Les voisins

Ce texte se compose de deux versions distinctes d’un même évènement anodin : la rencontre de deux voisins dans un train.Il a été écrit dans le cadre d’un atelier d’écriture : « Prendre une histoire bien connue et la raconter d’un autre point de vue« . C’était le thème de l’exercice.
Ne soyez pas surpris : dans la première version, celle du 4ème droite, vous reconnaitrez peut-être une partie d’un texte publié en octobre 2015. C’était ça, l’histoire bien connue.

Les voisins

(1er voisin – 4ème droite)

— Vous ne connaissez pas mon voisin du dessus ? C’est un type plutôt petit, étroit, précis, mais pas tout à fait ridicule. Ses traits sont assez fins, mais ils portent une expression pusillanime. Il approche de la cinquantaine, mais il a les cheveux presque blancs. Il porte des Continuer la lecture de Les voisins 

Dernière heure : Cassandre s’est encore trompée, mais…

Dernière heure : Cassandre s’est encore trompée, mais…

Pour aujourd’hui, j’avais préparé une « dernière heure » expliquant que si, vendredi dernier, Cassandre s’était un peu trompée dans ses prévisions, je m’étais trompé avec elle, mais que moi, j’avais prévu que mes prévisions seraient fausses ( à moi aussi, il arrive d’être de mauvaise foi). Dans cette « dernière heure », j’adressais aussi mes remerciements au 75% de sondés qui soutiennent le mouvement des G.J. à bout de sondage et sans lesquels nous n’aurions jamais bénéficié des magnifiques spectacles de chasse au CRS et de re-décoration de Paris qui nous ont été donnés chaque samedi depuis trois semaines. J’y dressais aussi un tableau plutôt sombre de l’avenir immédiat, tant sur le plan de l’économie que de la cohésion sociale. 
Mais, ce matin, j’ai lu la newsletter de M.Fiorentino. Elle dit les choses que j’aurais voulu dire, mais d’une manière si concise que je ne résiste pas à l’envie de vous la livrer telle quelle :

LA NEWSLETTER DE MARC FIORENTINO
Lundi 10 décembre

CE SOIR C’EST NOËL
Une seule personne peut aujourd’hui sortir la France de la crise : le Père Noël. C’est donc déguisé en Père Noël que notre Président va s’exprimer ce soir à 20h, il va descendre du ciel avec des cadeaux par milliards. J’espère qu’ils mettront la chanson de Tino Rossi en fond sonore. J’adore la magie de Noël!

ON EST PASSÉ D’UN…
« Il ne faut rien céder » Jupitérien à un « on donne tout et plus encore ».
Ce soir on va apprendre ce que le gouvernement, donc nous, va offrir comme cadeaux au-delà de la suppression de la taxe sur les carburants pour 2019 déjà obtenue.
Le but est de baisser les impôts et les charges pour la « classe moyenne ». Le problème c’est que 45% seulement des Français paient l’impôt sur le revenu…donc ce sera probablement une accélération de la suppression de la taxe d’habitation, la suppression des charges salariales sur les heures supplémentaires, une prime d’activité, des primes défiscalisées pour les salariés. Youpi c’est la fête !!!

LE PÈRE NOËL C’EST VOUS
On parlerait tout de même de plus de 10 milliards d’euros de cadeaux pour Noël qu’il va falloir payer…
On évoque déjà un relèvement des tranches supérieures sur l’impôt sur le revenu…
Mais ce sont surtout les entreprises qui seront visées avec un report ou une suppression de la prochaine baisse des taux d’IS.
On oublie la compétitivité, c’est vrai que ce n’est pas très grave dans un monde globalisé.

LA CATA
Bruno Le Maire a raison (pour une fois?). L’impact des événements est une catastrophe pour l’économie.
Directement avec l’effondrement en décembre de la grande distribution, du commerce mais aussi de l’hôtellerie et du tourisme.
Indirectement avec la détérioration spectaculaire de l’image de la France auprès des investisseurs étrangers.

LE MATCH RETOUR…
…Qu’on attendait tous dans nos canapés samedi devant BFM TV a été gagné par…
Les Forces de l’ordre! Et de loin. Ils ont écrasé l’équipe des Casseurs Jaunes grâce à leur nouvelle technique reposant notamment sur des arrestations préventives. Après un match aller largement remporté par les Casseurs Jaunes.
La balle est donc au centre maintenant.
On attend la « belle » samedi prochain.
Le samedi suivant, les manifestants qui ne jouent que le samedi de 8h à 20h, ne pourront sûrement pas venir car c’est le début des vacances scolaires…

QUAND LA CRISE SERA TERMINÉE…
..il faudra faire le florilège des déclarations populistes, irresponsables ou simplement débiles, de tous les politiques et « artistes » qui se sont exprimés: Ruffin, Le Pen, Mélenchon, Wauquiez, Muriel Robin, etc etc etc etc etc etc etc sans compter tous ceux qui ont enfilé un gilet jaune pour être interviewés ou invités à des débats à la télé.
Et sans oublier bien sûr Trump, Poutine et …Erdogan.

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ET DEMAIN, 11 MINUTES À PARIS, OU MAIS C’ÉTAIT AVANT LES GILETS JAUNES 

Comédies musicales – Critique aisée n°144

Critique aisée n°144

Comédies musicales
Philharmonie de Paris.
221 avenue Jean-Jaures
Paris 19°
Entrée 11 €
Metro Porte de Pantin

Les promoteurs de cette exposition la présentent comme ceci :

« UNE EXPOSITION IMMERSIVE
L’exposition prend le parti d’immerger les visiteurs dans les films eux-mêmes, par des projections géantes, accompagnées de photographies et de documents rares. La scénographie a été confiée à Pierre Giner qui a imaginé un espace ouvert, faisant la part belle aux montages d’extraits thématiques peuplés de personnages qui dansent, de Fred Astaire à John Travolta, de Cyd Charisse aux héroïnes de Jacques Demy, de West Side Story aux objets virevoltants de La Belle et la Bête. Un panorama en musique pour découvrir la richesse et la diversité des comédies musicales. »

Que dire devant une telle annonce ? Qu’elle est mensongère ou que l’exposition est ratée ?

Suivez-moi bien. On entre dans une première salle de dimensions modestes. L’un de ses murs exalte Chantons sous la pluie par le biais de quelques cartels explicatifs désordonnés qui entourent une affiche du film. Ils nous expliquent que ce film est la meilleure comédie musicale jamais tournée. Je suis d’accord. Sur le mur d’images d’en face, tourne en boucle un tout petit extrait de la plus fameuse scène dans laquelle Gene Kelly chante effectivement sous la pluie. Quelqu’un devrait Continuer la lecture de Comédies musicales – Critique aisée n°144 

Lettre à Ernest Feydeau

Ernest Feydeau. Vous ne connaissez pas Ernest Feydeau ? Mais vous connaissez son fils, certainement ? Voyons ! Georges ! Georges Feydeau ! Le fil à la patte ! Ah, quand même !
Eh bien, Ernest Feydeau était le père de Georges. Enfin, peut-être, parce que certains disent — ou plutôt disaient, car aujourd’hui, tout le monde s’en fout — que le véritable père du véritable père du vaudeville était le Duc de Morny, ou peut-être même Louis-Napoléon Bonaparte.

Selon Wikipedia, Ernest était « archéologue, écrivain et courtier en bourse ». L’éclectisme des gens de cette époque me surprendra toujours… archéologue et courtier en bourse !
Ernest Feydeau a vécu de 1821 à 1873 alors que son ami Flaubert, de 1821 à 1880. Il fallait se dépêcher d’écrire à cette époque, car le temps était court.

Bref, Ernest et Gustave étaient amis et, comme chacun sait, Flaubert écrivait beaucoup (et bien). Voici un extrait d’une lettre de l’été 1857 dans laquelle il avoue à son ami que la littérature l’embête et que la vie l’emmerde. Il ne savait probablement pas qu’en septembre de la même année, il allait entreprendre l’écriture de Salammbô et que, comme pour Bovary, ça allait lui prendre cinq ans.

Lettre à Ernest Feydeau
6 août 1857

Mon Vieux,

Tu es le plus charmant mortel que je connaisse ; et j’ai eu bien raison de t’aimer à première vue. Voilà ce que j’ai à te dire d’abord, et puis, que je suis un serin, un chien hargneux, un individu désagréable et rébarbatif, etc., etc.

Oui, la littérature m’embête au suprême degré ! Mais ce n’est Continuer la lecture de Lettre à Ernest Feydeau 

Le livre de l’Éthiopien – 2

Il n’y a pas si longtemps, je vous ai raconté comment le Livre de l’Éthiopien m’était tombé entre les mains. Si vous avez raté cet épisode essentiel de ma vie intellectuelle, vous pouvez toujours CLIQUER ICI pour le retrouver. A cette occasion je vous avais parlé de Rutebeuf, ce poète oublié de tous sauf de Léo Ferré. Aujourd’hui, j’aimerais vous parler de du Bellay.

A l’école, je n’aimais pas du Bellay. Je l’avais toujours considéré comme un raseur de première, alors que Ronsard, non. Pourtant, chez les célèbres duettistes Lagarde et Michard, Ronsard et du Bellay étaient toujours associés, comme Bouvard à Pécuchet et Roux à Combaluzier. Mais le « Mignonne, allons voir si la rose..; » de Ronsard avait, par son côté dragueur coquin, quelque chose de plaisant pour les adolescents rigolards et frustrés que nous étions, alors que Continuer la lecture de Le livre de l’Éthiopien – 2 

Dernière heure : Cassandre et les Troyens

Dernière heure : Cassandre et les Troyens
Vendredi 7 décembre

Demain matin, dans mon Journal des Coutheillas vous pourrez lire un commentaire sur Joachim du Bellay. « Complètement décalé, le rédacteur en chef ! », me direz-vous peut-être. « Pas du tout ! » répondrai-je.  « Sachez que les articles qui paraissent chaque matin à 7h47 sur le Journal des Coutheillas sont programmés, parfois plus d’un mois à l’avance, et qu’ils n’ont donc pas Continuer la lecture de Dernière heure : Cassandre et les Troyens