmants, mais anodins, légers, voire futiles, je crois qu’il est temps de revenir à des écrits plus ambitieux. Et des plus ambitieux, j’en ai en réserve, deux ou trois au moins. Mais le problème avec ceux-là est le même qu’avec Le Cujas : ils sont toujours en chantier et pour certains, depuis des années.

Alors je vais vous donner le plus avancé : Le Mécanisme d’Anticythère.

Avec Le Mécanisme d’Anticythère, on fera comme avec Le Cujas : ce sera publié par petits morceaux jusqu’à épuisement des stocks disponibles, en espérant que d’ici là, le chapitre 8 du Cujas soit terminé, et pourquoi pas le 9, ou même l’épilogue.

Ça commence demain, jeudi 29 octobre, et ce sera tous les 3 jours.

Le Mécanisme d’Anticythère est une histoire compliquée qui va vous faire voyager dans le temps et dans l’espace.

Pour ce qui est de l’espace, le voici :

Pour ce qui est du temps, on en reparlera.

Paris était une fête

Hier, mercredi 28 octobre, le journal Le Monde titrait :
Pour la première fois, le nombre de piétons morts par accidents de vélos
et de trottinettes a dépassé celui des morts par le mutant n° 157 du Covid.

Les victimes sont jeunes car les vieux parisiens ne sortent plus de chez eux depuis que les frais chirurgicaux dus aux accidents de la circulation ne sont plus pris en charge par la Sécurité Sociale au-delà de 65 ans.

La vie dans Paris est devenue compliquée malgré la réélection de madame Hidalgo pour la cinquième fois consécutive. Jugez-en plutôt.

Les anciens grands axes de circulation ont été réduits à une seule voie et les rues à une voie sont interdites aux automobiles. On devine la finalité implacable de ces arrêtés municipaux … Le stationnement de surface est strictement Continuer la lecture de Paris était une fête 

NOUVELLES DU FRONT – 26 Octobre 2020

LA BÊTISE AU FRONT DE TAUREAU

Nous avons, pour plaire à la brute,
Digne vassale des Démons,
Insulté ce que nous aimons
Et flatté ce qui nous rebute ;
Contristé, servile bourreau,
Le faible qu’à tort on méprise ;
Salué l’énorme bêtise,
La Bêtise au front de taureau.

 

On n’est pas sorti de l’auberge
Lundi 26 octobre

Voici ce qu’on entendait hier soir Dimanche sur une chaine de télévision où se déroulait une émission spéciale sur la COVID. Deux professeurs de médecine, l’une chef de service infectiologie et l’autre président du comité national d’éthique, devant une journaliste au regard angoissé :

… choc très violent ce week-end… 52000 nouveaux cas en 24 heures… saturation du système de santé… 90% des lits de réanimation déjà occupés… nouvelles très alarmantes… une deuxième vague pire que la première… on est pas face à une vague mais à un mur… situation hors de contrôle… reconfinement envisagé… reconfinement volontaire des personnes fragiles indispensable…

Peu de temps auparavant, vers 16 heures, je fais une petite promenade d’une heure entre Saint-Sulpice et le Panthéon. Le temps est gris mais assez doux. Au Luxembourg, il y a du monde, mais tous les gens sont masqués.  Sur les trottoirs, c’est pareil.  Tout va bien. Tout va bien, mais, mais, mais… Continuer la lecture de NOUVELLES DU FRONT – 26 Octobre 2020 

On dirait qu’on serait dimanche…

On entrerait dans une salle à manger désuète. Au milieu, il y aurait une lourde table cirée avec au centre une fleur en pot sur un napperon de dentelle. Autour, seraient disposées quatre chaises assorties tandis que, contre le mur de droite, deux autres encadreraient un buffet Henri III. Contre le mur de gauche, à coté d’une porte qui donnerait sur la cuisine, une commode de style picard supporterait un présentoir à liqueurs avec ses quatre petits verres colorés, une grosse TSF Radiola et cinq photographies encadrées d’argent. Sur les photos, un militaire avantageux, un couple de jeunes mariés, un déjeuner à la campagne, le pont du Gard et un premier communiant. Au milieu du mur du fond, celui qui fait face aux deux battants vitrés qui donnent sur l’entrée, il y aurait une fenêtre. Du haut du quatrième étage, à travers la dentelle de ses rideaux et les volutes de fer forgé de son petit garde-corps, on pourrait voir le Boulevard Beaumarchais. Si, malgré la pluie fine Continuer la lecture de On dirait qu’on serait dimanche… 

Le principe d’incertitude d’Heisenberg

Après la piqûre de rappel de l’expérience de pensée du chat de Schroëdinger, une petite révision maïeutique du principe d’Heisenberg ne pourra vous faire que du bien. 

Le principe d’Heisenberg

—Dis-donc, je viens d’en entendre une bonne. Y a un savant, un allemand, Wurtemberg je crois qu’il s’appelle, ou quelque chose comme ça, il a dit qu’en principe, c’est pas possible connaitre en même temps la vitesse et la position d’un truc qui se déplace un peu vite. Non mais, j’y crois pas ! C’qu’ils vont pas chercher quand même ! En tout cas, si c’est vrai, il faudra le dire aux flics ! Parce qu’ils arrêtent pas de m’envoyer du papier pour me dire que, j’sais plus quand, j’étais Porte de la Chapelle à 129 kilomètres-heure sur le Périphérique. Y doivent pas en avoir entendu parler, de Gutenberg ! Eh, garçon ! Un aut’ Calva, siouplait ! Tu r’veux un café ?

—Non, merci. Il s’appelle Heisenberg, Werner Heisenberg.

—Qui ça ?

—Eh bien, le savant dont tu parles. C’est un physicien : Heisenberg. Pas Gutenberg, ni Wurtemberg : Heisenberg.

—Ah bon …

—Et ce dont tu parles, c’est de son principe, le Principe d’Heisenberg. C’est de la science.

—Comme le Principe d’Archimède, alors ?

—C’est ça. On dit aussi Principe Continuer la lecture de Le principe d’incertitude d’Heisenberg