Le Cujas – Chapitre 7 – Samuel Goldenberg

Et comme d’habitude, après qu’il ait été livré par petits morceaux, voici le texte intégral du Chapitre 7.

 

Chapitre 7 — Samuel Goldenberg

Lundi 26 octobre 1942
Premier jour de mon journal. Ça fait 3 mois que je suis là mais c’est juste aujourd’hui que je commence. C’est Claude qui m’a dit de le faire. Il m’a donné des raisons pour ça : pour m’occuper et pour me souvenir plus tard. Mais moi, je commence à le connaître, Claude. Je l’aime bien, il m’a sauvé la mise une fois. Mais c’est un révolutionnaire, c’est plutôt un agitateur qu’un mouton. J’ai compris que ce qu’il voudrait vraiment c’est pour plus tard qu’il y ait des témoignages, des gens qui racontent ce qui se passe vraiment ici. Vu comme c’est parti, c’est probable que dans pas très longtemps, des gens, il y en aura plus beaucoup. Mais des trucs écrits, si on les cache bien, avec un peu de chance, ça pourra être retrouvé plus tard quand tout sera fini.
Donc voilà : un peu pour lui faire plaisir, un peu pour m’occuper, j’ai décidé de commencer mon journal. Bon mais là, j’ai plus le temps. Il va bientôt faire jour.

Mardi 27 octobre
Avant de commencer à raconter ce Continuer la lecture de Le Cujas – Chapitre 7 – Samuel Goldenberg 

Dernière heure : Le Cujas, fermeture pour travaux

 

Dernière heure : Le Cujas, fermeture pour travaux
19 septembre 2020

Et voilà, le journal de Samuel Goldenberg est terminé. Demain matin, vous pourrez le lire en entier et un seul morceau. Mais ce chapitre s’achève sur une porte ouverte : Samuel est-il mort dans les mines du Dombass ? A-t-il pu finalement survivre à l’immense catastrophe ?

On n’en sait rien.

C’est pourtant, s’il reste à l’auteur une miette de sens moral, Continuer la lecture de Dernière heure : Le Cujas, fermeture pour travaux 

Les Valseuses

Les Valseuses
Bertrand Blier – Roman -1972

Avant d’être un film, le film à succès de 1974, Les Valseuses, c’était un roman, probablement le premier, peut-être le seul roman de Bertrand Blier. Paru en 1972, je ne sais plus s’il avait eu du succès, mais moi, je sais qu’à moi, il avait flanqué une sacrée claque.  Liberté complète de langage, affranchissement total des codes de la morale qu’elle soit bourgeoise, ouvrière ou féministe, absence de référence à quoi que ce soit de connu (sauf à Céline, peut-être), pas un cliché, pas une fadaise, pas une formule toute faite, rien que de l’original.

 Voici les premières lignes :

On est des cons.
On a commencé par piquer une bagnole, comme ça, juste histoire de faire un tour, parce qu’on savait pas quoi faire. Le samedi on sait jamais quoi faire. Le dimanche non plus d’ailleurs. Le cinéma ça nous emmerde, les filles sont connes et puis faut du blé, et on n’en a pas. Une 21 à injection, toute neuve, est garée dans une rue déserte : on pouvait pas laisser passer ça : le moteur était encore tiède.
Une 21 à injection, toute neuve, et garée dans une rue déserte : on pouvait pas laisser passer ça. Et plutôt pute, comme berline. Je pose la main sur le capot : le moteur était encore tiède. (…)

Et maintenant les dernières lignes. La DS21 où Pierrot, Jean-Claude, Jeanne et Marie-Ange  filaient heureux vers on ne sait pas trop quoi vient de s’écraser contre un platane :

(…) Ils me passent, un par un, les clichés : je me découvre arqué, entre les cuisses de Jeanne, et j’avoue que Continuer la lecture de Les Valseuses 

Le Cujas (37)

Hier on s’est baladé dans Sébastopol. Il en reste pas grand-chose, c’est presque complètement rasé. Mais il fait beau et il y a des belles plages pas loin. Pourvu qu’on nous foute la paix encore un peu, parce que j’en ai marre.

Chapitre 7 — Samuel Goldenberg

Dixième partie

Lundi 3 Juillet 1944
J’ai pu encore sauver mon journal de justesse. C’est de plus en plus difficile, parce qu’il commence à être gros maintenant.
Je sais pas ce qu’il leur a pris aux Russes tout d‘un coup. Ils sont venus me chercher dans le camp de Sébastopol et ils m’ont mis dans un bateau avec les menottes. Ah ça ! J’étais plus le petit français courageux qui s’était engagé comme volontaire étranger dans l’Armée Rouge pour aller combattre les nazis. J’étais plus rien, juste un pauvre type qu’on trimballait d’un bateau dans un train, d’un train dans un camion avec une dizaine d’autres pauvres types qui savaient pas plus que moi pourquoi ils étaient là. Mais on a pas tardé à comprendre, vu qu’on a réalisé qu’on était tous des juifs. Voilà que ça leur prenait aussi, aux Russes.
On nous a amené dans un camp je sais pas où et on nous a enfermé dans une baraque sans rien nous dire. Vu que j’avais déjà connu ça, la grande frousse Continuer la lecture de Le Cujas (37) 

RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (73)

RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (73)

17/09/2020

QUEEN

On va un peu abandonner la chanson française nostalgique pour donner dans le spectaculaire, le professionnel, le magique. Personnellement c’est ce numéro (Concert à Wembley-1986) qui m’a fait découvrir ce groupe et son chanteur Freddy Mercury. J’espère que vous apprécierez l’énergie contenue dans cette incroyable performance.

Mettez le son à donf et écoutez un peu ça !

A kind of magic

 

Retour au bureau

—Je constate qu’une fois de plus que nous ne nous sommes pas du tout, mais alors pas du tout compris, Lemercier. Ce n’est pas mon anniversaire : c’est votre pot de départ.

(Publié sans l’aimable autorisation de Voutch, mais seulement parce que je ne lui ai pas demandé.)

 

Le Cujas (36)

Vers midi on a entendu des camions qui arrivaient dans la rue du village. Ça criait des ordres, ça discutait de partout. On a cru un moment que c’était les boches qui revenaient, mais après, on a vite compris que c’était pas de l’allemand qu’ils parlaient. C’était les Russes qui fouillaient le village.

 Chapitre 7 — Samuel Goldenberg

Neuvième  partie

Ils ont pas mis longtemps à trouver notre camouflage et ils sont entrés à cinq ou six dans notre cave. Nous on a levé les mains et on s’est mis contre le mur en parlant le plus vite et le plus fort possible en français pour leur faire comprendre qui on était, qu’on était de leur côté. Ça les a pas empêché de nous flanquer des coups de crosse et de nous trainer dehors. Ils nous ont mis contre un mur et ils se sont mis à discuter, à se chamailler sans plus s’occuper de nous. Bien sûr, on ne comprenait pas ce qu’ils disaient, mais je voyais bien qu’ils étaient en train de se demander qui on était. Ils étaient une vingtaine autour de nous. Ils avaient l’air de vraies brutes, des ploucs du genre sale, petit et costaud, et plutôt méchants. Il y en a un qui est arrivé et qui a tiré un coup de pistolet en l’air. Ça a fait taire tout le monde. Il portait pas de fusil et il avait des barrettes sur son calot, ça devait être un officier ou un sous-off. Il s’est approché de Maurice et il lui a gueulé dans la figure quelque chose qu’on a pas compris. C’est là que Maurice a Continuer la lecture de Le Cujas (36) 

RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (72)

RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (72)

15/09/2020

Abbott et Costello

Évidemment, pour apprécier ce sketch de 1953, il va vous falloir réviser à la fois votre anglais et vos règles du baseball. Mais quand vous aurez fait ça, vous verrez, c’est le sketch le plus dingue jamais vu. Je ne me lasse pas de l’écouter.

Pour vous donner un indice, le sketch joue avec les noms étranges des joueurs des trois bases :
Pour la première base, le nom du joueur est WHO
Pour la deuxième, le nom est WHAT
Et pour la troisième, le nom est IDUNNO (I don’t know)

WHO’S ON FIRST